Skip to main content

Full text of "Manuel du dentiste à l'usage des examens ou traité de chirurgie dentaire considérée sous les rapports anatomique, physiologique, hygiénique et pathologique"

See other formats


MANUEL 

DU DENTISTE 

A L’USAGE DES EXAMENS. 


IMPRIMERIE DE J. GRATIGT, 

Rue du Foin-Saint-Jacques, maison de la Reine Blanche. 



MANUEL 



À l’usage des examens ? 


ou 

TRAITÉ 

DE CHIRURGIE DENTAIRE 

CONSIDÉRÉE SOUS DES RAPPORTS ANATOMIQUE, 
PHYSIOLOGIQUE, HYGIÉNIQUE ET PATHOLOGIQUE J 

PAR D. J. GOBLIN, 

DOCTEUR EN MÉDECINE DE LA PACULTÉ DE PARIS. 



CHEZ COMPÈRE, LIBRAIRE, RUE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE, N° 8, 
ET CHEZ L’AUTEUR, RUE TIQUETONNE , N° 17. 

M. DCCC. XXVII. 

2 y iî 



A MONSIEUR 


DERBAJXNE aîné , 

MON BEAU-PÈRE , 

EX-AGENT DE CHANGE, ÉLECTEUR DU DÉPARTEMENT 
DE LA SEINE. 


Tu pris soin de mon enfance, tu me fis 
participer à tes nombreux bienfaits en me 
donnant un état honorable ; daigne agréer 
l’offre de cet opuscule ? comme un faible 
témoignage de mon amitié et de ma recon¬ 
naissance. 


GOBLIN. 



AVERTISSEMENT. 


Les rapports de sympathie et de continuité des 
organes de la mastication avec les autres parties de 
la tête exigent que lè chirurgien dentiste ne se con¬ 
tente point de bien connaître les dents et les m⬠
choires; il faut encore qu’il ait des notions de la 
structura et de la conformation de la tête. D’après 
ce principe, je me suis appliqué à décrire dans cet 
ouvrage les parties anatomiques qui sont du ressort 
de la chirurgie dentaire, ne donnant qu’une simple 
énumération des parties accessoires, afin que les 
élèves, guidés par la méthode, éprouvent moins 
de difficulté dans leur étude ; et laissant la liberté, 
pour ceux qui désireraient plus de développement 
sur l’anatomie, de recourir aux sa vans qui en trai¬ 
tent eæ professe >. 

Je n’ai point encore rencontré d’ouvrages de 
sciences médicales qui renferment tous les détails 
de la chirurgie dentaire, soit que leurs auteurs aient 
été rebutés par l’aridité de la matière, soit qu’ils 
aient attaché peu d’importance à cette branche de 
l’art de guérir. C’est pourquoi, tout en rendant jus¬ 
tice aux préceptes qu’ils contiennent , j’ai essayé de 





( vii i ) 

suppléer à leur insuffisance en offrant aux étudians 
un traité qui puisse leur donner des connais¬ 
sances nécessaires pour exercer habilement leur 
profession. 

Cet ouvrage est divisé en deux parties : la pre¬ 
mière concerne l’anatomie et la physiologie den¬ 
taires, à la suite desquelles je donne quelques pré¬ 
ceptes sur l’hygiène de la bouche ; la seconde a. pour 
objet les maladies des dents et des mâchoires, ainsi 
que les moyens thérapeutiques appropriés à leur 
guérison. 

Je n’ai point jugé à propos de joindre des plan¬ 
ches à mon travail, parce que , à mon avis, elles 
ne peuvent donner aux élèves que des notions 
inexactes relativement aux instrumens et aux or¬ 
ganes de la dentition, qu’ils doivent avant tout voir 
et toucher chacun isolément, en les examinant avec 
le plus grand soin sous tous leurs points de vue. 

Puissé-je avoir atteint le but d’utilité que je me 
suis proposé en renfermant cette branche pour ainsi 
dire isolée de l’art de guérir, dans un cadre noso¬ 
logique qui la fasse rentrer dans le domaine de la 
médecine. 



MANUEL 


DU 

CHIRURGIEN DENTISTE, 

A l’usage des examens. 


PREMIÈRE PARTIE. 

ANATOMIE. — PHYSIOLOGIE. — HYGIÈNE. 
CHAPITRE PREMIER. 

ANATOMIE. 

L’anatomie est une branche de l’histoire natu¬ 
relle qui donne la connaissance de toutes les parties 
du corps humain, et qui est le résultat d’une ana¬ 
lyse que l’on appelle dissection. Pour y parvenir, 
on se sert du scalpel, de l’érigne, de la scie, de 
ciseaux, de la gouge, du marteau, etc. 

ÉNUMÉRATION DE TOUTES LES PARTIES DE LA TÈTE. 

La tête, de même que les autres parties du corps 
humain, est formée de parties solides et de parties 
fluides. 






{O 

Des parties solides. 

Les parties solides sont le tissu cellulaire, les 
membranes, les os, les cartilages , les liga mens , les 
muscles, les aponévroses , les tendons, les vais¬ 
seaux, les nerfs, les viscères, les organes et les 
glandes 3 elles se divisent en parties dures et en 
parties molles. 

Des parties dures. 

Les parties dures sont les os et les cartilages ; il 
faut y joindre les ligamens, qui sont des parties 
molles immédiatement liées aux os et aux cartilages 5 
qu’elles tiennent réunis. Toutes ces parties consti¬ 
tuent l’ostéologié. _ 

Des os de la tête. 

Les os de la tête sont partagés en deux ordres 3 
savoir ceux du crâne et ceux de la face. 

i° Os du crâne. Le crâne est formé antérieure¬ 
ment par le coronal, postérieurement par l’occipi¬ 
tal , latéralement et supérieurement par les parié¬ 
taux, latéralement et inférieurement par les tempo¬ 
raux 3 il est formé à sa partie moyenne et inférieure 
par le sphénoïde, et à sa partie moyenne antérieure 
et inférieure par l’ethmoïde. lies pariétaux et focci- 
pital sont propres au crâne ; les autres os sont com¬ 
muns au crâne et à la face. 



2° Os de La face. On divise la; face en mâchoire 
supérieure et en mâchoire; inférieure. 

La mâchoire supérieure est composée supérieure¬ 
ment et antérieurement par les os. propres du nez 5 
antérieurement et inférieurement par les os maxillai¬ 
res 5 latéralement par les os de la pommette, les cor¬ 
nets inférieurs et les os unguis 5 postérieurement par 
les os palatins 5 et enfin par le vomer, qui sert de 
cloison à sa partie moyenne nasale. Il faut ajouter 
ici seize dents. 

La mâchoire inférieure est formée d un seul os 
que l’on nomme maxillaire inférieur ; elle est ar¬ 
mée , comme la mâchoire supérieure, de seize dents. 

L’atlas et l’os ioïde doivent entrer aussi dans 
rémunération des os de la tête 5 le premier, parce 
qu’il réunit la tête au tronc ; le second, parce qu’il 
sert de point d’attache aux muscles ahaisseurs de la 
mâchoire inférieure. 

Des cartilages 

Les cartilages que l’on rencontre à la tête se di¬ 
visent en articulaires et en non articulaires. 

Je ne parlerai des cartilages articulaires, ainsi 
que des ligamens, que lorsque je décrirai l’articu¬ 
lation des mâchoires et celle de la tête avec la co¬ 
lonne vertébrale. 

Les cartilages non articulaires, ou de continuité, 
sont ceux qui ferment les trous échirés antérieurs, 



K * ) 

celui de la cloison des fosses nasales, ceux des 
oreilles, et les poulies cartilagineuses qui changent 
la direction des muscles grands obliques de l’œil. 

Des parties molles. 

Les parties molles sont les muscles, les vais¬ 
seaux, les nerfs, les viscères et les organes. 

Des muscles. 

Les muscles appartiennent à la seconde division 
de l’anatomie que Ton appelle myologie : ils com¬ 
prennent les tendons et les aponévroses. 

Muscle de la région supérieure de la tête. 

L’occipito-frontal. 

Muscles de la région antérieure de la tête. 

L’orbiculaire des paupières, le sourcilier, le py¬ 
ramidal du nez, le releveur de la paupière supé¬ 
rieure , le transversal du nez, l’élévateur propre de 
la lèvre supérieure, l’élévateur commun de l’aile du 
nez et de la lèvre supérieure, l’abaisseur de l’aile du 
nez ou myrtiforme, le petit et le grand zygomati¬ 
ques , le canin, le triangulaire ou abaisseur des lè¬ 
vres , le carré ou abaisseur de la lèvre inférieure, la 
houpe du menton, le buccinateur, l’orbiculaire des 
lèvres. 11 faut y joindre les muscles propres du globe 
de l’œil; savoir : le droit supérieur, le droit infé¬ 
rieur, le droit externe, le droit interne, le grand 



C 5 > 

oblique ou supérieur, le petit oblique ou infé¬ 
rieur. 

Muscles de la région latérale de la tête. 

Les trois auriculaires, dont l’un est supérieur, l’au¬ 
tre antérieur, et le troisième postérieur 5 le masseterj 
le temporal, le ptérigoïdien interne, et le ptérigoï- 
dien externe. 

Je ne donne l’énumération des muscles suivans 
que parce qu’ils s’attachent à la tête, ou qu’ils font 
mouvoir les mâchoires. 

Muscles de la région antérieure du tronc . 

Lepeaucier, le sterno-cléido-mastoïdien , l’orao- 
plat-hyoïdien, le sterno-hyoïdien, le sterno-thy- 
roïdien,le thyro-hyoïdien, le digastrique, le stylo- 
hyoïdien, le mylo-hyoïdien, le génio-hyoïdien, le 
stylo-glosse, l’hyo-glosse, le génio-glosse, le lin¬ 
gual, le grand et le petit droits antérieurs de la tête. 
11 1 a, en outre , les muscles du pharynx et ceux 
du voile du palais. 

Muscles du pharynx. Les constricteurs infé¬ 
rieur , moyen, supérieur, et le stylo-pharyngien. 

Muscles du voile du palais. Le péristaphylin 
interne ou supérieur, le péristaphylin externe ou 
inférieur, le palato-staphylin, le pharyngo - sta- 
phylin et le glosso-staphylin. 



( 6 ) 

Muscles de la région postérieure du tronc. 

Le trapèze, le splénius, le petit complexus, le 
grand complexus 5 le grand et le petit droits pos¬ 
térieurs de la tête , l’oblique supérieur, l’oblique 
inférieur, et le droit latéral de la tête. 

Des vaisseauæ. 

Les vaisseaux qui se trouvent dans la tête sont 
des artères, des veines, et des vaisseaux lympha¬ 
tiques avec leurs ganglions. Ces trois ordres d’or¬ 
ganes circulatoires appartiennent à l’angiologie. 

.Artères de la tête. 

Les artères principales du cou sont les carotides 
primitives et les vertébrales : les premières se divi¬ 
sent en carotides externes et en carotides internes. 

L’artère carotide externe fournit la thyroïdienne 
supérieure, la linguale, la labiale ou maxillaire 
externe, l’occipitale, l’auriculaire postérieure, la 
pharyngienne inférieure ,1a temporale et la maxil¬ 
laire interne. 

L’artère maxillaire interne fournit la ményngée 
ou artère moyenne de la dure-mère, la maxillaire 
ou dentaire inférieure, la temporale profonde pos¬ 
térieure , les masseterines, les ptérigoïdiennes , la 
buccale , la temporale profonde antérieure, l’alvéo¬ 
laire , la sous-orbitaire, la palatine supérieure , la 


( 7 ) 

vidiane , là piérigo-palatine et la sphéno-pala- 
tine. 

L’artère carotide interne donne naissance à 
l’ophtalmique, et, en s’anastomosant avec la ver¬ 
tébrale , elle fournit la plupart des artères qui se 
distribuent à la masse cérébrale. 

L’artère ophtalmique produit la lacrymale , la 
centrale de la rétine, la sous-orbitaire, les ciliaires, 
les musculaires, les ëthmoïdales antérieure et pos¬ 
térieure, les palpébrales , la nasale et la palatine. 

L’artère vertébrale s’étend de la sous-clavière au 
cerveau, au cervelet, à la moelle alongée et à celle 
de l’épine. Elle se rend dans le crâne par le grand 
trou occipital, après avoir traversé tous les trous 
qu’on remarque à la base des apophyses Iran s verses 
dés vertèbres cervicales. 

Des veines. 

Les veines principales de. la tête sont les verté¬ 
brales , les jugulaires internes et externes. 

Les veines jugulaires internes donnent les thy¬ 
roïdiennes supérieures , les linguales, les pharyn¬ 
giennes, les labiales, les occipitales, les maxil¬ 
laires internes, des temporales5 et, lorsqu’elles sont 
parvenues aux trous déchirés postérieurs, elles se 
continuent avec les sinus de la dure-mère, dont 
deux, appelés sinus caverneux , reçoivent les veines 


( 8 ) 

ophtalmiques, qui, dans leurs divisions, accompa¬ 
gnent celles des artères du même nom. 

Des vaisseaux et des glandes lymphatiques. 

On divise les vaisseaux lymphatiques en super¬ 
ficiels et en profonds 5 ils tirent leur origine du 
canal thorachique, et du grand tronc droit des 
lymphatiques qui fournit principalement ceux de 
la tête, en se divisant à l’infini. 

Les ganglions lymphatiques, improprement ap¬ 
pelés glandes, ne sont apparens, et surtout nom¬ 
breux , que sur les parties latérales du cou. Ils avoi¬ 
sinent toujours les principales artères. 

Des nerfs de la tête. 

Les nerfs de la tête , qui font partie de la névro- 
logie, sont la première paire ou le nerf olfactif, 
la seconde paire ou le nerf optique, la troisième 
paire ou le nerf moteur commun des yeux, la qua¬ 
trième paire ou le nerf pathétique, la cinquième 
paire pu nerf trijumeau, qui fournit l’ophtalmi¬ 
que, le maxillaire supérieur et le maxillaire infé¬ 
rieur -, la sixième paire ou le nerf moteur oculaire 
externe : la septième paire ou le nerf auditif, di¬ 
visée en portion molle ou acoustique, et en portion 
dure ou faciale ; la huitième paire ou le pneumo¬ 
gastrique , la neuvième paire ou le nerf grand hy¬ 
poglosse ou lingual, le nerf accessoire de Willis 



(9 ) 

ou spinal, et la première paire des nerfs cervicaux 
ou sous-occipitaux. 

Des organes et des viscères de la tête. 

Le crâne renferme le cerveau et ses membranes, 
qui sont la dure-mère , l’aracbnoïde et la pie-mère : 
on y rencontre encore le cervelet , la protubé¬ 
rance annulaire, et la queue de la moelle alongée. 

Les fosses orbitaires contiennent les yeux et leurs 
dépendances, qui sont les sourcils, les paupières et 
les voies lacrymales. Les voies lacrymales se com¬ 
posent de la glande, de la caroncule, des points et 
des conduits lacrymaux, du sac lacrymal, et du ca¬ 
nal nasal qui est situé dans la fosse du même nom. 

Le globe de l’œil se compose de membranes et 
d’humeurs. Les membranes sont la sclérotique ou 
cornée opaque, la cornée transparente, la choroïde, 
les procès ciliaires, l’iris et la rétine. Les hu¬ 
meurs sont le corps vitré, le cristallin et l’humeur 
aqueuse. 

Dans l’épaisseur du rocher, portion pierreuse du 
temporal, se trouvent les cavités de l’oreille. L’or¬ 
gane de l’ouïe se divise en oreille externe et en 
oreille interne. L’oreille externe est formée par le 
pavillon ou la conque, le conduit auditif externe , 
et la membrane du tympan. L’oreille interne se 
compose de plusieurs cavités, le tambour, le vesti- 


( io ) 

bu Je ? le limaçon et le labyrinthe. La première de 
ces cavités est séparée de l’oreille externe par la 
membrane du tympan, et renferme les osselets de 
l’ouïe, qui sont le marteau, l’enclume, l’os lenticu¬ 
laire et l’étrier. Cette première cavité communique 
avec la -bouche par la trompe d’Eustache. Les autres 
sont remplies d’une pulpe nerveuse et de l’humeur 
de Cotunni. 

La bouche, que nous traiterons plus au long par 
fa suite, contient dans sa cavité et son épaisseur la 
langue, le pharynx ou arrière-bouche , le voile du 
palais, les amygdales, les glandes parotides, les 
glandes sublinguales, les glandes maxillaires, et 
la membrane buccale : on peut y ajouter le larynx, 
dont la connaissance n’est pas inutile, 

L’épaisseur de la face contient les fosses nasales, 
organe de l’odorat, qui présentent à leur partie an¬ 
térieure le nez, et sont tapissées par la membrane 
pituitaire. 

Des humeurs du corps humain. 

Les humeurs du corps humain sont le sang, qui 
se distingue en sang artériel et en sang veineux, la 
lymphe, la bile, le suc pancréatique, le chyle , le 
mucusles larmes, le sperme, la chassie, le céru¬ 
men, 1 urine, la sueur et la graisse. Je me réserve 
de parler en détail, à la fin de ce chapitre, des hu¬ 
meurs qui lubrifient la bouche. 



DESCRIPTION DES ORGANES IMMEDIATS DE LA 
MASTICATION. 

Lés organes masticateurs sont les mâchoires, 
avec leurs parties molles, les temporaux et les 
dents. 

Des mâchoires. 

Chez la plupart des animaux il existe deux m⬠
choires, l’une supérieure et l’autre inférieure, qui 
se correspondent immédiatement., et sont plus ou 
moins mobiles l’une sur l’autre. 

La mâchoire supérieure, chez l’homme, occupe 
la plus grande étendue de la face j elle est formée , 
comme je l’ai dit plus haut,. par les os propres du 
nez, les os maxillaires, ceux de la pommette, les 
cornets inférieurs, les os palatins etlevomerj mais, 
à bien considérer, on doit y joindre les os du crâne, 
puisque la mâchoire supérieure ne peut agir sans un 
mouvement complét de la tête. Je ne décrirai que 
les os maxillaires, sur lesquels les dents sont im¬ 
plantées. 

La mâchoire inférieure est composée d’un seul os 
qui s’articule avec les temporaux, et que l’on appelle 
maxillaire inférieur. 

Du maxillaire supérieur. 

Le maxillaire supérieur est un os pair situé à la 


( 12 ) 

partie moyenne de la face 5 il forme, avec son sem¬ 
blable , la plus grande étendue de la mâchoire su¬ 
périeure : sa figure est tellement irrégulière, que 
c’est avec beaucoup de peine que l’on parvient à 
Je bien connaître. Comme les difficultés que l’on 
éprouve dans son étude proviennent de l’embarras 
où l’on est de le diviser convenablement, je vais 
tâcher d’y obvier en lui assignant quatre régions et 
deux bords : la première, externe, qu’on peut aussi 
appeler faciale 3 la seconde, interne ou palatine 3 la 
troisième, orbitaire 3 et la quatrième, dentaire ou 
alvéolaire ; le bord antérieur ou nasal 5 et le bord 
postérieur, auquel je donne le nom de palatin, parce 
qu’il s’articule avec l’os du palais. J’admets en ou¬ 
tre une région maxillaire, qui est le sinus creusé 
dans l’épaisseur de cet os. 

Région eæteme ou faciale . Cette région est 
partagée en deux parties par une crête large et 
saillante supérieurement, qui s’étend de l’apo¬ 
physe malaire au bord alvéolaire 3 cette crête est 
concave de haut en bas, et sépare la fosse zygoma¬ 
tique de là fosse canine. La première de ces parties, 
tournée en avant, a plus d’étendue que la seconde : 
on peut l’appeler canine. La seconde, plus petite, 
est tournée en arrière : elle peut recevoir le nom de 
zygomatique. 

Portion canine. Cette portion de l’os maxillaire 



. ( «3 ) 

-présente, en procédant d’arrière en avant, la fosse 
canine, qui donne attache au muscle canin. Au 
dessus de cette fosse est situé le trou sous-orbitaire, 
par lequel passent les vaisseaux et les nerfs du 
même nom. Au devant, et près de l’épine nasale 
antérieure, se trouve la fosse myrtiforme, qui 
donne attache au muscle incisif ou myrtiforme. Au 
dessus de ces parties s’élève une longue apophyse, 
appelée apophyse montante. Cette éminence mérite 
une description particulière. 

L’apophyse montante forme une partie des voies 
lacrymales et des fosses nasales : on la divise en 
face externe et face interne 5 en bord antérieur et 
bord postérieur 3 en base et en sommet. 

La face externe est légèrement concave 3 elle est 
percée de plusieurs petits trous, par lesquels pas¬ 
sent des filets nerveux et des vaisseaux nourriciers : 
elle donne attache au muscle élévateur commun de 
l’aile du nez et de la lèvre supérieure. 

La face interne ou nasale présente à sa partie in¬ 
férieure une crête transversale qui s’articule avec 
le cornet inférieur5 aü dessus de cette crête, on 
voit un enfoncement qui concourt à former le méat 
moyen des fosses nasales , et, au dessus de cèt enfon¬ 
cement, des inégalités qui s’articulent avec les masses 
latérales de l’ethmoïde. 

Le bord antérieur est taillé en biseau aux dé- 


C I* ) 

pens {le la table interne , et s’articule avec l’os 
propre du nez. 

Le bord postérieur est creusé par une gouttière, 
dont la partie supérieure sert à former la gouttière 
lacrymale, et l’inférieure concourt à la formation 
du canal nasal \ l’une contient le sac lacrymal, et 
l’autre le sac nasal. Le bord interne de cette gout¬ 
tière s’articule avec l’os unguis, et l’externe donne 
attache au tendon du muscle orbiculaire des pau¬ 
pières. 

La base de cette apophyse est confondue avec le 
reste de l’os \ le sommet s’articule avec Féchancrure 
nasale du coron al. 

Portion zygomatique Cette portion de la face 
externe présente antérieurement une excavation qui 
fait partie de la fosse zygomatique , et, postérieure¬ 
ment à cette fosse, une tubérosité nommée maxil¬ 
laire, qui est plus saillante chez les jeunes sujets 
que chez les vieillards, parce qu’elle renferme ordi¬ 
nairement la dent de sagesse ( ce phénomène est 
digne de remarque ) . On voit sur cette tubérosité un 
ou deux trous dirigés de haut en bas ; ils livrent 
passage aux vaisseaux et aux nerfs qui se distri¬ 
buent aux dents molaires. 

Région interne ou nasale. La face interne de 
1 os maxillaire est divisée en deux portions inégales 
par une éminence transversale appelée apophyse 



( *5 ) 

palatine. La première, qui est supérieure et plus 
grande que l’inférieure, concourt à former la paroi 
externe^ des fosses nasales ; la seconde termine la 
voûte palatine. 

Portion supérieure ou nasale* Cette portion 
présente à sa partie moyenne l’ouverture du sinus 
maxillaire ; devant et au-dessus de cette ouver¬ 
ture, on voit une gouttière qui , par son arti¬ 
culation avec l’as un guis et le cornet inférieur, 
forme le canal nasal. Derrière cette ouverture 
on remarque une surface inégale qui s’articule 
avec la portion verticale de l’os du palais, et der¬ 
rière cette surface il existe une gouttière qui sert 
à former le conduit palatin postérieur. Au bas 
de cette gouttière se trouve une autre surface ra¬ 
boteuse qui s’articule avec la tubérosité de l’os du 
palais. 

Portion inférieure ou palatine. Cette portion 
a très peu d’étendue ; elle est concave, inégale , et 
termine la voûte palatine. 

L’apophyse qui la sépare de la portion nasale 
est située transversalement à l’os maxillaire : on la 
divise en faces supérieure et inférieure 3 en bords 
interne, externe et postérieur. 

La face supérieure est concave ; elle forme les 
deux tiers antérieurs environ du plancher des fosses 
nasales. A sa partie antérieure, et près de son bord 



( 16 ) 

interne, on voit l’orifice supérieur du canal palatin 
intérieur. 

La face inférieure est concave et inégale 5 elle 
forme une grande partie de la voûte palatine: cette 
face est recouverte par la membrane palatine, et 
présente des sillons qui logent les vaisseaux et les 
nerfs palatins. 

Le bord interne est beaucoup plus épais en avant 
qu’en arrière , il s’articule avec son semblable. La 
partie épaisse de ce bord présente une portion de 
gouttière qui, réunie avec une pareille, creusée sur 
le maxillaire opposé, forme le conduit palatin an¬ 
térieur, lequel se divise supérieurement en deux 
autres conduits aboutissant dans les fosses nasales 5 
ces conduits donnent passage aux vaisseaux et aux 
nerfs du même nom. Le bord interne est surmonté 
par une crête, qui forme, avec celle de l’autre maxil¬ 
laire , une rainure dans laquelle s’articule le vomer. 

Le bord externe de l’apophyse palatine est con¬ 
fondu avec le reste de l’os. 

Le bord postérieur est taillé en biseau aux dépens 
de la table supérieure, pour s’articuler avec la por¬ 
tion horizontale de l’os du palais. 

Région supérieure ou orbitaire. Cette région, 
légèrement oblique de dedans en dehors et triangu¬ 
laire , forme le plancher de l’orbite. Elle est termi¬ 
née par trois bords, l’un interne, l’autre antérieur. 



( *? ) 

et le troisième postérieur. Vers la partie moyenne 
de cette région, il existe une gouttière qui dégénère 
en un canal nommé sous-orbitaire. La partie anté¬ 
rieure de ce canal se divise en deux conduits : l’un 
descend dans l’épaisseur de la paroi antérieure du 
maxillaire, et est traversé par les vaisseaux et les 
nerfs dentaires supérieurs antérieurs ou incisifs, 
division du nerf sous-orbitaire; l’autre est la con¬ 
tinuation du canal sous-orbitaire par où passent les 
vaisseaux et les nerfs sous-orbitaires , pour se ren¬ 
dre à la face. 

Le bord interne de la région orbitaire s’arti¬ 
cule à sa partie antérieure avec l’os unguis, à sa 
partie moyenne avec l’ellimoïde, et à sa partie 
postérieure avec l’os du palais. La portion de 
l’ethmoïde qui s’articule avec la partie moyenne 
du maxillaire forme les trous orbitaires antérieur 
et postérieur. 

Le bord antérieur concourt à former le contour 
de l’orbite; il donne attache au muscle éïéva/teur 
de la lèvre supérieure. 

Le bord postérieur est incliné en dehors ; il est 
arrondi, et forme une partie de la fente orbitaire ou 
sphéno-maxillaire. Entre Je bord antérieur et le 
bord externe se trouve une éminence nommée ma¬ 
laire , qui s’articule avec la pommette. 

Région inférieure dentaire ou alvéolaire. Cette 

2 


( «» ) 

région est creusée pour les alvéoles, et a , pour ce 
motifj recule nom de bord alvéolaire. Ces alvéoles * 
qui logent les racines des dents , varient de gran¬ 
deur et de forme. La partie externe présente des 
bosselures et des enfoncemens 3 les premières ré¬ 
pondent aux racines dés dents, et les secondes aux 
cloisons alvéolaires : sa partie postérieure donne at¬ 
taché au muscle buccinateur. 

Bord antérieur. Ce bord est tranchant et par¬ 
tagé par une éminènce pointue qui, réunie à une 
autre éminence semblable du maxillaire opposé, 
forme répi ne nasale antérieure. La portion infé¬ 
rieure de ce bord est presque droite 3 elle s’articule 
avec le maxillaire correspondant. La portion supé¬ 
rieure est concave, et participé à la formation de 
l’ouverture nasale antérieure. 

Bord postérieur ou palatin. Ce bord est iné¬ 
gal et s’articule avec la portion verticale de l’os 
palatin et sa tubérosité. 

Région maæillaire. Cette région est creusée 
dans l’épaisseur de l’os maxillaire. Comme il im¬ 
porte beaucoup de la bien connaître , à cause des 
opérations qu’il est souvent indispensable d’y pra¬ 
tiquer , j’en ai fait le sujet d’une description sé¬ 
parée. 

L’os maxillaire est composé d’une substance 
compacte et d’une substance celluleuse , et se dé- 


( *9 ) 

veloppe par un seul point d’ossification. Il s’articule 
avec le coronal par le Sommet de son apophyse 
montante 5 avec l ethmoïde par le bord interne de 
la portion orbitaire, et. par la face interne de l’apo¬ 
physe montante; avec l’os propre du nez par le 
bord antérieur de là même apophyse • avec l’os 
unguis par le bord interne de la surface orbitaire 
et le bord postérieur de l’apophyse montante ; avec 
l’os palatin par le bord postérieur de l’apophyse 
orbitaire , une portion de lâ face interne et la par¬ 
tie postérieure du bord interne-de la surface orbi¬ 
taire ; avec le cornet inférieur par la face interne 
de l’apophyse montante, et par la partie inférieure 
du sinus ; avec son semblable et - le vomer par le 
bord interne de l’apophyse: palatine ; avec l’os de 
la pommette par l’éminence mâlaire y et avec les 
dents par les alvéoles. > 

Pour mettre cét os en position" et : distinguer le 
gahche du droit , on place l’apophyse montante en 
haut, l’épine nasale en avant ^et lé bord alvéolaire 
en bas et sur un plan horizontal i il forme la plüs 
grande étendue de la mâchoire supérieure. 

Du, sinus maxillaire. 

- Le sinus-maxillaire est une cavité • creusée dans 
l’épaisseur de l’os maxillaire supérieur 5 sa configu¬ 
ration est à peu près triangulaire : on le divise en 



( 20 ) 

paroi supérieure , paroi antérieure paroi posté¬ 
rieure; bord inférieur, base et sommet. 

La paroi supérieure répond au plancher de l’or¬ 
bite ; elle est formée par une lame osseuse mince, 
qui contient dans son épaisseur le canal sous-orbi¬ 
taire , dans lequel cheminent les vaisseaux et les 
nerfs sous-orbitaires. 

La paroi antérieure correspond à la fossé canine ; 
elle est parcourue par un ou deux conduits qui don¬ 
nent passage aux vaisseaux et aux nerfs dentaires 
supérieurs antérieurs ou incisifs. Quelquefois, au 
lieu de conduits , ce sont des sillons. 

La paroi postérieure répond à la tubérosité maxil¬ 
laire; l’épaisseur de cette paroi,-de même que celle 
dé la paroi antérieure, est traversée par des con¬ 
duits que parcourent les nerfs et les vaisseaux den¬ 
taires postérieurs supérieurs. 

Le bord inférieur est formé par la réunion de la 
face antérieure, delà face postérieure et de la base 
de ce sinus ; sa longueur est peu considérable : il 
répond aux alvéoles des dents molaires ; parfois , 
mais très rarement, à l’alvéole de la dent canine. 
Les alvéoles, dans cet endroit, ne sont séparés du 
sinus que par une lame osseuse très mince qui est 
ordinairement soulevee, et souvent même percée 
par le sommet des racines des dents. 

La base regarde l’intérieur des fosses nasales ; elle 



( 2 « ) 

n en est séparée que par une lame mince, et percée 
par une ouverture très grande^ et irrégulièrement 
triangulaire sur un os maxillaire desarticulé ou 
séparé d’une tête d’adulte. Dans le cas contraire, 
cette ouverture est fort rétrécie à sa partie supé¬ 
rieure par Fetlimoïde, à sa partie antérieure et pos¬ 
térieure par te cornet inférieur, et à sa partie pos¬ 
térieure par l’os palatin. Le sinus maxillaire pré¬ 
sente à sa partie supérieure des portions de cellules 
semblables à celles de l’ethmoïde. A sa partie in¬ 
férieure on rencontre une rainure formée par deux 
lames osseuses, qui reçoivent dans leur écartement 
le bord antérieur de la portion verticale de l*os du 
palais. Ce sinus s’ouvre dans le méat moyen des 
fosses nasales, entre le cornet ethmoïdal et le cornet 
inférieur. 

Le sommet répond à l’éminence malaire, où il 
n’est séparé de la pommette que par une lame 
osseuse très mince, surtout chez les adultes. Le 
sinus maxillaire est tapissé par la membrane pitui¬ 
taire, et sert à augmenter la capacité des fosses 
nasales. Il représente une pyramide couchée trans¬ 
versalement dans l’épaisseur du maxillaire, dont le 
sommet regarderait en dehors et la base en dedans. 

D’après cette description, nous voyons que la 
paroi antérieurede ce sinus répond à la fosse canine f 
la paroi postérieure à la tubérosité maxillaire, la 


( 22 ) 

paroi supérieure au plancher de l’orbite, la base 
aux fosses nasales , et le sommet à la pommette. 

De la mâchoire inférieure. 

L’os maxillaire inférieur est impair \ il termine 
la face inférieurement. D’après sa forme on peut le 
diviser en. trois parties , une moyenne ou dentaire 
qui est: tournée en avant, et deux postérieures et 
latéralespu articulai res, nommées branches de cet os. 

Région dentaire. Cette partie moyenne , ap¬ 
pelée corps de la mâchoire, est semi-ovale : on la 
divise en face externe ou antérieure, face interne 
pu postérieure ÿ en bords supérieur et : inférieur. 

La face externe ou antérieure ; est con vexe ; elle 
est partagée; en deux parties symétriques par une 
ligne verticale appelée symphyse du menton : celte 
symphyse est la trace d’une suture, suite de la 
réunion des, deux; pièces qui composent cet os dans 
l’enfance. Au-dessous de icette ligneon voit l’émi- 
nenee du menton, de forme triangulaire ; sur les 
côtés de cette éminencese trouve une petite fossette 
qui donne attaché an muscle de la houppe du men¬ 
ton. Les angles latéraux de l’éminence du menton 
donnent naissance aux lignes obliques externes 
droite et gauche. Les lignes se dirigent de dedans 
en dehors et de bas en haut, puis se continuent 
avec le bord antérieur des branches de la mâchoire; 



( ?? ) 

elles donnent attache aux muscles carrés du men¬ 
ton , aux triangulaires des lèvres et aux peauciers. 
Entre les lignes obliques externes et les alvéoles 
sont situés les trous mentonniers, par lesquels 
sortent les vaisseaux et les nerfs de ce nom, qui 
sont la terminaison des vaisseaux et des nerfs maxil¬ 
laires inférieurs. 

La face interne ou postérieure du corps de la 
mâchoire est concave,. ïElle présente à sa partie 
moyenne la symphyse du menton, au-dessous de 
laquelle on rencontre l’apophyse génie ou épine 
interne du menton , qui donne attache aux muscles 
génio-glosses et génio-hyoïdiens. Sur les côtés de 
cette apophyse se trouvent deux petites fosses qui 
logent les glandes sublinguales. Au-dessous de ces 
fosses il existe une surface triangulaire inégale, qui 
donne attache au ventre antérieur.du digastrique. 
De chaque côté de l'apophyse génie part une ligne 
appellée oblique interne ou myloïdienne, qui se 
dirige de dedans en dehors et de bas en haut, et 
va se terminer, en angmentant insensiblement de 
largeur, àu côté interne des alvéoles, où elle forme 
une saillie assez remarquable, Çette ligne donne 
attache, dans ses trois quarts antérieurs, au muscle 
mylo-hyoïdien, et, dans son quart postérieur, à une 
portion du constricteur supérieur du pharynx et an 
buccinateur. La portion de la mâchoire qui est au- 




( 24 ) 

dessus de cette ligne est presque plane, et recou¬ 
verte par la membrane buccale ; celle du dessous 
est concave et loge la glande maxillaire. 

Le bord supérieur est creusé par des cavités nom¬ 
mées alvéoles, qui reçoivent les racines des dents. 
Il varie dans son épaisseur ; sa partie moyenne , 
qui répond aux incisives, est plus mince que ses 
parties latérales où s’implantent les molaires. Les 
côtés externes et internes présentent des bosselures 
et des enfoncemens correspondant aux dents et aux 
cloisons alvéolaires. Ces cavités et ces bosselures 
sont plus marquées sur le côté externe que sur 
l’interne. 

Le bord inférieur de la portion moyenne a un 
peu plus d’étendue que le supérieur : on l’appelle 
communément base de la mâchoire. 11 est recou¬ 
vert par le peaucier et la peau, à travers laquelle 
il forme une saillie remarquable. 

Région articulaire ou branche de la m⬠
choire. Les branches de la mâchoire sont situées 
latéralement et postérieurement à son corps ; elles 
ont la forme d’un carré long : on y remarque une 
face externe'et interne, un bord supérieur, infé¬ 
rieur, antérieur / postérieur, et trois angles. 

La face externe est plane, et donne attache, dans 
^ffesque toute son étendue , au muscle masseter. 

La face interne est légèrement concave : on 



( *5 ) 

trouve à sa partie moyenne un trou, dont lè con¬ 
tour irrégulier présente à sa partie antérieure et in¬ 
terne une espèce d’épine où. s’attache le ligament 
latéral interne de l’articulation de la mâchoire avec 
le temporal. Ce trou dégénère, dans l’épaisseur du 
maxillaire , en un canal qui descend d’arrière en 
avant au dessous des alvéoles , avec lesquels il com¬ 
munique par de petites ouvertures , et se termine 
sur la face antérieure du corps de la mâchoire, où 
il prend le nom de trou mentonnier : ee canal est 
rempli par les vaisseaux et les nerfs maxillaires 
inférieurs. Au dessous de l’orifice supérieur du con¬ 
duit dentaire on voit un petit sillon qui loge un 
filet du nerf maxillaire inférieur et un rameau de 
l’artère du même nom. Le reste de la face interne 
est inégal et donne attache au muscle ptërigoïdien 
interne. 

Le bord supérieur des branches de la mâchoire 
est mince et concave. Le bord inférieur est plus 
épais ; il est arrondi et fait suite avec le corps de 
la mâchoire. 

Le bord antérieur est formé par une ligne qui 
descend de l’apophyse coronoïde y et se continue 
avec la ligne oblique interne de la mâchoire. 

Le bord postérieur est un peu incliné en bas , 
arrondi et recouvert par la glande parotide. 

L’angle supérieur antérieur porte le nom cTapo- 


( 26 •) 

physe coronoïde 5 il est formé par une éminence 
pointue qui s’élargit vers sa base. Cette éminence 
ou apophyse donne attache extérieurement à des 
fibres du masseter, et au muscle temporal à sa partie 
interne et à son sommet } elle se partage antérieu¬ 
rement en deux lignes séparées par une légère exca¬ 
vation où s’attache le muscle buccinateur. La ligne 
antérieure forme le bord antérieur de la branche 
de la mâchoire , et se continue avec la ligne oblique 
externe} et la postérieure se continue avec le bord 
postérieur alvéolaire, et finit supérieurement à l’en¬ 
droit où se termine la ligne oblique interne de la 
mâchoire. 

L’angle supérieur postérieur s’appelle condyle. 
Il est de forme ovale, et situé de manière que son 
extrémité externe est un peu plus en avant que 
l’interne. Sa surface présente une convexité qui së 
termine par une pente douce en arrière tandis 
qu’en avant elle est coupée presque verticalement. 
Cette éminence est supportée par une : portion, os¬ 
seuse , appelée col du condyle de la mâchoire.; Ce 
col est courbé en avant} sa partie postérieure, est 
convexe ; sa partie antérieure est creusée au côté 
interne par un enfoncement qui donne attache au 
muscle ptérigoïdien externe. Le condyle de la m⬠
choire est encroûté par un cartilage } il est reçu 
dans la fosse glénoïde du temporal. 



( 27 ) 

L’angle inférieur de la mâchoire est la partie la 
plus saillante de cet os à travers la peau. Il donne 
attache par son bord externe au muscle masseter, 
par son bord interna au ptérigoïdien interne, etpar 
son interstice, ou partie intermédiaire aux deux 
bords, au ligament stylo-maxillaire. 

La mâchoire inférieure est composée d’une sub¬ 
stance compacte et d ? une substance spongieuse 5 
elle est recouverte, de même que les autres os , par 
une membrane qui lui est propre, et que l’on ap- 
péllepérioste. La mâchoire se développe par deux 
points d’ossification qui se réunissent au menton 
de très bonne heure * elle s’articule avec les tempo- 
raux et les dents. Ses usages son t de prendre les ali- 
mens, de les mâcher, de servir à la prononcia¬ 
tion, etc. 

Différence de conformation des mâchoires selon 
les âges. 

Lés os maxillaires présentent, selon les diverses 
époques de la vie, des différences qui mettent à 
portée de reconnaître à peu près l’âge du sujet auquel 
ils ont appartenu. 

Chez le fœtus et à l’époque de la naissance, la 
face, a si peu d’étendue, ën comparaison du volume 
de l’encéphale et des parois qui le renferment, que 
les os maxillaires sont d’une petitesse extrême. A 


( 28 ) 

mesure que l’enfant croit, ils augmentent de vo¬ 
lume en tout sens. Ce phénomène est produit par le 
développement des dents et leur sortie de l’intérieur 
des maxillaires, ainsi que par l’accroissement de 
leurs sinus. 

La mâchoire supérieure chez l’enfant qui vient 
de naître est dépourvue de dents, et présente à 
peine la trace des sinus maxillaires. Les os maxil¬ 
laires supérieurs , qui concourent à la former, ne 
paraissent, pour ainsi dire , n’exister que par. leurs 
apophyse montante et leur bord alvéolaire, sur le¬ 
quel on voit des bosselures correspondant aux ger¬ 
mes des dents. Ces germes sont renfermés dans les 
espaces alvéolaires, et recouverts par la membrane 
palatine, qui prend dans cet endroit le nom de 
gencive. 

A l âge de deux ans , le volume des maxillaires 
est considérablement augmenté par l’apparition des 
dents de lait, au nombre de dix : lés bosselures et 
les enfoncemens qui correspondent aux alvéoles et 
à leur cloison sont plus marqués; mais les sinus 
maxillaires et les fosses canines et myrtiformes 
sont très peu développés. A quatre ans, l’érup¬ 
tion des premières grosses molaires rend plus sen¬ 
sible le développement de ces os : on commence à 
voir se dessiner la forme triangulaire des sinus, 
quoiqu’ils soient très petits ; les apophyses orbi- 



( 2 9 ) 

tairés sont très aigues et ne contractent aucune adhé¬ 
rence avec les pommettes. Lorsque la seconde denti¬ 
tion est achevée , le développement des maxillaires 
supérieurs s’opère alors d’une manière remarquable ; 
mais celui des sinus marche toujours lentement. 

Quand le sujet approche de l’âge adulte, les sinus 
maxillaires continuent à se développer ; ils acquiè¬ 
rent insensiblement leur dimension naturelle, et 
finissent par augmenter prodigieusement avec l’âge. 
Les tubérosités maxillaires, qui n’existaient point à 
la naissance, deviennent alors saillantes; cet accrois¬ 
sement est du au développement des dents de sagesse, 
quirestent, chez certains sujets, renfermées toute 
la vie dans leurs alvéoles. 

Lorsque ces dents sont parvenues à leur entier 
développement, et qu’elles ont fait éruption, la tu¬ 
bérosité maxillàire s’aplanit et disparaît presque 
entièrement : à cette époque, les surfaces articu¬ 
laires des apophyses malaires sont ordinairement 
soudées avec les pommettes. 

Chez les vieillards, les tubérosités maxillaires s’ef¬ 
facent entièrement ; les sinus maxillaires s’agrandis¬ 
sent, les fosses canines et myrtiformes sont très 
marquées, et la face s’alonge : la chute des dents a 
bientôt lieu; les alvéoles disparaissent , le bord 
alvéolaire s’amincit, les gencives le recouvrent et 
finissent par s’endurcir. 


( 5o ) 

La forme de là mâchoire inférieure est plus dis¬ 
tincte à la naissance que celle de là mâchoire supé¬ 
rieure y elle est composée de deux pièces osseuses, 
qui forment, par leur réunion, la symphyse du 
menton : ces pièces se soudent de très bonne heure. 
Elles constituent le corps de la mâchoire , sont lé¬ 
gèrement convexes y et décrivent une concavité as¬ 
sez apparente vers le bord inférieur, à partir de 
l’angle de la mâchoire jusqu’à la symphyse du 
menton. Cette symphyse est très saillante, et pré¬ 
sente latéralement deux petites fossettes. 

Les branches de la mâchoire, loin d’avoir dans 
l’enfance une direction perpendiculaire, se renver¬ 
sent en arrière et forment un angle très obtus avec 
le corps de cet os. A mesure que l’enfant approche 
de l’adolescence, ces branches se redressent et dé¬ 
crivent une ligne presque droite dans l’âge adulte. 
Pendant que ce phénomène s’opère-, les dernières 
grosses molaires sortent de leurs alvéoles, et la m⬠
choire acquiert les dimensions quelle doit conser¬ 
ver jusqu’à la vieillessè. 

-.j Chez lès vieillards, après la chute des dents , les 
alvéoles, s’oblitèrent, le bord libre de chaque 
mâchoire s’amincit etrse recouvre de la membrane 
gencive, qui s’endurcit avec le temps J son corps s’ar¬ 
rondit, diminue de volume, et semble se diriger 
d’avant en arrière et de bas en haut, en se rap- 



'( 5i ) 

piochant de la mâchoire supérieure. La symphyse 
du menton, devient alors saillante et forme le men¬ 
ton de galoche ou la ganache. Quant à ses bran¬ 
chés ,■ elles s’inclinent un peu; en arrière, en se rap¬ 
prochant de l’angle obtus : ses angles postérieurs 
inférieurs offrent une saillie remarquable sous la 
peau , et présentent antérieurement une concavité 
sensible. Dans cet état , la face se raccourcit, les 
traits du visage se décomposent -, la mastication de¬ 
vient difficile, la salive est retenue avec peine dans 
la bouche, et la prononciation difficullueuse. Heu¬ 
reusement pour l’homme parvenu à ce degré de dé¬ 
crépitude, que les gencives s’endurcissent et de- 
viennent calleuses , ce qui facilite encore la divi¬ 
sion des alimens. 

Du temporal. 

Je parle du temporal dans cet ouvrage, parce 
que , avec son semblable, il forme immédiatement 
l'articulation des mâchoires , et donne attache aux 
principaux musclés qui servent à élever la mâchoire 
inférieure: quant aux autres os, je renvoie, pour 
leur étude , aux ouvrages qui traitent spécialement 
de l’anatomie. A l'exception des parties qui réunis¬ 
sent le temporal à la mâchoire inférieure, je décri¬ 
rai rapidement Celui-ci, en renvoyant ceux qui 
désireraient plus de développement à l’excellent 


( 32 ) 

ouvrage deM. le professeur Boyer sur cette matière, 
et que j’ai pris pour guide dans mes descriptions. 

Le temporal est un os pair situé à la partie laté¬ 
rale inférieure du crâne ; il concourt à former la 
face et à l’articulation des mâchoires,. en recevant 
dans sa cavité glénoïde , et sur son apophyse trans¬ 
verse articulaire , le condyle de la mâchoire infé¬ 
rieure. On le divise en trois portions : la première, 
que l’on nomme écailleuse ; la seconde, mastoï¬ 
dienne ; et la troisième, pierreuse ou rocher. 

Portion écailleuse . La portion écailleuse, qui 
est plus que demi-circulaire, est située au dessous 
et en avant des autres. 

La face externe de la portion écailleuse sert à la 
formation de la fosse temporale ; elle; donne atta¬ 
che au muscle du même nom , et loge dans des sil¬ 
lons qui la parcourent les divisions des artères tem¬ 
porales profondes. Au bas de cette face on rencontre 
une apophyse-qui se porte en avant , et que l’on 
appelle zygomatique. Cette apophyse a été divisée 
en faces externe et interne, en bords supérieur et 
inférieur, en base et en sommet. 

La face externe, qui est convexe, la face interne , 
qui est concave, et le bord inférieur, donnent 
attache au muscle masseter. Au bord supérieur 
s attache l’aponévrose temporale 5 le sommet s’arti¬ 
cule avec la pommette. 



( 33 ) 

La base de cette apophyse est partagée en deux 
parties nommées racines. L’une est dirigée horizon¬ 
talement d’avant en arrière, et l’autre transversale¬ 
ment de dehors en dedans. La première de ces 
racines est divisée en deux autres, dont l’une, su¬ 
périeure, donne attache à l’aponévrose temporale, 
et l’autre, antérieure, forme une portion du conduit 
auditif externe. 

La seconde racine, ou racine transversale, est 
large et saillante ; elle se dirige un peu obliquement 
de dehors en dedans et d’avant en arrière : sa sur¬ 
face est un peu concave transversalement, convexe 
d’arrière en avant , et recouverte d’un cartilage 
dans l’état frais, pour s’articuler avec le condyle 
de la mâchoire inférieure. Entre les deux racines 
de l’apophyse zygomatique et le conduit auditif 
externe, on rencontre une cavité ovalaire peu pro¬ 
fonde, qui loge le condyle de la mâchoire lorsque 
la bouche est fermée. Cette cavité est partagée par 
une fente transversale, nommée fissure glénoïdale, 
qui communique avec la caisse du tympan 5 elle 
donne entrée, dans l’oreille interne, au tendon du 
muscle antérieur du marteau, et sortie à la corde 
du tympan et à l’apophyse grêle de Rau. La partie 
antérieure de la cavité glénoïde est articulaire et 
reçoit le condyle de la mâchoire 5 sa partie pos¬ 
térieure n’est revêtue que par un périoste épais , 

3 


(34) 

semblable à celui qui appartient aux aulres os du 
corps humain. 

La: face interne de la portion écailleuse est concave 
et n’offre de remarquable que des bosselures, des 
enfoncemens et des sillons qui logent des divisions 
de l’artère méningée ou moyenne de la dure-mère. 
Le bord supérieur est taillé en biseau, aux dépens 
de la table interne supérieurement, pour s'articu¬ 
ler avec le pariétal, et antérierement, aux dépens 
de la table externe , pour s’articuler avec le sphé¬ 
noïde. 

Portion mastoïdienne . La face externe de la 
portion mastoïdienne est convexe et donne attache, 
ainsi que l'apophyse mastoïde qui est au bas, aux 
muscles sterno-cléido-mastoïdien et splénius. Le 
sommet de l’apophyse donne attache au petit com- 
- plexus. En dedans dé cette même apophyse se 
trouve une rainure derrière laquelle est situé le 
trou mastoïdien ] et où s’implante l’extrémité posté¬ 
rieure du muscle digastrique. 

La face interne est concave et traversée par une 
gouttière qui loge une portion du sinus latéral ; c’est 
dans cette gouttière qu’on aperçoit l’orifice interne 
du trou mastoïdien. Le bord supérieur s’articule 
avec le pariétal, et le bord inférieur avec l’occi¬ 
pital. 

Portion pierreuse. La face supérieure du rocher 



( 55 ) . . 

présente à sa partie moyenne Vhiatus Fallopii , 
ouverture communiquant dans l’aqueduc de Fallope, 
et par laquelle passe le filet supérieur du nerf vidian 
qui chemine, avant d’y pénétrer, dans un sillon 
creusé au devant de lhiatus. Cette face fait partie 
des fosses latérales et moyennes de la base du crâne. 

La face postérieure offre premièrement le trou 
auditif interne , dont le fond est percé de plusieurs 
ouvertures; la plus grande donne passage à la por¬ 
tion dure de la septième paire de nerfs qui parcourt 
l’aqueduc de Fallope ; les autres livrent entrée à la 
portion molle du même nerf, ou portion acoustique, 
qui se rend dans l’oreille interne. Au-dessus du trou 
auditif interne est situé l’aqueduc du vestibule. 
Cette face fait partie de la fosse latérale postérieure 
de la base du crâne, 

La face inférieure du rocher répond à la fosse 
gutturale; elle présente, en procédant d’arrière en 
avant, les objets suivans, qui sont : le trou mas¬ 
toïdien, qui est la terminaison de 1 aqueduc de Fal¬ 
lope , par lequel sort la portion dure de la septième 
paire de nerfs ; l'apophyse styloïde, qui donne 
attache au muscle stylo-hyoïdien , stylo-giosse et 
stylo-pharyngien , ainsi qu’aux ligarnens styfo - 
maxillaire et stylo-hyoïdien ; la fosse jugulaire? qui 
loge le golfe de la grande veine de ce nom ; une 
facette articulaire, qui se joint avec l’apophyse 

5- 



( 36 ) 

jugulaire de l’occipital 3 l’orifice externe du canal 
carotidien, par lequel, la carotide interne entre 
dans le crâne 3 enfin une surface inégale , où s’at¬ 
tachent le muscle interne du marteau et le péri- 
staphylin interne. 

Le bord supérieur est creusé par une gouttière 
longitudinale qui loge le sinus pétreux supérieur 3 
le bord inférieur s’articule avec la portion infé¬ 
rieure du bord inférieur de l’occipital, et concourt à 
la formation du trou déchiré postérieur 3 le bord 
antérieur s’articule avec la grande aile du sphé¬ 
noïde, qui présente l’orifice interne du canal caro¬ 
tidien : ce bord forme, avec la portion écailleuse, 
un angle rentrant, dans lequel il existe deux trous 
dégénérant en canaux, dont l’un, supérieur, donne 
passage au tendon du muscle interne du marteau, et 
l’autre, plus grand, est l’orifice de la portion os¬ 
seuse de la trompe d’Eustache. 

La base du rocher est percée par le conduit audi¬ 
tif externe. Le sommet sert à la formation du trou 
déchiré antérieur. 

Le temporal est composé d’une substance compacte 
et d’une substance spongieuse : la substance com¬ 
pacte du rocher est plus dure que celle des autres 
os 3 elle résiste au mordant de la lime. Cet os se dé¬ 
veloppe par trois points d’ossification 3 son usage 
est de former avec son semblable des arcs-boutans 



( 3 7 ) 

qui empêchent les os du crâne de s’écarter en de.- 
hors j il sert encore à l’articulation des mâchoires. 

Pour mettre le temporal en position, il faut tour¬ 
ner la portion écailleuse en haut, l’apophyse zygo¬ 
matique en avant ? et l’apophyse mastoïde en bas et 
sur un plan horizontal. 

De Varticulation des mâchoires ou temporo - 
maxillaire. 

L’articulation des mâchoires ou lemporo-maxil- 
laire est une double arthrodie qui résulte de la con¬ 
tiguïté des condyles de la mâchoire inférieure avec 
les temporaux. Les parties du temporal qui servent 
à cette articulation sont la cavité gîénoïde et la ra¬ 
cine transversale de l’apophyse zygomatique. 

La fosse gîénoïde est de forme ovalaire, et située 
transversalement sur le temporal; elle se divise en 
deux parties par la fissure glénoïdale. De ces deux 
parties , l’une anterieure, plus marquée que la pos¬ 
térieure, s’articule seulement avec le condyle de la 
mâchoire inférieure; l’autre n’est point articulaire. 
La racine transverse zygomatique est convexe d’ar¬ 
rière en avant, et légèrement concave transversa¬ 
lement; elle est recouverte, de même que la fosse 
gîénoïde, par un cartilage très mince, appelé car¬ 
tilage d’encroûtement. 

Les parties articulaires de la mâchoire inférieure 



C 38 ) 

sont ses condyles, éminences ovalaires recouvertes 
d’un cartilage qui s’amincit à mesure qu’il approche 
du col de ces tubérosités osseuses. 

Entre le condylé de la mâchoire et la cavité glé- 
noïde on rencontre un fibro-cartilage, appelé liga¬ 
ment interarticulaire, qui empêché Cès parties de se 
toucher immédiatement. Ce cartilage, épais d’une 
ligne environ , s’étend aussi sur la racine transverse 
zygomatique 3 il est moulé sur cette surface articu¬ 
laire^ et prend une forme concave du côté du con- 
dyîe, et convexe vers la fosse glénoïde 5 sa circonfé¬ 
rence , qui est fortement unie à la capsule synoviale 
articulaire, est plus épaisse qu’à son centre. 

Les ligamens qui affermissent l’articulation tempo- 
ro-maxillaïre sont une capsule, un ligament latéral 
externe, et un ligamentlatéral interne.Certains ana¬ 
tomistes en reconnaissent deux autres, les ligamens 
stylo-maxillaire et stylo-hyoïdien 3 mais comme ces 
deux portions fibreuses servent plutôt à multiplier 
les attaches des fibres musculaires qu’à maintenir réu¬ 
nie la mâchoire inférieure avec les temporaux , je 
ne décrirai que les trois premiers ligamens. 

La capsule, ou ligament orbiculaire, enveloppe 
l’articulation temporo-maxillaire 3 sa face interne 
est mouillée par la synovie, excepté 4 l’endroit où 
ce ligament adhère au fibro-cartilage articulaire 3 sa 
face externe est recouverte en dedans et en dehors 



( 39 ) 

par les ligamens latéraux, en arrière par la glandé 
parotide, et en avant par le muscle ptérigoïdien ex¬ 
terne , qui s’y attache par quelques fibres. Ce liga¬ 
ment s’attache supérieurement à la partie antérieure 
de l’apophyse transverse zygomatique, et à la par¬ 
tie postérieure de la portion articulaire de la fosse 
glénoïde; inférieurement il s’attache autour du col 
du condy le maxillaire. Cette capsule secrète la sy¬ 
novie et en prévient l’effusion. 

Le ligament latéral externe s’étend de l’extrémité 
externe de l’apophyse articulaire du temporal au 
condy le de la mâchoire. Il est mince et étroit, re¬ 
couvert par la glande parotide et la peau, et recou¬ 
vre à son tour la capsule. 

Le ligament latéral interne s’étend de l’apophyse 
épineuse du sphénoïde au côté interne de l’orifice 
postérieur du conduit dentaire inférieur : sa partie 
inférieure est plus large que la supérieure, par la¬ 
quelle il est en contact avec la capsule ; inférieure¬ 
ment il est séparé du col du co ndy le par l’artère 
maxillaire interne, les vaisseaux et le nerf dentaire 
inférieur. 

Les muscles masseters temporaux et ptérigoïdiens 
qui servent à mouvoir les mâchoires sont aussi les 
organes d’où l’articulation tempoco-maxillaire tire 
le plus d’affermissement. 



( 4o ) 

Articulation de la tête avec la colonne 
vertébrale. 

L’articulation de la tête avec la colonne ver¬ 
tébrale est une double artbrodie 3 elle est formée 
par le contact des condyles de l’occipital avec les 
masses latérales de la première vertèbre du cou 
appelée atlas. 

Les condyles sont deux éminences oblongues, si¬ 
tuées sur les parties latérales du grand trou occipi¬ 
tal : leur direction est oblique de dehors en dedans 
et d’arrière en avant 3 ils sont recouverts d’un carti¬ 
lage d’encroûtement. 

Les masses latérales de la première vertèbre du 
cou présentent supérieurement une cavité oblongue 
ayant la même direction que le condyle de l’occi¬ 
pital qu’elle reçoit : ces cavités sont enduites par un 
cartilage. 

La réunion des condyles de l’occipital avec l’at¬ 
las a lieu par une capsule et deux ligamens, dont 
l’un est antérieur et l’autre postérieur. 

La capsule enveloppe l’articulation occipito-at- 
loïdienne 3 elle se fixe supérieurement autour du 
condyle de l’occipital, et inférieurement autour de 
la cavité articulaire de l’atlas. 

Le ligament antérieur, formé de trousseaux li¬ 
gamenteux , s’étend de l’arc antérieur delà première 



( 4i ) 

vertèbre du cou à la partie antérieure du grand trou 
occipital; il est recouvert par les muscles grands 
droits antérieurs de la tête, et recouvre les liga- 
mens latéraux de l’apophyse odontoïde de la seconde 
vertèbre du cou, dont il est séparé par du tissu 
cellulaire. 

Le ligament postérieur s’étend de l’arc postérieur 
delà première vertèbre à la partie postérieure de 
l’occipital ; il est recouvert par le muscle petit droit 
postérieur de la tête : ce ligament forme, avec l’é¬ 
chancrure supérieure de l’atlas, un trou par lequel 
passent l’artère vertébrale et le nerf sous-occipital. 

L’articulation atloïdo-occipitale est surtout af¬ 
fermie par les ligamens latéraux de l’apophyse, odon¬ 
toïde et par les muscles qui meuvent la tête sur le 
cou : elle ne peut exécuter que des mouvemens très 
bornés et à peine sensibles. 

Des dents. 

Les dents sont des corps blanchâtres de la na¬ 
ture des os, dont elles diffèrent par leur dureté et 
l’émail qui les recouvre. Chez l’adulte, les dents 
sont au nombre de trente-deux , seize à chaque m⬠
choire. D’après leur forme et les fonctions qu’elles 
sont chargées de remplir, on les divise en incisives, 
en canines, en petites et en grosses molaires. 

On compte à chaque mâchoire quatre incisives , 


( 4 * ) 

deux canines, quatre petites molaires et six grosses. 
Ces dents «ont disposées de manière qu’on en compte 
huit de chaque côté de la ligne médiane des m⬠
choires, savoir, deux incisives, une canine, deux 
petites molaires et trois grosses; d’où il résulte que 
pour les deux mâchoires il y a huit incisives ,-qua¬ 
tre-canines, huit petites molaires et douze grosses. 
Outre les formes propres à chacune de ces espèces 
de dents, il existe entre elles des particularités qui 
les font distinguer les unes des autres. 

On divise la dent en trois parties distinctes , le 
corps' on la couronne, la racine, et le collet. 

Le corps ou la couronne forme la partie supé¬ 
rieure de la dent'J il est recouvert par l’émail et 
situé hors de l’alvéole : c’est lui qui sert à l’orne¬ 
ment de la bouche. 

La racine est la portion de la dent où elle se ter¬ 
mine 5 elle est enchâssée et fixée dans le bord alvéo¬ 
laire : son sommet est percé par une ou plusieurs 
ouvertures, par lesquelles passent les vaisseaux et 
les nerfs qui leur donnent la vitalité. 

Le collet est une ligne, plus ou moins appa¬ 
rente , intermédiaire entre la couronne et la racine ; 
il donne attache à la membrane gencive , qui y 
adhère fortement. 

Des incisives. Les incisives sont au nombre 
de quatre à chaque mâchoire, et occupent la partie 



( 43 ) 

moyenne du bord alvéolaire. Leur couronne a la 
forme d’un eoin trancha ut vers sa partie supé¬ 
rieure : on la divise ën face externe, en face in¬ 
terne, en deux côtés et un sommet. La face externe 
est lisse et correspond aux lèvres ; la face interne 
est légèrement concave et rugueuse : elle regarde 
l’intérieur de la bouche ; les côtés ressemblent à 
un triangledout la base serait tournée vers la r acine'$ 
le sommet est un bord tranchant taillé en biseau 
aux dépens de la table antérieure ou externe pour les 
incisives inférieures , et de là table postérieure pour 
les incisives supérieures 3 de manière que ces dents 
se rencontrent à fin star des lames de ciseaux. 

Les racines des incisives sont unique et de forme 
conique : elles présentent quatre côtés, l’un an¬ 
térieur, l’autre postérieur arrondi, et deux côtés 
latéraux , sur lesquels on remarque un sïUon longi¬ 
tudinal. Leur sommet est percé par une ouverture 
d’autant plus étroite que le sujet est plus avancé en 
âge ; cette ouverture donne passage aux vaisseaux 
et aux nerfs qui pénètrent dans leur cavité. 

Le collet des incisives est formé par deux lignes 
courbes qui se réunissent à angle aigu sur lés par¬ 
ties latérales de leur corps , près de leur bord 
tranchant. La convexité du -collet est tournée en 
haut pour les incisives supérieures, et en bas pour 
les inférieures. 



( 44 ) 

Les incisives supérieures sont plus larges que les 
-inférieures. Ce quil y a de remarquable, c’est que 
les incisives moyennes supérieures ont plus de lar¬ 
geur que les latérales , et que l’inverse a lieu pour 
les incisives inférieures. 

Des canines. Les dents canines, auxquelles on 
.donne encore le nom de lanière et de cuspide, 
sont plus fortes que les incisives 5 elles affectent la 
forme d’un cône , ce qui les a fait appeler par l’il¬ 
lustre professeur Chaussier dents conoïdes. Leur 
corps est convexe et lisse en avant, et légèrement 
concave , et rugueux en arrière 5 leurs cotés sont 
étroits et moins aplatis que ceux des incisives j 
leur sommet se termine en pointe. 

Les racines des dents canines sont ordinairement 
uniques et très fortes ; elles sont convexes en avant 
et en arrière ,et légèrement creusées sur leurs côtés 
par un sillon longitudinal : leur sommet est percé 
d’une petite ouverture. Le collet ne diffère que 
très peu de celui des incisives. Les canines inférieures 
sont moins fortes et plus courtes que les supé¬ 
rieures, qui pénètrent parfois très haut dans l’épais¬ 
seur de 1 apophyse montante du maxillaire supé¬ 
rieur. 

Des petites molaires. Les petites molaires ou 
bicuspides sont situées entre les canines et les 
grosses molaires y elles occupent les parties laté- 



( 45 ) 

raies de la bouche. Leur couroüne présente quatre 
côtés ; le côté externe est plus large que les autres : 
ils sont tous convexes. Le sommet est surmonté de 
deux tubercules, dont l’externe est -plus saillant 
que l’interne. Le collet est pour ainsi dire circu¬ 
laire. 

La racine des petites molaires est unique ou bi- 
furquée ; elle offre deux orifices très petits , qui 
donnent passage aux vaisseaux et aux filets de nerfs 
qui se rendent à la pulpe dentaire. 

Des grosses molaires . Les grosses molaires ou 
mâchelières terminent les arcades dentaires 5 elles 
sont au nombre de trois à chaque côté des m⬠
choires : la première est plus grosse que les autres ■ 
vient ensuite la seconde, puis la troisième, qui est 
la plus petite. 

Le corps ou la couronne de ces dents est a peu 
près de forme quadrilatère. Les faces externe et 
interne sont plus convexes que les deux autres. Le 
sommet présente ordinairement quatre tubercules , 
séparés par deux sillons qui s’entre-croisent. Quel¬ 
quefois on en trouve plus de quatre ; alors il existe 
plus de sillons. Le collet a plus d’étendue que ce¬ 
lui des autres dents ; il affecte la même direction 
que le corps de ces molaires. 

Les racines sont au nombre de trois ou de quatre ÿ 
quelquefois on en trouve cinq : elles sont isolées 



( 46 ); 

jusqu’à leur collet, ou bien grouppées et réunies 
entre elles. 11 est à remarquer que les molaires de 
la, mâchoire inférieure n’ont ordinairement que 
deux racines : ce phénomène provient sans doute 
de ce que cette mâchoire, étant plus dense que la 
supérieure, oppose par conséquent une plus grande 
résistance à leur développement. 

Toutes les dents ont une cavité intérieure qui 
varie de forme et d’étendue, selon l’ordre auquel 
elles appartiennent. Cette cavité est triangulaire 
dans les incisives , conique dans les canines , ova¬ 
laire dans les petites molaires, et quadrilatère dans 
les grosses. Les cavités dentaire^ s’étendent du som¬ 
met de la couronne au collet, où l’on voit l’orifice 
interne des conduits des racines par lesquels pé¬ 
nètrent les vaisseaux et les nerfs qui sont chargés 
d’entretenir leur vitalité. Les conduits creusés dans 
les racines des dents deviennent d’autant plus étroits 
que le sujet est avancé en âge ; ils finissent même 
par s’oblitérer dans la vieillesse. ' 

Les dents sont composées d’une substance com¬ 
pacte très dure nommée éburnée, et d’une couche 
d’émail qui en recouvre le corps. Elles se déve¬ 
loppent par un seul point d'ossification, qui com¬ 
mence par le sommet de la couronne. 

D après la description que je viens de donner, 
on voit que les incisives ouvrent la série des dents 



( 47 ) 

qui arment le bord alvéolaire de chaque mâchoire, 
que les grosses molaires la terminent, et que les 
canines et les petites molaires occupent l’espace in¬ 
termédiaire. 

L’arrangement des dents sur le bord alvéolaire 
des mâchoires décrit deux moitiés d’ovale qui se 
replient sur elles-mêmes , comme le ferait une char¬ 
nière, de manière à së toucher immédiatement. 
Lorsque ces deux portions, qu’on nomme arcades 
dentaires , l’une supérieure et l’autre inférieure, 
sont adossées par leur base , elles décrivent un 
ovale pour ainsi dire complet. Cette formé ova¬ 
laire est déterminée par celle des mâchoires, qui 
est semi-ovale. 

Les arcades dentaires sont formées par la cou¬ 
ronne des dents. On les divise en face externe con¬ 
vexe tournée en avant, en face interne concave 
dirigée en arrière ; en bord regardant en haut 
pour la mâchoire inférieure, et en bas pour là su¬ 
périeure. D’après la conformation et le volume dés 
dents, la partie moyenne des arcades dentaires, où 
sont situées les incisives, est étroite, au lieu que 
la partie postérieure , où se trouvent les molaires, 
est beaucoup plus large. Les incisives et les cani- 
ues sont disposées de manière que , la bouche 
étant fermée, elles glissent les unes sur les autres 
eomme .des lames de ciseaux; tandis que les mo- 


( 48 ) 

laires se rencontrent et s’appuient à l’instar de te¬ 
nailles. 

D’après la disposition des dents sur leurs bords 
alvéolaires, la face externe des incisives et des ca¬ 
nines est antérieure, et celle des molaires latérale. 
Cette disposition tient à ce que, à mesure que les 
dents s’éloignent de la ligne médiane, elles devien¬ 
nent de plus en plus postérieures. 

De Varticulation des dents. 

Les dents s’articulent par gompbose avec les m⬠
choires. Cette articulation immobile résulte de la 
réception d’un corps conoïde dans une cavité qui 
l’environne de toute part, et sur lequel elle est pour 
ainsi dire moulée. Les cavités qui reçoivent les dents 
sont creusées sur le bord libre des mâchoires, et pren¬ 
nent le nom d’alvéoles. Les alvéoles affectent la 
forme des racines des dents qui s’y implantent ; ces 
dernières sont en outre retenues par la membrane 
gencive et les vaisseaux et les nerfs qui pénètrent 
dans leurs cavités. 

Particularités relatives aux dents. 

Suivant l’opinion de quelques auteurs, le nombre 
des dents varie à un tel point, qu’on a prétendu en 
avoir rencontré jusqu’à trois rangées, ce qui est peu 
digne de foi. Il arrive cependant qu’il s’en trouve 



( 4 9 ) 

plus que de coutume; mais ces dents, appelées sur- 
numéraires, ne sont toujours que des dents de. lait, 
qui, pendant le travail de la seconde dentition, au 
lieu d’être chassées au dehors des alvéoles 3 y sont 
au contraire retenues par une pression latérale que 
déterminent les dents de remplacement en les . te¬ 
nant, lors de leur éruption, serrées contre les parois 
alvéolaires. Il résulte de laque, les. dents de la pre¬ 
mière dentition n’étant pas expulsées, les dents se¬ 
condaires ne peuvent occuper leur place naturelle : 
aussi les voit-on dévier tantôt en ayant, tantôt en 
arrière, et tantôt sur les côtés, enfin dans un sens 
opposé aux dents de lait ; ce qui fait paraître les 
mâchoires comme armées d’une double rangée de 
dents. 

Il est quelques anatomistes qui, pour prouver les 
doubles rangées de dents, prétendent que leur sortie 
des alvéoles a quelquefois lie.u dans un âge avancé : 
mais rien n’est moins concluant que ce phénomène ; 
car il arrive très souvent que , lorsque les dents de 
lait résistent trop long-temps aux efforts de celles 
de la seconde dentition, elles ne peuvent être ex¬ 
pulsées; alors les dents secondaires , arrêtées dans 
leur développement , restent ensevelies dans, l’é¬ 
paisseur des mâchoires. C’est pourquoi chez cer¬ 
tains sujets où l’on supposait la dentition complète, 
lorsqu’une cause accidentelle amène la chute, de 

■ 4 . 


( 5o ) 

dents circon voisines, celles qui n’avaient pu jus¬ 
qu alors faire éruption, n’étant plus gênées dans leur 
accroissement, se montrent sur le bord alvéolaire. 
Ce qui vient sur-tout à l’appui de cette assertion, 
c’est que les dents que l’on prendrait pour le pro¬ 
duit d’un troisième germe correspondent toujours 
aux. dents de lait ou dents de la première dentition. 

Loin de trouver un nombre de dents plus grand 
que de coutume, on en observe souvent un plus 
petit. Ce nombre varie depuis vingt-quatre jusqu’à 
trente - deux ; celui de vingt - huit est fréquent , 
celui de vingt-quatre Test infiniment moins. Lors¬ 
qu’il n’existe que vingt-huit dents , ce phéno¬ 
mène yient-de ce que les quatre dernières grosses 
molaires restent parfois renfermées toute la vie dans 
leurs alvéoles ; il est même rare de trouver des su¬ 
jets chez lesquels ces dents parviennent à leur entier 
développement: aussi les appelle-t-on, pour cette 
raison, dents tardives ou dents de sagesse. Quand 
on ne rencontre que vingt-quatre dents, dont vingt 
ont été renouvelées, ce qui complète la dentition 
de 1 enfant, c’est qu’une cause accidentelle a em- 
peche la sortie des dernières grosses molaires ; cir¬ 
constance qui pourrait, mais à tort, faire croire à 
l’existence d’un troisième germe dentaire, attendu 
que-, dans un âge-u\^fi^é^ 4 qrsque le sujet a perdu 
plusieurs den^^mbîàï^ restées jusqu’alors 


( 5i ) 

stationnaires, prennent de l’accroissement et font 
éruption. . 

tes dents de la mâchoire inférieure sont en gé¬ 
néral plus courtes, moins fortes et moins .enraci¬ 
nées cpie celles de la mâchoire supérieure. 

Les racines des canines supérieures sont parfois 
si longues, qu’elles s’étendent jusque dans l’épais¬ 
seur de la base de l’apophyse montante f de l’os maxil¬ 
laire jusqu’au-dessous de l’orbite.. Cette disposition 
peu naturelle les a fait appeler dents oeillères par 
le vulgaire trop crédule , qui s’itpagine que ces ra¬ 
cines ont avec l’œil une adhérence telle, qu’on peut 
l’arracher lorsqu’on fait leur extraction. Il est très 
rare de les voir pénétrer dans les sinus maxillaires. 
Les canines inférieures ont parfois deux racines qui 
sont isolées jusqu’à leur collet. 

Les petites .molaires n’ont jamais qu’une ou deux 
racines ; celles, des grosses ne, dépassent point le 
nombre de cinq. Les premières-grosses^molaires ont 
ordinairement pîus^ de racines que les dernières ) 
elles sont ajussi. plus,écartées, surtout pour la m⬠
choire supérieure. Viennent ensuite les secondes 
grosses molaires, et enfin les troisièmes, dont les 
racines sont presque toujours réunies et groupées, 
qe, qui leur donne la forme d’un cône : .elles ont en 
outrç . très peu d’étendue, et restent souvent dans 
un état de, développement imparfait, _ ,. _ 



( 5* ) 

La longueur des racines des grosses molaires ët 
leur rapprochement en forme de crochet consti¬ 
tuent les dents barrées. Toutes les racines des dents 
sont susceptibles de contracter cette disposition 
vicieuse. 

D’après la conformation des mâchoires et l’arran¬ 
gement des dents sur leur bord alvéolaire, on peut 
diviser ces dernières en supérieures et en inférieu¬ 
res , en droites et en gauches. Cette dernière division 
est d’autant plus importante à connaître pour le chi¬ 
rurgien dentiste, qu’appelé par état à remédier aux 
difformités de la bouche il doit s’attacher à bien 
étudier la symétrie des organes qui servent à l’orne¬ 
ment du visage. 

Des muscles qui meuvent les mâchoires. 

Les muscles qui meuvent les mâchoires sont ceux 
qui les élèvent (élévateurs), ceux qui les abaissent 
(abaisseurs), enfin ceux qui produisent les mouve- 
mens latéraux (diducteurs). La mâchoire inférieure 
peut encore se mouvoir d’arrière en avant sur la 
supérieure. 

Les muscles sont des corps rougeâtres plus ou 
moins volumineux , composés de fibres appelées 
motrices, ainsi que de tendons qüi servent à les fixer 
aux os 3 ils déterminent le mouvement. Afin de bien 
concevoir l’attache des muscles dont je vais parler, 



( 53 ) 

il est nécessaire de donner auparavant une descrip¬ 
tion succincte de l’os hyoïde et du cartilage thy¬ 
roïde qui occupent la partie antérieure du cou, 
auxquels s’attachent, pour ainsi dire, tous les mus¬ 
cles qui abaissent la mâchoire inférieure. 

\J hyoïde est situé à la partie moyenne supérieure 
et antérieure du cou , entre la base de la langue et 
le larynx, et devant la colonne vertébrale, sur la¬ 
quelle il est appuyé. Cet os' est composé de cinq 
pièces , une moyenne ou corps, deux latérales ou 
grandes cornes , et deux autres appelées petites 
cornes, placées entre la portion supérieure du corps 
et les grandes cornes. 

L’hyoïde est uni à la langue par des muscles, au 
larynx par la membrane thyro-hyoïdienne et les 
ligamens ronds , aux apophyses styloïdes du tem¬ 
poral par les ligamens stylo-hyoïdiens qui partent 
de ses petites cornes , enfin à la mâchoire inférieure 
au moyen des muscles dont je donnerai plus bas la 
description. 

Le cartilage thyroïde est situé à la partie supé¬ 
rieure et antérieure du larynx; sa forme est quadri¬ 
latère : il importe seulement de connaître sa face 
antérieure. Cette face est partagée en deux portions 
latérales, légèrement obliques d’avant en arrière, 
par une crête saillante, plus marquée chez l’homme 
que chez la femme ; de plus par une crête transver- 


£54 ) 

sâfe'ijul côupe horizontalement la première. Le car-: 
litage thyroïde est uni à l’hyoïde par la ïnembrânë 
thyrô-hyoïdienne , et les lïgamens ronds qui s’éten¬ 
dent des gràndeâ cornes de ce cartilage a'c'ellès de 
l’os hyoïde | il se joint iüférieürëméntr au cartilage 
crîcoïde par la membrane fcrico-thyroïdienhe ? et 
par le moyen de ce dernier il s’unit à la trachée- 
artère. 

Muscles, .élévateurs de la mâchoire inférieure .. 

Les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure 
sont le masseter , le ptérigoïdien interne et le 
temporal. 

, ..*, f .,v .. ,Du masseter.\ ; . u , , 

"Le masseter est situé sur la face latérale de la 
tête; à la partie postérieure de là joué. Il s’attache 
supérieurement au Bord inférieur de, Fapôphysé 
éygdmâtiqüè dü tëmporal, à l’os de la pommette èt 
à l’éminence malaire de l’os maxillaire supérieur 1 ; 
il est attaché inférieurement aü bord inférieur de 
la inâchéiré ' inférieure et à la lèvre externe de 
l’ahgle de cet o'st ■ ' v- a- 

La Lace externe' du masseter est recouverte par 
les'musclès orbicûIâÏTës deS'p âüpièrésy le grand et 
le petit zÿgomàfiqùesy lë peauciër, le céndüit sâli- 
Vairë de Stenori, lâ^portion' dure de là septième 
paire de nerfs , 1 artere faciale et la peau. Sa face 





( 55 ) 

in terne recou vre la branche de la mâchoire,à la¬ 
quelle elle s’attache, et le buccinateur, dont elle 
est séparée par une grande quantité de graisse. 

Le masseter est très épais5 il jouit, de même 
que le ptérigoïdien et le temporal, d’une force de" 
contraction considérable. Il est formé de fibres 
charnues et d’aponévroses très résistantes. Ce muscle . 
élève la mâchoire inférieure contre la supérieure, 
ou il tient les dents inférieures rapprochées et très 
serrées contre les supérieures ; il abaisse aussi la 
mâchoire supérieure. 

Du ptérigoïdien interne. 

Le ptérigoïdien interne est congénère du-massetef, 
et occupe la partie interne de la branche de la 
mâchoire, de même que le dernier en occupe la 
face externe. 

Ce muscle s’attache supérieurement dans la fosse 
ptérigoïde du sphénoïde, et inférieurement à la 
face interne de la branche de la mâchoire , ainsi 
qu’à la lèvre interne de son angle inférieur. 

La face externe du ptérigoïdien répond à la 
branche de la mâchoire où elle s’attache 3 elle en est 
séparée supérieurement par un intervalle dans lequel 
passent les branches linguales et dentaires du maxiL 
laire inférieur. On rencontre encore dans cet in¬ 
tervalle l’artère dentaire inférieure et le ligament 


( 56 ) 

latéral interne de l’articulation temporo-maxillaire. 
Sa face interne correspond au muscle pérista- 
phylin externe et au constricteur supérieur du 
pharynx , ainsi qu’à la glande maxillaire et à la 
muqueuse de la touche. 

L’usage dé ce muscle est d’élever la mâchoire 
inférieure et de la porter en avant; en même 
temps il abaisse légèrement la mâchoire supérieure. 
Il ne peut agir sans que le masseter entre en con¬ 
traction, et vice versa. 

Du temporal. 

Le temporal est renfermé dans la fosse du même 
nom, qu’il remplit entièrement; il est situé plus 
haut que les deux muscles précédons, et s’attache 
supérieurement à toute la ligne décrite autour de 
cette fosse ; sa circonférence est large et mince : in¬ 
férieurement il est étroit et épais, passe en dedans 
de l’arcade zygomatique, et va s’attacher au som¬ 
met de l’apophyse coronoïde de la mâchoire infé¬ 
rieure , qu’il enveloppe de toute part. 

Sa face externe est recouverte par l’occipito- 
frontal et les muscles auriculaires antérieur et pos¬ 
térieur, par l’aponévrose temporale , les vaisseaux 
et les nerfs temporaux superficiels, enfin par l’ar- 
çade zygomatique, le masseter et la peau. Sa face 
interne s’attache à toute la fosse temporale, et rç- 



(■'57 ) 

couvre le ptérigoïdien externe , l’artère maxillaire 
interne, et le buccinateur, dont il est séparé par 
une couche de graisse. 

Le temporal élève la mâchoire inférieure et la 
serre contre la supérieure , qu’il abaisse légèrement. 
Lorsque la mâchoire inférieure est portée en avant, 
de manière que les incisives inférieures dépassent 
les supérieures, il la ramène en arrière. La force 
réunie des muscles masseters, ptërigoïdiens et tem¬ 
poraux, qui agissent toujours simultanément, est 
telle, qu’elle est inappréciable chez certains sujets. 

Des muscles abaisseurs de la mâchoire 



Les muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure 
sont le peaueier, l’omoplat-hyoïdien, le sterno- 
hyoïdien, le sterno-thyroïdien, le tbyrô-hyoïdien, 
le digastrique,le mylo-hyoïdien, le génio-hyoïdien, 
et le stylo-hyoïdien. 

Du peaueier . 

Le peaueier est situé sur les parties latérales et 
antérieures du cou; il est large, mince et sous- 
cutané : supérieurement il s’attache à la partie in¬ 
férieure de la symphyse du menton, à la ligne 
oblique externe de la mâchoire inférieure, ainsi 
qu’à la commissure des lèvres ; inférieurement il 



( 58 ) 

adhère au tissu cellulaire sous-cutané, qui recouvre 
la partie supérieure de la poitrine et le moignon 
de Tépaule. 

La face interne , de ce muscle recouvre le deltoïde, 
le grand pectoral, la claviçule, le sterno-cléido- 
mastoïdien, l’omoplat-hyoïdien, le sterno-hyoïdien, 
le sterno-thyroïdien, le thyro-Jbyoïdien, la veine 
jugulaire externe, l’artère carotide, une portion de 
la glande parotide, la glande maxillaire, les mus¬ 
cles digastrique , mylo-hyoïdien, masseter et buc- 
cinateur, le corps de la mâchoire et f artère labiale. 
La face externe du peaucier est recouverte par la 
peau, à laquelle il adhère fortement par un tissu 
cellulaire serré. 

Ce muscle abaisse la commissure des lèvres , 
fronce la peau du cou, et contribue à l’abaisse¬ 
ment de la mâchoire inférieure. 

De romoplat-hjoidien. 

L’omoplat-hyoïdien est situé sur la partie laté¬ 
rale et antérieure du cou. Il s’attache inférieurement 
au bord supérieur de l’omoplate, derrière son échan¬ 
crure; supérieurement il est attaché à la partie la-' 
téraje et inférieure du corps de l’os hyoïde. Ce muscle 
recouvre en { partie les scalènes, les nerfs cervicaux, 
l’artèrejçarptide,, la veine jugulaire interne, les vais¬ 
seaux thyroïdiens supérieurs, et les muscles sterno- 




( â 9 ) 

et thyro-hyoïdiens ; il est recouvert; par lé trapèze, 
le peaucier, la clavicule et le Sterno-cléïdo-mas- 
toïdien* : mi fii '-.l- tr t r --i'. 

• L ? omoplalJiyoïdien abaisse l’os hyoïde et le porte 
en arrièrelorsqu’ils agissent ensemble, ils l’abais- 
sent et le portent un peu en arrière j quand l’hyoïde 
est fixé \ ils contribuent à rabaissement de la mâ- 
choire inférieure. 

Du sterno-hyoïdien. 

- Le sterno-hyoïdien est ; situé à la partie moyenne 
et-antérieure du cou5 ^ s’attache supérieurement au 
bord inférieur du corps de l’os hyoïde, et inférieu¬ 
rement à la partie supérieure de la face postérieure 
du sternum. Ce muscle est plus large inférieurement 
que supérieurement 5 il est recouvert par les mus¬ 
cles peaùcier, sterno-cléïdo-mastoïdien et .l’omo- 
plât-hyoïdiën. Il recouvre les muscles sterno-thy^- 
roïdien et thyro-hyoïdien , la glande thyroïde, les 
vaisseaux thyroïdiens supérieurs, le larynx, et les 
muscles crico .et thym-hyoïdiens. , & 

Le sterno-hyoïdien abaisse l’os hyoïde j et ,leire-r 
tient en bas pendant-que les muscles attachés à sa 
partie supérieure abaissent la mâchoire. 

Du s terno-thyroïdien. 

Le sterno-thyroïdien occupe la partie antérieure 



( 6o ) 

du cou y il s’attache supérieurement à la ligne ho¬ 
rizontale du cartilage thyroïde, et inférieurement 
à la partie supérieure de la face postérieure du 
sternum. Ce muscle est recouvert par le sterno- 
hyoïdien, l’omoplat-hyoïdien et le sterno-cléido- 
mastoïdien ; il recouvre la veine sous-clavière, la 
jugulaire interne, la trachée-artère, l’artère, caro¬ 
tide , la glande thyroïde, les vaisseaux thyroïdiens 
supérieur et inférieur, les muscles crico-thyroïdien 
et constricteur inférieur du pharynx. 

Le sterno - thyroïdien abaisse le larynx et l’os 
hyoïde, en se réunissant avec le thyro-hyoïdien, 
et contribue ainsi à l’abaissement de la mâchoire 
inférieure. 

Du thyro-hyoïdien . 

Le thyro-hyoïdien est situé à la partie antérieure 
du cou. Il s’attache supérieurement au bord in¬ 
férieur du corps de l’os hyoïde, et inférieurement 
à la ligne oblique du cartilage thyroïde. 

Ce muscle est recouvert par le sterno-hyoïdien 
et le peaucier • il recouvre le. cartilage thyroïde 
et la membrane thyro-hyoïdienne. 

Le thyro-hyoïdien rapproche l’os hyoïde du la- 
rynx, et contribue , avec le sterno-thyroïdien, à 
l’abaissement de la mâchoire inférieure. 



Du digastrique. 

Lè digastrique est situé à la partie supérieure et 
latérale du cou. Ce muscle est formé de deux por¬ 
tions charnues, séparées par un tendon grêle qui 
en forme la partie moyenne. Ce tendon, qui a en¬ 
viron deux pouces et demi de longueur , traverse 
l’extrémité inférieure du muscle stylo-hyoïdien , 
puis s’engage dans une espèce d’anneau aponévro- 
tique, qui se fixe au corps de l’os hyoïde. Ce 
tendon descènd obliquement d’arrière en avant 
et de haut en bas, à partir dé la portion char¬ 
nue postérieure ; ensuite, après être sorti de son 
anneau aponévrotique, il se contourne de bas en 
haut en formant une espèce de coude, et se continue 
avec la portion charnue antérieure. 

La portion charnue antérieure, appelée ventre 
postérieur du digastrique, qui s’attache dans la rai¬ 
nure mastoïdienne , se dirige de haut en bas et de 
dehors en dedans vers l’hyoïde. Cette portion est 
recouverte par le petit complexus, le splénius de la 
tête, le sterno-cleïdo-mastoïdien et la glande maxil¬ 
laire. Elle recouvre les muscles stylo - hyoïdien, 
stylo-glosse et stylo-pharyngien, les artères caro¬ 
tides interne et externe, la veine jugulaire interne , 
les artères labiale et linguale, et le nerf grand hy¬ 
poglosse. 



( c 2 ) 

La portion charnue antérieure, ou ventre anté¬ 
rieur du digastrique, s’attache dans une fossette 
triangulaire située sur la partie inférieure de la 
face postérieure du corps de la mâchoire; elle est 
recouverte par le peaucier,-et elle recouvre les mus¬ 
cles hyo-glosse et génio-liyoïdien. 

Les deux portions charnues du digastrique ser¬ 
vent a l’abaissement de la mâchoire; la postérieure, 
en fixant l'hyoïde conjointement avec les muscles 
placés au-dessous de cet os ; et-1 ? antérieure, en agis¬ 
sant directement sur le corps de la mâchoire, lors¬ 
qu’elle est portée en avant. Ce muscle la tire en ar¬ 
rière et la ramène à sa position naturelle. Le digas¬ 
trique peut, par sa portion antérieure, élever l’os 
hyoïde lorsque la mâchoire est fixée ; et quand sa 
portion postérieure agit smv la tète, il contribue à 
l’élévation de la mâchoire supérieure. 

Du mylo-hjoïdién . 

Le mylo-hyoïdien est situé à la partie antérieure 
du cou. Il s’attache supérieurement à presque toute 
la ligne oblique interne de la mâchoire, et inférieu¬ 
rement à la partie moyenne et supérieure du corps 
de l’os hyoïde. Ce muscle est recouvert parle digas¬ 
trique, le peaucier et la glande maxillaire ; il. re¬ 
couvre le génio-hyoïdien, le génio-glosse, l’hyc- 
glosse, la glande suhinguaîe, le conduit salivaire de 



( 63 ) 

Warton, et la branche linguale du nerf maxillaire 
supérieur. 

Le mylo-hyoïdien élève l’os hyoïde et le porte 
en avant. Lorsque l’hyoïde est fixé, et que ces deux 
muscles agissent ensemble, la mâchoire inférieure 
est abaissée ; et, par les secousses qu’ils impriment 
aux glandes sublinguales, ils excitent la salive à 
couler dans la bouche. 

Du génio-hyoïdien. 

Le génio-hyoïdien est situé à la partie supérieure 
et antérieure du cou. Il s’attache supérieurement à la 
partie inférieure de l’apophyse génie , et inférieure¬ 
ment à la partie supérieure dé l’os hyoïde. 

Ce muscle est recouvert par le mylo-hyoïdien 
et le digastrique 5 il recouvre le genio-glosse et Ï’hyo- 
glosse. 

Le génio-hyoïdien élève l’os hyoïde et le porte 
en avant ; quand l’hyoïde est fixé , iF abaisse la m⬠
choire inferieure. 

Du stylo-hyoïdien. 

Le stylo-hyoïdien est situé sur la partie latérale 
du cou j il s’attache supérieurement à l’apbphyse'sty- 
loïdé du temporal,' èt inférieurement atx corps de 
l’os hyoïde.' ‘ ! 

Ce muscle est reêouvert par le digastrique ; il re- 



( 64 ) 

couvre l’artère carotide interne, la veine jugulaire 
interne,le stylo-glosse, le stylo-pharyngien , les ar¬ 
tères labiale et linguale, le nerf grand hypoglosse, 
et le muscle hyo-glosse. 

Le stylo-hyoïdien élève l’hyoïde et le porte un 
peu en arrière et de côté 5 lorsqu’il agit sur la tête, 
il détermine l’élévation de la mâchoire supérieure. 
Il peut, en fixant l’os hyoïde avec son semblable, 
contribuer à l’abaissement de la mâchoire infé¬ 
rieure. 

Du ptérigoïdien externe. 

Le ptérigoïdien externe, d’après les mouvemens 
qu’il fait exécuter à la mâchoire inférieure, ne peut 
être compris dans les deux séries de muscles que je 
viens de décrire : il est diducteur. 

Ce muscle est situé dans la fosse zygomatique ; 
son extrémité interne s’attache à la face externe et 
au bord postérieur de l’aile externe de l’apophyse 
ptérigoïde, à la tubérosité de l’os du palais, et à la 
grande aile du sphénoïde, où il est traversé par l’ar¬ 
tère maxillaire interne. Son extrémité externe s’at¬ 
tache dans une petite fossette que l’on remarque à 
la partie interne et antérieure du col du condyle 
de la mâchoire, ainsi qu’au ligament capsulaire et 
au bord antérieur du ligament interarticulaire. 

La face externe du ptérigoïdien est couverte par 



( 65 ) 

le temporal 3 la face interne recouvre le ptérigoïdien 
interne, le nerf maxillaire inférieur , le ligament la¬ 
téral interne de l’articulation de la mâchoire, et 
l’artère méningée ou moyenne de la dure-mère 3 
supérieurement il est en rapport avec la paroi su¬ 
périeure de la fosse zygomatique et avec les bran¬ 
ches temporales et massetérines du nerf maxillaire 
supérieur. 

Ce muscle tire en avant le condyle de la mâchoire 
inférieure, en dirigeant le menton en avant et de 
côté 3 lorsque les ptérigoïdiens se contractent simul¬ 
tanément , ils portent la mâchoire directement en 
avant. 

Du buccinateur. 

Le buccinateur est situé dans l’épaisseur de la 
joue. Il s’attache supérieurement au côté externe 
du bord alvéolaire supérieur 3 en arrière, à une apo¬ 
névrose qui lui est commune avec le constricteur 
supérieur du pharynx 3 en avant, à la commissure 
des lèvres 3 et inférieurement, au côté externe du 
bord alvéolaire supérieur. 

Ce muscle est traversé par le conduit excréteur 
de la glande parotide qui s’ouvre vis-à-vis la troi¬ 
sième dent molaire 3 il est recouvert extérieurement 
par le temporal, le masseter, le grand et le petit 
zygomatiques le peaucier , le triangulaire des 

5 


( 66 ) 

lèvres, Par 1ère et la veine labiales, et par la mem¬ 
brane muqueuse qui tapisse la bouche. 

Ce muscle tire la commissure des lèvres en ar¬ 
rière, et sert à pousser entre lés dents les portions 
alimentaires amassées entre les joues et les arcades 
dentaires pendant la mastication. 

Des vaisseaux qui se distribuent aux 
mâchoires. 

Les vaisseaux qui se distribuent aux mâchoires 
sont des artères, des veines et des lymphatiques. 

Des artères. 

Les artères sont des conduits membraneux cy¬ 
lindriques qui partent du cœur et distribuent le sang 
dans toutes les parties du corps. Celles qui se ren¬ 
dent aux mâchoires et aux dents sont fournies par 
P artère maxillaire interne , qui termine la carotide 
externe. Les divisions de cette dernière sont, pour 
la.mâchoire supérieure, Partère sous-orbitaire et 
les artères alvéolaires supérieures j et pour la m⬠
choire inférieure , Partère maxillaire ou alvéolaire 
inférieure. 

/ De la sous-orbitaire . Cette artère est fournie 
par la maxillaire interne \ elle est d’abord située 
dans la fosse zygomatique, d’où elle s’introduit 
bientôt dans le canal sous-orbitaire. Parvenue au 



tiers environ de ce canal , elle donne une branche 
qu’on peut appeler incisive supérieure : les petits 
rameaux que cette branche produit se distribuent 
à la membrane qui tapissé le sinus maxillaire 5 
ensuite cette branche s’engage dans le conduit den¬ 
taire supérieur antérieur creusé dans l’épaisseur de 
là paroi antérieure du sinus maxillaire, perce les 
alvéoles et pénètre, en se divisant, dans les racines 
des dents incisives et caninès. L'artère sous-orbi¬ 
taire sort ensuite par le trou du même nom, et së 
répand sur la partie antérieure de la face, où elle 
fournit des rameaux aux. muscles releveur propre 
de la lèvre supérieure, canin et buccinateur. L’ar¬ 
tère sous-orbitaire s’anastomose avec les artères 
labiale, alvéolaire, buccale, et le rameau nasal de 
l’artère ophthalmique de Willis. 

De l’artère alvéolaire supérieure postérieure. 
Cette artère tire son origine de la maxillaire interne 
au sommet de la fosse zygomatique 5 elle descend 
ën serpentant d arrière en devant sur la tubérosité 
maxillaire , dans laquelle elle s’engage bientôt, en 
se divisant, dans les conduits dentaires supérieurs 
postérieurs creusés dans l’épaisseur dé l’os alvéo¬ 
laire, où, parvenue dans les alvéoles, elle se dis¬ 
tribue aux racines des dents molaires 3 elle fournit 
aussi des rameaux à la membrane qui tapisse le 
sinus maxillaire, aux gencives , au buccinateur, 



( 68 ) 

au tissu cellulaire de la joue, et au périoste de l’os 
alvéolaire. Cette artère s ? anastomose avec la buc¬ 
cale la sous-orbitaire et la labiale. 

De Vartère maxillaire inférieure. L’artère 
maxillaire ou dentaire inférieure provient de la 
maxillaire interne 3 elle se dirige en avant et en 
bas, entre le muscle ptérigoïdien interne et le liga¬ 
ment latéral interne de V articulation des mâchoires, 
pour gagner l’orifice supérieur du conduit dentaire 
inférieur, situé sur la face interne de la branche 
de la mâchoire} dans ce trajet elle donne naissance 
à plusieurs rameaux, qui se distribuent aux parties 
voisines. Parmi ces rameaux il y en a un plus re¬ 
marquable que les autres, qui descend dans un 
sillon creusé sur la face interne de la mâchoire 
au-dessous de l’orifice du conduit dentaire. Cette 
division artérielle se distribue à la membrane buc¬ 
cale, à la glande maxillaire, et au muscle mylo- 
hyoïdien. 

Lorsque l’artère dentaire ou maxillaire a pénétré 
dans le canal du même nom 7 elle le parcourt jus¬ 
qu’au trou mentonnier} dans sa marche elle fournit 
des divisions aux dents molaires. Enfin, lorsque 
cette artère est arrivée au trou mentonnier, qui est 
la terminaison du canal dentaire, elle donne une 
branche qu’on peut nommer incisive, parce qu’elle 
se distribue aux dents du même nom et aux 



( 6 9 ) 

canines 3 ensuite' cette artère sort par le troumen- 
tonnier, se répand sur la face et se distribue à toutes 
les parties de la lèvre inférieure, où elle s’anasto¬ 
mose avec des divisions de l’artère labiale. 

Des veines . 

Les veines sont des conduits membraneux cylin¬ 
driques qui naissent des dernières radicules des 
artères, et vont se terminer au ventricule gauche du 
cœur, où elles rapportent le sang de toutes les 
parties du corps. 

Les veines qui se distribuent aux dents et aux 
mâchoires proviennent de la maxillaire interne ,. 
branche de la jugulaire externe, ou plutôt d’un 
tronc veineux formé par l’anastomose de la veine 
jugulaire interne avec l’externe. Ces veines sont la 
sous-orbitaire, l’alvéolaire supérieure postérieure, 
et la maxillaire ou dentaire inférieure. Comme elles 
suivent la même marche et qu’elles ont les mêmes 
distributions que celles des artères du même nom, 
je m’abstiendrai d’en donner ici la description. 

Des vaisseaux lymphatiques. 

On distingue deux ordres de vaisseaux lympha= 
tiques, les exhalans'etles absorbans. Jusqu’à ce jour 
on a vainement tenté de prouver l’existence des 
premiers, et surtout de constater leur origine 3 c’est 
pourquoi je ne parlerai que des absorbans. 


( 7 ° ) 

Les lymphatiques absorbans sont des conduits 
membraneux très déliés, qui prennent naissance 
de toutes les parties du corps , et qui vont se dé¬ 
boucher dans les veines, pour y verser l’humeur 
lymphatique qu’ils charient. Les lymphatiques qui 
se distribuent aux dents et aux mâchoires sont 
fournis par les vaisseaux lymphatiques profonds de 
la tête qui naissent des ganglions cervicaux, et 
accompagnent les divisions principales des artères 
carotides externes et primitives. Leur ténuité, lors¬ 
qu’ils arrivent aux mâchoires, est telle, qu’on ne 
peut en démontrer l’existence ; cependant on doit 
croire à leur présence, parce qu’on ne peut admettre 
de vitalité sans les lymphatiques. 

Des nerfs dentaires 

Les nerfs sont des organes sensitifs qui partent 
du cerveau, de la moelle alongée et de la moelle 
épinière. On les rencontre dans l’économie sous 
la forme de cordons blanchâtres, qui se répandent, 
par une quantité immense de rameaux déliés, dans 
toutes les parties du corps. Ils sont composés de petits 
filets pulpeux placés les uns à côté des autres, et 
réunis par du tissu cellulaire. La membrane com¬ 
mune qui les enveloppe est appelée névrilème. 

Les nerfs qui se distribuent aux dents et aux 
mâchoires sont fournis par la cinquième paire 



C: 7 1 ) 

cérébrale ou nerf trijumeau. Ces nerfs sont, pour la 
mâchoire supérieure, les branches dentaires supé¬ 
rieures , distinguées en antérieure et postérieure ; et 
pour la mâchoire inférieure, la branche dentaire 
formée par la terminaison du maxillaire inférieur. 

Du nerf dentaire supérieur antérieur ou 
incisif. Cette branche vient du nerf soüs-orbitaire, 
qui est la continuation du maxillaire supérieur ; 
elle pénètre par un conduit creusé dans 1’épaisseur 
de la paroi antérieure du sinus maxillaire, gagné 
les alvéoles et se distribue dans les racines des in¬ 
cisives, des canines et des petites molaires. 

Du nerf dentaire supérieur postérieur. Ce 
nerf est Une division du maxillaire supérieur. 
Il est situé au sommet de la fosse zygomatique, 
d’où il descend le long de la paroi postérieure du 
sinus maxillaire pour s’engager dans les conduits 
dentaires postérieurs , et se rendre aux grosses 
molaires. 

Du nerf dentaire inférieur. Le nerf dentaire 
inférieur est formé par la terminaison du maxillaire 
inférieur , qui prend le nom de nerf dentaire lors¬ 
qu’il est parvenu à l’orifice supérieur du canal den¬ 
taire. Ce nerf fournit, avant de pénétrer dans ce 
conduit, un rameau qui va gagner la glande maxil¬ 
laire , les muscles mylo-hyoïdien, génio-hyoïdiem 
et le ventre antérieur du digastrique. Le nerf den- 


( l 2 ) 

taire s’engage ensuite dans le canal du même nom, 
qu’il parcourt jusqu’au trou mentonnier, où il donne 
une brandie qui se continue dans le canal dentaire 
et distribue des filets aux incisives, aux canines et 
aux petites molaires ; enfin il sort par le trou men¬ 
tonnier et se répand en filets sur la face, lesquels 
se rendent aux muscles carrés du mentonau trian¬ 
gulaire des lèvres , à labouppe, à la membrane buc¬ 
cale et à la peau. Le nerf dentaire fournit, encore 
des filets aux grosses molaires. 

De la bouche. 

La boucbe est une cavité creusée dans l’épais¬ 
seur de la face et composée de six parois : une an¬ 
térieure , une postérieure , une supérieure, une 
inférieure et deux latérales. 

La paroi antérieure est formée par les lèvres, 
l’une supérieure , l’autre inférieure. Ces deux lèvres 
sont séparées par une fente transversale appelée 
ouverture antérieure de la boucbe. 

La paroi postérieure est formée supérieurement 
par le voile du palais, et inférieurement par l’isthme 
du gosier ou l’ouverture postérieure de la bouche. 

La paroi supérieure est formée parla voûte pala¬ 
tine et les dents 3 elle est partagée en deux parties 
égales par une ligne légèrement creusée, qui s’étend, 
à, partir de l’épine nasale postérieure, entre les 



( 75 ) 

deux dents incisives moyennes supérieures. A la 
partie antérieure de cette ligne on voit un petit tu¬ 
bercule où se trouve l’orifice antérieur des conduits 
palatins. Cette ligne partage la voûte palatine et les 
dents en partie gauche et en partie droite. 

La paroi inférieure est sémi-ovale ; elle est for¬ 
mée par la langue et les dents qui arment la m⬠
choire inférieure. Au-dessous et au-devant de la 
langue on rencontre un repli membraneux, nommé 
filet de cet organe, sur les côtés duquel on aper¬ 
çoit deux espèces de crêtes oblongues, produites par 
la saillie des glandes sublinguales3 et plus à l’exté¬ 
rieur on voit les orifices des conduits excréteurs 
des glandes maxillaires, ou conduits salivaires de 
Warton. 

Les parois latérales sont formées par les joues , 
à la face interne desquelles on trouve les orifices 
des conduits salivaires de la glande parotide, ap¬ 
pelés conduits de Sténon. Ces canaux membraneux 
s’ouvrent* à peu près vers la troisième dent molaire. 

Des gencives. 

Les gencives sont composées d’un tissu rouge⬠
tre , ferme et consistant, qui couvre les deux faces 
du bord alvéolaire de chaque mâchoire 3 elles en¬ 
vironnent toutes les dents, au collet desquelles elles 
adhèrent fortement, de sorte que la portion externe 



( 74 ) 

de chaque gencive s’unissant à la portion interne, 
forme autant de trous qu’il y a de dents. 

Les gencives se continuent antérieurement avec la 
membrane interne des lèvres et des joues , et pos¬ 
térieurement avec la membrane buccale et palatine. 
La nature de ce tissu membraneux est peu connue : 
on sait seulement qu’il reçoit un grand nombre de 
vaisseaux sanguins et de nerfs, et qu’il est confondu 
avec le périoste des mâchoires. Les artères des gen¬ 
cives viennent dés alvéolaires, de la maxillaire 
inférieure, de la submentale , de la sous-orbitaire, 
de la labiale et de la buccale ; les nerfs leur sont 
fournis par la portion dure de la septième paire, 
par la sous-orbitaire et le maxillaire inférieur. Les 
gencives servent à retenir et à affermir les dents 
dans leurs alvéoles. 

Des humeurs qui lubrifient la bouche. 

Les humeurs qui lubrifient la bouche sont la 
transsudation artérielle, l’humeur muqueuse secré¬ 
tée par les cryptes muqueux de labouche, et la salive, 
qui est fournie par les glandes salivaires parotides, 
sublinguales et maxillaires. Il est important de con¬ 
naître ces humeurs, parce que les dents en étant 
continuellement baignées, sont susceptibles de se 
recouvrir d’un enduit plus ou moins consistant que 
l’on appelle limon et tartre. 



( ?5 ) 

De la transsudation artérielle. La transsuda - 
tion artérielle est une humeur toute formée dans te 
sang, et qui est exsudée par les orifices béans des 
capillaires artériels, que l’on peut regarder comme 
des vaisseaux exhalans. Cette humeur et tes suivantes 
se mêlent aux alimens pendant la mastication. 

De Vhumeur muqueuse. L’humeur muqueuse 
est une sécrétion folliculaire de la membrane qui 
tapisse la bouche ; elle sert, de même que la trans¬ 
sudation artérielle, à lubrifier tes surfaces qui sont 
journellement en contact avec les susbstances ali¬ 
mentaires. Ce fluide aninaal est analogue au mu¬ 
queux végétal, et entièrement soluble dans l’eau, à 
laquelle il est, pour l’ordinaire, uni dans l’écono¬ 
mie. Il a l’aspect du blanc d’oeuf : mêlé à l’eau, il 
est visqueux, gluant, et devient mousseux par l’a¬ 
gitation ; desséché, il acquiert la transparence de la 
corne, et se dissout alors difficilement. Il difoere 
principalement du mucilage végétal, par l’ammo¬ 
niaque qu’on en retire à la distillation. 

De la salive. La salive est une liqueur écu- 
meuse, de couleur blanche, qui contient un muci¬ 
lage peu soluble dans l'eau, une petite quantité d’al¬ 
bumine, du muriate ou hydrochlorate de soude, et 
des phosphates de soude, d’ammoniaque et de chaux. 
Lorsqu’on l’agite à l’air libre, elle devient mous¬ 
seuse, en absorbant ce fluide élastique • et peu de 


( 7 6 ) 

temps après, elle se trouble et répand une odeur 
ammoniacale. 

La salive est soluble dans les acides ; et lorsqu’elle 
tient de la soude et de la potasse en dissolution, le 
muriate et les phosphates sont décomposés. Avec 
l’acide oxalique, il se forme un oxalate calcaire qui 
se précipite ; enfin le nitrate d’argent y démontre 
l’existence des acides phosphorique et muriatique 
ou hydrochlorique, en formant du phosphate et du 
muriate ou hydrochlorate d’argent. 

Quand on chauffe lentement la salive dans un vase 
ouvert, elle s’évapore et laisse un résidu glutineux 
qui, brûlé sur des charbons ardens, exhale une odeur 
de corne et d’acide prussique ou hydrocyanique. 

La salive a tant d’affinité pour l’oxigène, quelle 
oxide les métaux les plus durs, tels que l’argent, 
l’or, le platine, etc. 

On trouve souvent dans la salive du phosphate 
de chaux uni à une substance glaireuse susceptible 
de s’attacher aux dents. Cette matière, qui forme le 
tartre, est soluble dans les acides : c’est pourquoi 
il est bon de se servir de temps à autre d’acides vé¬ 
gétaux étendus dans l’eau, pour se nettoyer les dents. 

La salive est versée dans la bouche, i° par les 
conduits excréteurs des glandes parotides, appelés 
conduits de Sténon, qui s’ouvrent à la face interne 
des joues, vis-à-vis les troisièmes molaires environ. 



( 77 ) 

Ces glandes, plus considérables que les autres sali¬ 
vaires , sont situées dans l’épaisseur et aux parties 
latérales de la face, au-devant et au-dessous de l’o¬ 
reille , derrière la branche de la mâchoire inférieure j 
2° par les conduits excréteurs des glandes maxillai¬ 
res, appelés conduits de Warton , dans lesquels se 
débouchent les petits canaux excréteurs des glandes 
sublinguales. Les glandes maxillaires sont situées 
devant et au-dessous des angles de la mâchoire infé¬ 
rieure , placées chacune dans une fossette ovalaire à 
la partie inférieure de la face postérieure de la m⬠
choire inférieure. Les glandes sublinguales sont si¬ 
tuées au-dessous de la langue, logées chacune dans 
une petite fosse qui se trouve à la partie moyenne 
de la face interne de la mâchoire inférieure. 



CHAPITRE II. 


PHYSIOLOGIE DENTAIRE. 

La physiologie est une branche de l’histoire na¬ 
turelle , immédiatement liée à l’anatomie, qui traite 
de toutes les parties du corps humain, et fait con¬ 
naître quelles sont leurs fonctions dans l’état de 
santé. Je décrirai dans ce chapitre le développe¬ 
ment et le mécanisme des organes de la mastica¬ 
tion. 




( 7 « ) 

DENTITION. 

On appelle dentition ou odontophie le dévelop¬ 
pement des dents et leur apparition sur le bord libre 
des mâchoires, opérés par le travail de la nature. 

11 existe deux dentitions : la première comprend 
le développement et l’éruption des dents de lait, 
qui sont au nombre de vingt-quatre 5 la seconde , 
la formation et la sortie des dents secondaires, dont 
le nombre est de trente-deux. La première denti¬ 
tion a lieu à partir de la formation des mâchoires 
jusqu’à l’âge de six à sept ans 3 la seconde,; depuis 
sept ans jusqu’à l’âge adulte. La nature, toujours 
sage dans ses opérations , a établi deux dentitions 
chez l’homme. Ce phénomène est vraiment digne 
de l’attention de l’observateur 3 il vient sans doute 
de ce que, toutes les parties du fœtus étant pro¬ 
portionnées à la capacité de l’utérus, le nombre 
des germes dentaires existant à cette époque de 
la vie n’aurait pas été suffisant relativement aux 
dimensions que les mâchoires acquièrent dans l’âge 
adulte. 

De la formation et du développement des dents . 

Les dents, de même que les autres parties de l’é¬ 
conomie , ne peuvent être perçues par nos sens au 
moment de la conception, lès premiers rudimens 
de leur formation étant confondus dans un fluide 



( 79 ) 

gélatino-séreux que renferme une petite poche vé- 
siculeuse qui constitue l’ovule humain. 

Après la conception, toutes les parties anatomi¬ 
ques qui doivent constituer un être vivant, tel que 
l’homme, se développent graduellement 5 et ce n’est 
que vers quatre à cinq mois que les mâchoires com¬ 
mencent à prendre assez d’accroissement pour que 
le germe des dents puisse être aperçu d’une manière 
sensible. 

A cette époque de la vie , le germe des dents se 
montre sous la forme d’une pulpe gélatiniforme, la¬ 
quelle est recouverte par une membrane qui lui est 
propre, et contenue dans une petite poche membra¬ 
neuse dont sont tapissées les cavités alvéolaires, où 
les dents sont renfermées jusqu’à leur éruption. Cette 
pulpe, qui n’était qu’un fluide à son origine , se pé¬ 
nètre bientôt de vaisseaux sanguins qui y déposent 
peu à peu les matériaux propres à l’ossificatioü des 
dents 5 elle dévient alors de plus en plus consistante, 

- ensuite cartilagineuse, et enfin osseuse. 

Les vaisseaux sanguins de la pulpe dentaire lui 
donnent une teinte rougeâtre , et, à mesure qu’ils y 
apportent la substance calcaire d’où les dents tirent 
leur dureté, elle se transforme graduellement en 
cartilage : bientôt ort aperçoit au sommet de la 
couronne des pointes osseuses qui finissent par re¬ 
couvrir toute la portion externe de la pulpe ; la 



( 8o ) 

couronne est alors formée. On trouve encore à cette 
époque, dans la cavité dentaire, une partie de la 
substance pulpeuse, que certains anatomistes ont 
regardée comme nerveuse, mais qui n’est qu’une 
matière gélatineuse où rampent des vaisseaux et des 
nerfs très déliés. Lorsque les dents sont parvenues à 
leur entier développement, la substance pulpeuse 
se résorbe entièrement, et il ne reste plus dans leur 
cavité qu’une membrane très mince dans laquelle 
se ramifient les vaisseaux nourriciers ét les nerfs. 
Toutes ces parties disparaissent lorsque les orifices 
des racines des dents tendent à s’oblitérer. 

Lorsque les dents ont acquis ce premier degré de 
formation, elles deviennent de plus en plus épais¬ 
ses et dures, et se revêtent d’une substance calcaire 
blanche et friable que l’on appelle émail. Les ru- 
dimens de cette substance sont apportés par des 
vaisseaux qui pénètrent la matière osseuse, et dont 
la présence se manifeste par une teinte rosée de la 
couronne, qui s’efface quand elle est parvenue à son 
entier développement. 

Apres la naissance on trouve dans l’épaisseur des 
mâchoires les couronnes des dents de lait ossifiées. 
Des sacs membraneux, fournis par la membrane al¬ 
véolaire , les enveloppent de toute part. Ces sacs ad¬ 
hèrent , du coté de la couronne, à la gencive, et du 
cote de la racine, au fond des alvéoles. Lorsque les 



(8i) 

couronnes des dénis de lait sont entièrement dé¬ 
veloppées , la formation des racines commence ; les 
dents soulèvent alors les gencives et finissent bien¬ 
tôt par les percer en les poussant devant elles. 

Les dents semblent se former entre deux mem¬ 
branes , dont l’une, externe, leur sert de périoste, et 
l’autre, interne, de membrane médullaire qui ap¬ 
partient à la pulpe dentaire. Quand l’ossification 
des dents est terminée, elles sont composées de 
deux substances osseuses, la première, appelée émail, 
qui n’occupe que la face externe de la couronne, et 
la seconde, nommée osseuse ou éburnée, qui en 
forme le corps et la raçirie. Après que les dents ont 
fait éruption, on peut îes diviser en deux parties 
distinctes 5 savoir une portion libre ou couronne, 
visible dans la bouche, et une portion adhérente 
ou racine invisible, fixée aux alvéoles par un pé¬ 
rioste qui leur est commun avec les mâchoires. 

Les dents de la seconde dentition se forment et se 
développent de la même manière que celles de lait 5 
elles occupent l’épaisseur des mâchoires au-dessous 
des dents de la première dentition. Leurs germes ne 
peuvent s’apercevoir à la naissante ; car ils ne 
sont, pour ainsi dire, que des points rougeâtres, 
difficiles à distinguer du tissu spongieux des m⬠
choires , et que certains dentistes ont appelés em- 
brions dentaires. 


6 



( 8 2 ) 


Forme des couronnes des dents lorsqu*elles sont 
renfermées dans les mâchoires . 

(Quand on examine l’intérieur des mâchoires d’un 
foetus à terme, on y trouve des loges appelées al¬ 
véoles , contenant des vésicules membraneuses où 
sont renfermés les rudimens des dents, c’est-à-diré 
la couronne déjà ossifiée et recouverte d’une couche 
d’émail qui n’a pas encore acquis la dureté qu’elle 
doit avoir dans la suite : aussi la sépare-t-on facile¬ 
ment de la substance osseuse en la grattant avec un 
scalpel. 

Les couronnes que l’on rencontre dans ces vési¬ 
cules périostotiques Varient, quant à la formé, selon 
l’ordre des dents auxquelles elles appartiennent. 
Pour les incisives, cette forme est celle d’un coin 
à fendre dubois; pour les canines, celle d’un cône 
ou d’une pyramide quadrangulaire ; pour les petites 
molaires, celle d’un quadrilatère légèrement ar¬ 
rondi , surmonté de deux petits tubercules ; et 
pour les grosses môlaires, celle d’un quadrilatère 
surmonté de quatre tubercules. Toutes cês cou¬ 
ronnes présentent une cavité dont la forme corres¬ 
pond à celle des dents. Cette cavité est en raison 
du développement plus ou moins avancé des cou¬ 
ronnes; elle est remplie par la pulpe dentaire, 
lien est de même des dents de la seconde den- 



( 83 ) 

tition , excepté qu’elles sont plus fortes que celles 
de lait. 

Ordre selon lequel se fait le développement 
des dents. 

Les dents de la mâchoire inférieure s’ossifient 
ordinairement les premières. L’ordre d’après lequel 
les germes des dents de lait commencent à s’aper¬ 
cevoir sensiblement dans l’épaisseur des mâchoires, 
/ est le suivant : i° les dents incisives moyennes de 
la mâchoire inférieure3 2 0 celles de la mâchoire 
supérieure] 5 ° les incisives latérales inférieures] 
4° les incisives latérales supérieures] 5 ° les quatre 
petites molaires inférieures] 6° les quatre petites 
molaires supérieures. La chute de ces dents suit le 
même ordre que leur éruption. Quant aux dents de 
remplacement, elles sortent des mâchoires de la 
même manière que les dents de lait ] ensuite appa¬ 
raissent les six grosses molaires inférieures, et enfin 
celles de la mâchoire supérieure. 

Disposition des couronnes des dents dans 
Vintérieur des mâchoires. 

Avant la naissance, les mâchoires , surtout l’in¬ 
férieure , sont creusées, dans leur plus grande éten¬ 
due, par une gouttière semi-circulaire, plus longue 
que large, formée de deux portions , l’une droite 
et l’autre gauche , qui se réunissent à la partie 

6 . 



moyenne des mâchoires appelée symphyse. Cette 
gouttière, qui doit former par la suite autant de ca¬ 
vités isolées (les alvéoles) qu’il existe de dents, 
contient les follicules dentaires que j’ai dit être ren¬ 
fermés dans les vésicules membraneuses qui ne sont 
point encore séparées par les cloisons alvéolaires, 
dont on trouve à peine l’empreinte à cette époque 
de la vie. . 

A la naissance , les follicules des dents de lait, 
qui sont au nombre de dix pour chaque mâchoire, 
commencent à être séparés par des portions de 
cloisons, remarquables surtout pour les incisives 
dont la couronne est déjà ossifiée 5 les cloisons al¬ 
véolaires de la mâchoire supérieure sont générale¬ 
ment plus distinctes à la naissance que celles de 
l’inférieure. On n’aperçoit encore aucune trace des 
dents de remplacement et de complément, ou dents 
de la seconde dentition. 

A mesure que les dents de lait s’ossifient et qu elles 
tendent à faire éruption , les cloisons alvéolaires 
achè vent de se former, et l’on rencontre un sixième 
alvéole de chaque cê té des mâchoires , dans lequel 
est renfermée la première grosse molaire dont le 
travail osseux.^, ainsi que celui des dents secondai¬ 
res, est assez avancé; ces dernières sont contenues 
dans des, cavités situées au dessous des dents de la 
première dentition, pour la mâchoire inférieure, et 



( 85 ) 

au-dessus , pour la supérieure ; ces cavités doivent , 
dans la suite, former de nouveaux alvéoles qui 
subsistent j usqu’à la vieillesse. 

Lorsque les dents de lait, de même que la pre¬ 
mière de complément ou première grosse molaire , 
ont fait éruption,les dents de remplacement se dé¬ 
veloppent alors d’une manière rapide, et poussent 
devant elle les dents de la première dentition en 
faisant disparaître lés alvéoles qui les contenaient. 

Les dents secondaires, qui, à leur origine, sont 
contenues dans des sacs membraneux situés au-des¬ 
sous et pour ainsi dire dans les mêmes alvéoles que 
les dents de lait, sont au nombre de dix à chaque 
mâchoire, et placées dans l'épaisseur des os maxil¬ 
laires de la manière suivante. ' 

Mâchoire inférieure. Les incisives de rempla¬ 
cement de la mâchoire inférieure sont situées der¬ 
rière les alvéoles dès racines des dents de lait, 
qu’elles poussent en haut et en avant, lorsqu’elles 
tendent à faire éruption , et de manière à percer 
la partie supérieure de la paroi postérieure du bord 
alvéolaire, qui est très minoéj alors la chute 
des incisives de lait a lieu , et leurs alvéoles dispa¬ 
raissent. Les incisives moyennes de remplace¬ 
ment, qui se montrent les premières sur le bord 
alvéolaire, sont placées dans leur» cavités maxil¬ 
laires un peu plus haut que les incisivesdâtérales. 



( 86 ) 

Les canines, situées très bas dans l’épaisseur de la 
mâchoire inférieure, sont pour ainsi dire enclavées 
entre les incisives latérales et les premières petites 
molaires qui leur sont supérieures 5 elles font érup¬ 
tion de bas en haut et de dehors en dedans, de sorte 
qu’elles détruisent les alvéoles des dents de lait en 
les refoulant d’arrière en avant. 

Les premières petites molaires , placées au-dessus 
des canines et un peu plus bas que les incisives, 
sont moins grosses que les molaires de lait au- 
dessous desquelles elles se trouvent. Lorsqu’elles 
tendent à sortir de leurs alvéoles, elles forcent ces 
dernières à tomber en les chassant devant elles , et 
en détruisant le fond de leurs alvéoles 5 elles font 
en même temps disparaître les cavités de leurs 
racines par une pression latérale. 

Les secondes petites molaires sont presque de 
niveau avec les premières \ leur* éruption s’opère de 
la même manière. 

Mâchoire supérieure . Les incisives supérieures 
sont situées derrière les incisives de lait, quelles 
chassent en les poussant en bas et en avant, et en 
tendant à percer la paroi postérieure du bord alvéo-r 
laire; les incisives moyennes sont placées plus bas 
que les incisives latérales. Ces dents croissent, de 
même que les autres dents de cette mâchoire, de 
haut en bas. 



f 87 ) 

Les canines sont situées beaucoup plus haut que 
les incisives latérales et les petites molaires, entre 
lesquelles elles sont enclavées. 

Les petites molaires, placées un peu plus haut 
que les incisives , mais beaucoup plus bas que les 
canines, font leur éruption comme les petites mo¬ 
laires inférieures. 

Je dois rappeler ici que les canines de là mâchoire 
inférieure se trouvent situées beaucoup plus bas 
que les autres dents de* cet organe osseux, tandis 
que les canines supérieures le sont beaucoup plus 
haut que les autres dents de la mâchoire supérieure, 
dont elles occupent une partie des apophyses mon¬ 
tantes. 

Pendant le temps que s’opère l’éruption des dents 
de la première dentition, les premières grosses mo¬ 
laires, qui paraissent avant le renouvellement des 
dents de lait pour rester jusqu’à la vieillesse, se 
développent d’une manière sensible : d’après leur 
volume, jelles occupent un plus grand espace dans 
les mâchoires que les dents précédentes. 

A mesure que les dents de la seconde dentition 
ont fait éruption, on voit s’opérer le développement 
des deuxièmes grosses mol aires de chaque mâchoire, 
à peu près de niveau avec les premières ; bientôt 
celui des troisièmes et dernières grosses molaires se 
fait sentir. 



( 88 ) 

Les racines des dents ne se forment qu’au furet 
à mesure que leur couronne fait éruption à travers 
les gencives. 

Les dents de lait, à l’exception des petites mo¬ 
laires, étant plus petites que les dents de rempla¬ 
cement , leurs alvéoles sont aussi moins grands. Il 
résulte de là que, pour la mâchoire inférieure, l’in¬ 
cisive .moyenne de remplacement se trouve en rap¬ 
port direct avec la cavité alvéolaire de la pre¬ 
mière incisive de 3 a.it , ainsi qu’avec la cloison qui la 
sépare de la seconde; que l’incisive latérale occupe 
un espace correspondant à la cavité alvéolaire de 
f incisive latérale de lait, à celle de la canine et à la 
cloison qui sépare cette dernière de la première; 
que la canine de remplacement répond à lacloison 
qui sépare la canine de lait de la première, petite 
molaire, ainsi qu’à une portion de sa cavité alvéo¬ 
laire. Quant aux dents petites molaires de rempla¬ 
cement, elles correspondent immédiatement. au- 
dessous du corps des petites molaires de lait, dont 
elles percent le fond des alyéoles qui les contiennent. 

On voit d’après la disposition de ces dents que 
les incisives el les canines de lait sont pressées 
d’arrière en avant par celles de remplacement qui 
les chassent de leurs alyéoles ; au,lieu que les petites 
molaires sont directement poussées en, haut ou en 
bas, selon qu’elles appartiennent à la mâchoire 




( 8 9 ) 

supérieure ou à la mâchoire inférieure. Il n’est point 
étonnant ? d’après ces, divers genres de pression, de 
voir les dents de lait rester si souvent sur le bord 
libre des mâchoires et former une double rangée, 
lorsqu’on n’a point eu la précaution de les arracher. 
Quant aux petites molaires de lait, si elles restent 
sur les bords alvéolaires , c’est que leurs racines se 
. trouvent pressées latéralement par la couronne des 
dents de remplacement qui est située entre elles. 

La disposition des dents de la mâchoire supé¬ 
rieure est à peu près la même, par rapport aux 
dents de Jait, que pour celles de la mâchoire infé¬ 
rieure. On doit cependant, en excepter les incisives, 
qui se dirigent plus obliquement d’arrière en avant j 
d’où il arrive que, si elles rencontrent; un obstacle 
dans leur progression, elles. tendent à descendre 
perpendiculairement, et apercer la voûte palatine, 
comme on en voit des exemples. 

De Véruption, des dents. 

: lorsque les dents, dont il n’existe à l’origine que 
la couronne;, tendent à sortir de leurs alvéoles, elles 
poussent devant elles, la membrane gencive y qu’elles 
usent et finissent par ; percer. Li’érùptiom est d’au¬ 
tant plus facile, que les gencives ofirént moins? de 
résistance,;Oriestprévénude leur prochaine appari¬ 
tion parla blancheur des gencivés, et les saillies que 



( 9 ° ) 

forme la couronne de ces corps osseux. Lorsqu’elles 
commencent à percer les gencives , on n’aperçoit 
d’abord que les aspérités ou tubercules, qui, à cette 
époque sont très aigus ; bientôt la gencive est en¬ 
tièrement détruite, et les dents sortent au fur et 
à mesure de leurs alvéoles jusqu’à leur collet. Pen¬ 
dant ce temps, les racines se forment petit à petit, 
■et-ne parviennent à leur .entier développement que 
lorsque les couronnes des dents occupent dans la 
boucbe l’espace qu’elles doivent conserver jusqu’à 
la vieillesse. 

Comme il existe deux dentitions, il y a par con¬ 
séquent deux éruptions à considérer. La première 
comprend les dents de lait ou de l’enfance ; elles 
ont été nommées ainsi parce qu elles se développent 
pendant la lactation , et qu’elles servent à la mas¬ 
tication jusqu’à l’époque de sept ans et plus. La 
seconde éruption comprend les dents de l’adulte;, 
qui restent jusqu’à la vieillesse. 

Les dents de la première dentition sont au nombre 
de vingt, dix à chaque mâchoire; savoir, huit in- * 
cisives, quatre canines et huit petites molaires. 

D’après l’ordre établi par les physiologistes, 
l’éruption des dents commence ordinairement par 
la mâchoire inférieure, et suit la marche suivante : 
i° les incisives moyennes de la mâchoire inférieure; 
a° celles de la mâchoire supérieure ; 5° les inci- 



( 9 1 ) 

sives latérales inférieures, puis les supérieures ; A? les 
canines inférieures, qui sont suivies des supérieures 3 
5° enfin les petites molaires inférieures et supérieures 
qui complètent la seconde dentition. 

Une observation digne de remarque quant aux 
canines, c’est qu’elles ne font très souvent éruption 
qu’après les petites molaires. Ce phénomène dépend 
sans doute de la difficulté qu’elles éprouvent pour 
sortir de leurs alvéoles, par la raison qu’elles se 
trouvent situées très profondément dans l’épaisseur 
des mâchoires, où elles sont enclavées entre les 
incisives et les molaires: aussi doit-on s’étonner, 
d’après cette situation , qu’il ne survienne pas 
d’accidens plus fréquens pendant le travail de la 
dentition. 

Les dents de la seconde dentition sont en plus 
grand nombre que celles de lait j ; on en compte 
trente-deux : savoir , vingt de remplacement, et 
douze de complément. J’appelle dents de rempla¬ 
cement celles qui correspondent aux dents de lait : 
telles sont les incisives, les canines et les'petites 
molaires, auxquelles font place les dents de lait, après 
avoir été expulsées de leurs alvéoles. Celles que je 
nomme de complément sont les grosses molaires, 
dont le développement n’a lieu qu après les dents 
de remplacement, pour achever de garnir les m⬠
choires : ces dernières prennent d’autant plus d’ac- 



( 9 2 ) 

croissèment, que le travail dentaire fait plus de 
progrès. 

L'éruption des dents de remplacement suit le 
même ordre que celle des dents de lait, qui tom¬ 
bent au fur et à mesure que les premières tendent 
à sortir de leurs alvéoles. 

Les dents de complément sont au nombre de 
douze j six à chaque mâchoire, trois de chaque côté: 
on les distingue par les noms numériques de pre¬ 
mières , secondes et troisièmes. 

Les premières grosses molaires, improprement 
.nommées dents de lait , peuvent s’appeler avec plus 
de raison dents permanentes de l’enfance, parce 
quelles restent jusqu’à la vieillesse. Celles de la 
mâchoire inférieure sortent les premières de 
leurs cavités alvéolaires, "mais avant le renouvel¬ 
lement des vingt dents de lait; elles sont peu de 
temps après; suivies de celles de la mâchoire supé¬ 
rieure. 

A près le renouvellement des dents de la seconde 
dentition apparaissent les secondes grosses molaires 
de la mâchoire inférieure , qui précèdent celles de 
de la supérieure. À une époque plus ou moins re¬ 
culée de la puberté, sortent les troisièmes et der¬ 
nières grosses molaires de la mâchoire inférieure , 
qui sont suivies dés grosses ^molaires supérieures 
-lesquelles forment le complément de la seconde 



( 93 ) 

dentition : ces dernières grosses molaires sont ap¬ 
pelées dents de sagesse. 

D’après ce qui Vient d’être dit, on pourrait croire 
que l’éruption des dents suit une marche constante y 
mais rien au contraire ne présente plus de variété : 
sur un très grand nombre d’enfans soumis à mon 
examen , je n’ai jamais vu les dents sortir de leurs 
alvéoles dans l’ordre exact indiqué ci-dessus. 

De l’âgé oh les dents font éruption. 

Les différentes époques de la vie où les dents font 
éruption sont si incertaines , qu’il est impossible de 
pouvoir les préciser. J’admettrai cependant comme 
époques directes celles où leur apparition a lieu le 
plus ordinairement. 

La nature est parfois très bizarre dans sa marche : 
on cite des enfans nés avec des dents , témoin Louis 
xiv, le protecteur des arts , qui vint au monde avec 
deux dents incisives : d’autres au contraire n’en ont 
que très tard; mais ces cas sont fort rares. L'érup¬ 
tion des dents commence généralement entre le 
sixième et le quatorzième mois ; celles qui parais¬ 
sent alors sont les incisives et les canines. 

• Du quatorzième mois à deux ans se montrent 
les petites molaires, qui élèvent le nombre des dents 
à vingt-deux ; c’est le complément de la première 
dentition. 



t 94 ) 

De quatre à cinq ans sortent les premières grosses 
molaires, qui, avec les dents de lait, forment vingt- 
quatre dents pelles complètent la dentition de l’en¬ 
fance. 

Entre six et sept ans, les vingt dents de lait com¬ 
mencent à tomber les unes après les autres, en sui¬ 
vant l’ordre dans lequel elles sont venues. Ces dents 
sont remplacées par celles de la seconde dentition 
ou de remplacement. 

Le renouvellement des dents de lait est terminé 
à l’âge de huit à neuf ans, époque à laquelle on voit 
sortir les secondes grosses molaires, qui donnent 
vingt-huit dents. 

Enfin, à partir de l’âge de seize ans, paraissent sur 
les bords alvéolaires les dernières molaires ou dents 
de sagesse, qui achèvent la dentition. Les dents, 
alors au nombre de trente-deux, restent jusqu’à la 
vieillesse, à moins qu’une cause accidentelle ne les 
fasse tomber prématurément. 

j Du développement des racines des dents. 

Les dents sont composées de deux parties, qui se 
développent l’une après l’autre : la première, qu’on 
appelle couronne, se forme dans l’intérieur des m⬠
choires avant de faire éruption ; et la seconde, qui 
est la racine, se forme de même dans l’épaisseur des 



( 9 5 .) 

os maxillaires, mais pendant et après l’éruption de 
la couronne. 

J’ai déjà dit que , lorsque les dents étaient sur lè 
point de sortir de leurs bords alvéolaires , leurs 
couronnes étaient entièrement formées et composées 
de deux substances dures, l’une appelée émail, et 
l’autre éburnée ; qu’en outre elles étaient creusées 
par une cavité que remplit la pulpe dentaire , dans 
laquelle rampent les nerfs et les vaisseaux qui leur 
donnent la vitalité. C’est alors que le développe¬ 
ment des racines commencé à s’effectuer de la ma¬ 
nière suivante. 

A cette époque de la dentition, les couronnes des 
dents sont situées si près du nerf dentaire, que la 
substance pulpeuse dont leurs cavités sont remplies 
le touche pour ainsi dire immédiatement ; à me¬ 
sure qu’elles s’en éloignent , la substance éburnée, 
qui était de niveau avec l’émail, s’alonge sous la 
forme d’une lame osseuse très mince, pour achever 
la formation du corps des dents d’où partent les 
racines. 

Lorsque les dents n’ont qu’une racine, la por¬ 
tion éburnée qui doit la produire s’alonge en se 
rétrécissant insensiblement de la base à son sommet. 
Pour les dents à plusieurs racines, la substance 
éburnée du corps, qui est très mince, se replie vers 
son centre sous la forme de languettes osseuses, 



( 96 ) 

lesquelles finissent par se toucher et se réunir : 
lorsque ces languettes sont soudées, elles laissent 
deux écartemens, qui sont les orifices internes des 
racines, auxquelles ils donnent naissance en s’a- 
longeant. Ces orifices sont séparés par une rainure 
formant le premier rudimeut de l’espace ou écarte¬ 
ment qu’on remarque entre les racines des dents, 
quand elles sont entièrement développées et quelles 
n’ont que deux racines. Si les dents ont plus de deux 
racines, telles que lès grosses molaires où l’on en 
trouve quelquefois jusquà cinq, chaque orifice ra¬ 
dical se rapproche et se soude vers sa partie moyen¬ 
ne, dé manière à former deux ouvertures d’où par¬ 
tent les racines, dé même que pour les dents qui. 
n’en ont que deux ; elles sont seulement plus pe¬ 
tites. Il résulte de là que, quand les dents n’ont 
que deux racines, celles-ci sont à peu près égales 
en grosseur y lorsqu’elles en Ont trois, il y en a 
une plus grosse que les attires ; et quand il y en a 
quatre ou cinq, elles sont très petites : en général, 
plus les racines se multiplient, moins elles sont 
grosses. 

Tant que les dents ne sont pas entièrement for¬ 
mées,Tes parois des racines restent très minces et 
largémént creusées : ce n’est qu’après leur entier 
développement qu’elles s’épaississent à l’intérieur, 
et que leur cavité sé réduit au volume d’un tube 



i 97 X 

capillaire, qui finit par s’oblitérer. L’extrémité dü 
corps se rétrécit aussi, mais moins que lé canal qui 
parcourt les racines. 

Chute naturelle des dents. 

La chute des dents de lait s’effectue dans le même 
ordre que celui de leur éruption 5 elle est détermi¬ 
née par le développement des dents de la seconde 
dentition. 

Lorsque l’enfant est parvenu à l’âgé dé six J i sept 
ans, les incisives moyennes infériè'üiës, qui sont 
bientôt suivies des supérieures, abandonnent léuxs 
alvéoles} viennent ensuite les inéiëivës ffiëralésifi^ 
férieures y èt, après elles , les incisives supérieures. 

La chute; des canines, qui peut arriver apres celle 
des incisives , n’a lleit lé piUs séu^éSît’ quê lorsque 
les petites molaires sent tombées. Le phénomène 
provient sans* doute de la situation dèiü canines Sé-^ 
eondaires qui sont pour ainsi dire enclavées entre 
les incisives êf les petites; molàires. Les peiïtès mo¬ 
laires de Mt, étantplùSîgrOssës 1 que les Sécôndâires , 
mettenfesU^utobstaêleàlapOUs^îd'eFèaiiihëSsê- 
eondaires, et par cette raison^ la chuté dés dénlîs 
de la première dentition. 

Dans la‘ vieillesse ,' les dettts quittent leurs al¬ 
véoles par cause de décrépitude ou inertie de partie; 
elles commencent d’abord par sfe' déchausser, èn- 

7 



C 98 ) 

suite vaciller, et enfin tomber. Dans cet état, 
elles semblent s’alonger 5 mais cette apparence 
est due à ce que les alvéoles reviennent insensi¬ 
blement sur eux-mêmes à mesure que les dents 
chancellent. 

Différences entre les dents de la première 
dentition et celles de la seconde . 

Les dents de lait diffèrent des dents secondaires 
par leur volume et par leur forme. 

Les incisives et les canines de la première denti¬ 
tion n’offrent de variété avec celles de la seconde 
que par leur volume. 

Les petites molaires de lait diffèrent essentielle¬ 
ment des ; petites . molaires , de remplacement. Elles 
sont plus grosses, et ^affectent la forme des grosses 
molaires ,J auxquelles elles : ressemblent parfaite¬ 
ment , excepté qu’elles sont: plus petites. La figure 
de ces dents est à peu près quadrilatère 3 leur som¬ 
met est surmonté ; de quatre tubercules,, et leurs 
racines sont au nombre de trois pour celles de la 
mâchoire supérieure , et de deux pour celles de l’in¬ 
férieure. La première de ces molaires est plus pe¬ 
tite que la seconde. : : 

Les petites molaires de la seconde dentition sont 
moins grosses que celles;de la première y elles n’ont 
a leur sommet que deux tubercules, et leur racine 



( 99 ) 

est unique où double. Ces dents sont à peu près 
égales en grosseur. ' 

Dans l’ënfarieé, âge où 5 ; les mâchoires sont ; dé¬ 
pourvues de grosses môlaires, il était- nécessaire y 
pour que les alimens fussent broyés convenable¬ 
ment, que les petites molaires ressemblassent aux 
grosses molaires de l’adulte. 

-Les dents de lait sont beaucoup plus friables que 
les dents secondaires, et tombent souvent avant 
que leurs racines soient entierèmènt développées \ 
alors on aperçoit au sommet de cés dernières Une 
espèce d’échancrure évasée. Certains praticiens ont 
prétendu que ce ^phénomène vient de Fusure du 5 
sommet des racines, produite-par le frottement dés 
dents secondaires , ou bien d’une espèce de résorpi- 
tion qui s’opère pendant le travail de la dentition. 
Je croirais plutôt devoir en attribuer la cause à ce 
que la nutrition des dents de lait né se fait qu’im- 
parfaitement, et qu’elles sont arrêtées dans ; leur 
développement, lorsque les dents secondaires^ ten¬ 
dent à faire éruption : leur friabilité provient sans 
doute du défaut de nutrition ; ce qui les rend sus¬ 
ceptibles de se carier et de se nécroser. 

Texture. et composition chimique des dents» 

Les dents sont composées de deux substances 
distinctes j l’une, appelée éburùée, qui en forme le 
. 7- 



C -10° ) 

corps ©Lia racine ; et l’autre, émaillée, qui recouvre la 
surface externe de leurs couronnes, telle qu’une cou¬ 
che de cire qu’on y aurait étendue en l’amincissant 
insensiblement depuis le sommet jusqu’au collet. 

L.a ; substance osseuse ou éburnée est d’une cou¬ 
leur jaunâtre) elle diffère des autres.os ; par la dureté 
de son tissu, sur lequel agissent très.faiblement.les 
instrumens tranchans : aussi les dents résistent-elles 
pendant un laps de temps considérable aux causes 
qui amènent la destruction des autres parties os¬ 
seuses du corps humain. 

La substance émaillée est blanche et très dure; 
elle est , ainsi que-la substance éburnée , composée 
de phosphate et; de carbonate calcaires contenus 
dans un tissu fibreux beaucoup plus fin que celui de 
la dernière substance,.ce qui la rend plus friable. 

Lorsque. des-dents sont mises en macération dans 
l’acide nitrique affaibli , les sels calcaires se -séparent 
de la portion'fibreuse ; et, au moyen d une analyse 
chimique, on trouve dans l’eau de macération le 
phosphate et le carbonate calcaires. 

Articulations des dents avec les mâchoires. 

L’articulation des dents avec les mâchoires est 
une gomphose qui résulte de ce que leurs racines, 
par, leur forme pivotante,. sont reçues dans des ca¬ 
vités, nommées. alvéoles-,, où elles se: trouvent cm- 


C *01 ) 

brassées de toute part. La figiire conique dés racines , 
en leur faisant toucher les parois alvéolaires de façon 
que tous les points de leur étendue supportent l’ef¬ 
fort produit par les corps placés entre les arcades 
dentaires / modifie la force de pression , qui, autre¬ 
ment, agirait d’une manière trop directe sur le fond 
des alvéoles. 

Ce mode d’articulation empêche que les dents ne 
puissent par elles-mêmes faire aucun mouvement, 
en les tenant fortement fixées sur les mâchoires: 
aussi ne doit-on les considérer que comme des ins- 
trumens Iranchâns et contondans, qui servent à 
diviser les substances alimentaires lorsqu’on fait 
mouvoir les mâcho ires. 

Les dents sont en outre maintenues dans leur 
situation naturelle par la membrane gencive qui 
s’attache autour de leur colletd’où l’on 'peut les 
regarder Cômmé formées de deux parties distinctes ; 
l’une libre, qui opère la mastication (la couronne ) ? 
et l’autre adhérente, qui leur sert de point d’appui 
et de point fixe (la racine). 

De Vengrènement des dents. 

Les dents du bord alvéolaire de chaque m⬠
choire forment deux arcades , Inné supérieure 
l’autre inférieure;elles décrivent chacune un deitfi- 
Ovale dont la convexité est tournée en aYatfl, tet 


' ( 102 ) 
la concavité en arrière. La réunion de ces deux 
portions d’ovale produit un ovale entier, qui se replie 
sur lui-même à l’instar d’une charnière. Chaque 
arcade dentaire présente une portion .moyenne 
mince et tranchante vers son bord libre, qui est 
tournée en bas pour la mâchoire supérieure, et en 
haut pour la mâchoire inférieure ; et deux portions 
latérales et postérieures qui sont larges et épaisses. 
La première portion est formée par les incisives et 
les canines , et les deux, autres par les molaires. 

Lorsque la bouche est fermée, les dents s’entre¬ 
touchent de manière que les incisives et les canines 
supérieures passent devant , les inférieuresglis¬ 
sent les unes sur les autres, et ne s’appuient que 
légèrement. Les molaires , qui sont surmontées de 
tubercules séparés par des rainures transversales,, 
savoir, deux pour les petites , molaires et quatre 
pour les grosses, se; rencontrent de telle sorte, que 
les tubercules externes, des molaires supérieures 
passent deyant; ceux des molaires inférieures, tandis 
que les tubercules internes appuient sur la, rai¬ 
nure qui sépare ceux des molaires inférieures. L’in¬ 
verse de cette disposition a lieu pour la mâchoire 
inférieure, c’est-à-dire que les molaires Croisent 
en ; dedans les tubercules internes , de la. mâchoire 
supérieure. Il résulte de là que toutes ,les clents su,- 
j périeures croisent la direction de toutes les infé- 



C io3 ) 

rieures en dehors , et vice versa pour l’arcade den¬ 
taire inférieure. 

Les dents de la mâchoire supérieure et celles de 
l’inférieure se correspondent chacune de la ma¬ 
nière suivante , lorsque les arcades dentaires se 
rencontrent ,: les incisives moyennes supérieures 
passent devant les incisives moyennes et la moitié 
des incisives latérales inférieures ; les incisives 
latérales supérieures répondent à la moitié des 
incisives latérales inférieures et à la moitié des 
canines; les canines supérieures passent devant 
la moitié des canines et des premières petites 
molaires inférieures ; les premières petites molai¬ 
res supérieures correspondent à une partie des pre¬ 
mières molaires inférieures et à la plus grande par¬ 
tie des secondes, sur lesquelles elles appuient; les 
deuxièmes petites molaires supérieures répondent, 
à une portion des: secondés inférieures et à la moi¬ 
tié environ des premières; grosses molaires ; lés pre¬ 
mières grosses molaires supérieures , au-k premières 
et aux secondes grosses molaires inférieures ; les 
secondés grosses molaire^ supérieures, aux secondes 
et aux troisièmes inférieures ; enfin'les troisièmes 
grosses molaires supérieures , aux dernières grosses 
molaires inférieures, qu’elles dépassent plus ou 
moins en arrière.. L’engrènemënt des dents de lait 
se fait, à peu de chose près , de la même manière. 





( so4 ) 

Il était nécessaire que les dents s’engrènassent ainsi, 
afin de faciliter la section et la trituration des subs - 
tances alimentaires. 

Je prie le lecteur de faire attention que je ne parle 
ici que de l’arrangement, des dents que l’on-observe 
le plus généralement dans la nature., laissant de 
coté les çxceptions, qui, loi» de détruire la règle 
générale , ne,servent au contraire qu’à la confirmer. 
Ç’est ce dont l’élève doit bien se pénétrer en étudiant 
toid ce , qui a rapport à l’art du dentiste. 

Usage des dents. 

Les dents ne contribuent, jars seulement à L’orne- 
ment de la bouche et du visage ; elles servent encore 
à la prononciation;, et à empêcher la salive de cou¬ 
ler sur les lèvres àniesiire quelle est secrétée par lés 
glandes salivaires.: Leur usage principal est d’exéé 
cuter la mastication des alimens^ Ionctiondigcslivc 
qu’il nous importe de biçn connaître, et que je dé¬ 
crirai per, la suites ! 

Remarques relatives à la nature des dents .... 

, Lç^-: dents sont. des organes, tenant de la nature 
des os.par les^bOspbatesüet les caTbouates calcaires 
qui entrent dans leur texture et dans leur compo¬ 
sition chimique*: mais elles en difïèrent essentielle- 
ment : par leur tissu I, leur substance fibreuse qui 




( io5 ) 

contient les sels calcaires, leur développement, 
leur mode de vitalité, ainsi que par leurs usages. 

Les dents sont composées de deux parties, dont 
l’une est tout-à-fait différente de l’autre. La pre¬ 
mière, appelée éburnée, est très dure et jaunâtre ; 
la seconde, connue sous le nom d’émail, est plus 
dure encore et blanche, et noccupe que la face 
externe de la couronne. Quant au tissu fibreux, il 
est plus dense et plus serré que celui des autres os, 
ce qui lui donne l’apparence d’un cartilage lorsqu’il 
a été macéré dans un acide affaibli. 

Le développement des dents suit une autre 
marche que celui des os; elles commencent d’abord 
à se former dans des cavités osseuses ( les alvéoles ), 
puis elles percent des parties molles (les gencives) 
pour former les arcades dentaires, et ne finissent 
leur éruption que lorsque leur couronne est entière¬ 
ment formée. A cette époque elles ont acquis le 
volume qu’elles doivent conserver après leur sortie 
des mâchoires. Lés rudimens des racines n’appa¬ 
raissent qu après et pendant l’éruption des cou¬ 
ronnes : ce qui constitue deux temps pour la for¬ 
mation entière des dents; le premier, qui comprend 
celle de la couronne; et le second, celle de la racine. 

L’articulation des dents j qui a lieu par gomphose, 
est la seule que l’on rencontre d’une manière aussi 
marquée dans F écopiomiè. ;. : • ■ ' 



(.io6 ) 

Le mode de vitalité des dents différé surtout de 
celui des autres os, par les nerfs volumineux qui 
s’y distribuent: aussi jouissent celles d’une très 
grande sensibilité lorsqu’elles sont en contact avec 
le froid ou le chaud j ces nerfs, accompagnés de 
vaisseaux, pénètrent dans les cavités dentaires, qui 
sont dépourvues de moelle et tapissées par une 
membrane fibreuse dans laquelle ils se ramifient. 
Elles ne s’exfolient point comme lés autres os à 
l’air libre , quand même l’émail serait usé. Lés corps 
extérieurs, à l’exception des acides, ont sur elles 
très peu d’action. Après la mort , elles résistent 
plus long-temps aux causes susceptibles d’amener la 
destruction dés débris humains. 

Les : usages des dents sont bien opposés à ceux 
des autres os, et servent particulièrement à la 
mastication, à la prononciation, etc, 

Observations sur le développement des m⬠
choires pendant le travail de la. dentition. 

Les mâchoires sont formées avant les germes 
dentaires, ou du moins ces derniers ne sont per¬ 
ceptibles à nos r sens que lorsque les mâchoires sont 
parvenues a un certain, degré d’ossification. 

A- la naissance, les mâchoires sont dépourvues 
de dents, et se touchent immédiatement. La courbe 
formée par le corps de la mâchoire inférieure affecte 


( 107 ) 

à cette époque de la vie une sorte d’angle dont le 
sommet est tourné en avant, où il. détermine, vers 
la symphyse du menton , une saillie remarquable : 
ses condyles sont situés au-dessous des apophyses 
coronoïdes, au-dessus des angles inférieurs, et diri¬ 
gés en arrière, de manière à se trouver presque de 
niveau avec le bord alvéolaire. 

Après la naissance, les maxillaires présentent 
une conformation toute différente de celle qu’ils 
doivent avoir par la suite ; ils ont une très petite 
étendue, et achèvent leur développement avec 
celui des dents. Les parties les plus remarquables 
des maxillaires pendant la dentition sont , pour 
l’inférieur, les condyles,; les angles et les apophyses 
coronoïdes, et pour les supérieurs, les apophyses 
montantes et les sinus. 

A mesure que les dents se développent et font 
éruption, les condyles de la mâchoire inférieure se 
redressent sur son corps, les branches commencent 
à devenir apparentes, et forment un angle très 
obtus : enfin lorsque la dentition est terminée , ces 
branches se rapprochent de l’angle droit, et les 
condyles sont, à peu de chose près, à la même hau¬ 
teur que les apophyses coronoïdes. 

Les maxillaires supérieurs, au terme de la con¬ 
ception, n’existent en quelque sorte que par. leur 
bord alvéolaire et leur. apophyse montante : : oh 


( io8 ) 

aperçoit à peine la trace des sinus maxillaires. C©, 
n’est que pendant que s’opère le travail dentaire • 
que ces os acquièrent une étendue considérable, et 
que la capacité des sinus augmente. 

De Vusure des dents, et de l’âge approximatif 
qu on peut en conjecturer. 

Lorsque les dents ont fait éruption et qu’elles ont 
formé les areades dentaires , elles restent sur les 
mâchoires jusqu’à la vieillesse, à moins qu’une cause 
accidentelle n’en produise la destruction. 

Après leur éruption, les dents sont ordinairement 
d’un blanc perlé 5 leurs couronnes sont surmontées, 
pour les canines et les molaires, de tubercules aigus 
et tranchans qui s’engrènent exactement pour di¬ 
viser les alimens ; les canines n’ont qu’un tubercule, 
les petites molaires deux , et les grosses quatre. Le 
sommet des incisives est droit et présente des petites 
pointes aigues. 

A mesure que le sujet avance en âge , le sommet 
des couronnes s’use par le frottement, et les tuber¬ 
cules finissent alors par disparaître. L’usure com¬ 
plète des dents chez le cheval leur fait donner , 
dans l’art vétérinaire, le nom de dents rasées: ou 
dit al ors que le cheval a rasé, c’est-à-dire qu’il ne 
marque plus pour l’âge, Le même phénomène ayant 
lieu chez l’homme, on peut reconnaître approxima- 



( m ) 

iivement son âge au degré d’usure des dents. Il est 
à remarquer que le développement et la conforma¬ 
tion; des mâchoires peuvent aussi servir à ce dia¬ 
gnostic. On s’imaginerait, au premier abord, que 
la connaissance de l’âge par ce moyen est une chose 
peu utile et de pure; curiosité; cependant il y a 
certains points de médecine légale où l’on est obligé 
de prononcer sur l’âge des individus morts ou vi- 
vans, et qu’on ma pu résoudre faute de la connais¬ 
sance la plus, exacte possible de l’usure des dents. 

Avec le temps l’émail s’use insensiblement j us- 
qu’à la substanceéburnée, qui remplit alors les fonc¬ 
tions masticatoires jusqu’à Fen±ière destruction des 
dents. Plus les sujets sont: jeunes;, plus l’émail ré¬ 
siste auxfrottemens,parce que, dans la jeunesse, les 
vaisseaux et les nerfs qui; set distribuent : dans les 
cavités dentaires en pénètrent encore le tissu, et 
donnent aux dents une; grande vitalité : on prétend 
même qu'à; cette époque: de la vie L’émail est suscep¬ 
tible; de; se régénérer. Chez ceux au contraire qui 
s’éloignent de la jeunesse, les dents perdent de leur 
vitalité par; l’oblitération des vaisseaux et l’anéan¬ 
tissement des nerfs: dentaires ; elles deviennent alors 
plus friables, et par conséquent très faciles à s’user, 
surtout chez: les vieillards , ou: les sels calcaires 
abondent. Les dentsidelamâchoireinférieure^usent 
plus: promptement que celles de. la mâchoire; supé- 



(no ) 

rieure, parce que le corps qui frappe s’use toujours 
plus que le corps qui est frappé. Je fais ici abstrac¬ 
tion des causes accidentelles de l’usurè;des dents, 
telle que la pipe chez les fumeurs, etc. ; 

C’est toujours par leur sommet que le§ dents 
commencent à s’user. L’usure des incisives supé¬ 
rieures se fait en sens inverse de celle des infé¬ 
rieures ; c’est-à-dire que, pour les supérieures, c’est 
la table interne' ou postérieure, et, pour les infé¬ 
rieures, la table externe ou antérieure. II en lest de 
même des canines. Quant aux molaires, à mesure 
que les tubercules qui les surmontent disparaissent, 
leur sommet s’aplanit à: un tel; point :, que les ali- 
niens sont - plutôt pressés que divisés pendant la 
mastication. • _ 

Pour ce: qui regardela mamièrede reconnaître Page 
à l’usure dés dents, je me bornerai à rassembler ici 
différons phénomènes naturels, d’après lesquels on 
peut reconnaître dnne manière approximative 
l’âge des. individus ; conseillant aux, chirurgiens 
dentistes de recueillir à ce sujet lé plus d’observa¬ 
tions possibles, - attendu, qu’elles : pourront par ; la 
suite être d’iine grande utilité pour la médecine 
légale, /: yjj'. ■ . V ; 1 jrrMuv :• • ; . ; t. 

Les' mâchoires du fœtus ne contiennent que des 
follicules membraneux renfermés dans des petites 
poches vésiculeuses. Celles du fœtus à terme con- 




( uO 

tiennent les germes des dents de lait, dont les inci¬ 
sives et les canines sont légèrement ossifiées. 

Depuis la naissan ee jusqu’à six mois , on pourra 
reconnaître I:âge d’après le degré plus ou moins 
avancé de l’ossification des dents de la première den¬ 
tition , dont les incisives sont sur le point de faire 
éruption. : ; ; 

Du sixième au quatorzième mois , on jugera de 
l’âge d’après la sortie successive des dents incisives, 
canines et petites molairesce qui complète le nom¬ 
bre de vingt dents, qui reste le même jusqu’à quatre 
ans. On peut encore ^ depuis le quatorzième mois 
jusqu’à quatre ans, tirer des inductions du dévé* 
lpppement des dents secondaires et des premières 
grosses molaires. 

Entre quatre et cinq ans apparaissent les pre¬ 
mières grosses molaires' ^ lèsquèlles dëmeürent jus¬ 
qu’à la vieillesse, et achèvent la série des dents de 
l’enfance. On pourrait aussi obtenjr une apprécia¬ 
tion approximative de l’âge entre; çinq ; et sept ans , 
par les progrès de l’ossification des dents de rempla¬ 
cement et des deux dernières grosses molaires. 

Le renouvellement des dents de lait" s’opère de 
sept à huit ans y, Les, secondes grosses molaires ap¬ 
paraissent ordinairement de huit à neuf. La seconde 
dentition , qui est alors achevée, porte le .nombre 
des dents à vingt-huitji et il n’en paraît plus après 



( 113 ) 

la puberté que quatre grosses appelées de sagesse ; 
ce qui donne trente-deux dents, c’est-à-dire le com¬ 
plément des dents de l’adulte. À partir de la pu¬ 
berté jusqu’à la vieillesse, l’usure plus ou moins 
avancée des dents fera reconnaître à peu près l’âge 
du sujet ; leur alongèment et leur vacillement sur 
les bords alvéolaires caractérisent la vieillesse. Enfin 
la décrépitude se reconnaît à l'absence totale des 
dents, à l’oblitération des alvéolés, à Famincisse- 
ment des bords alvéolaires et à la dureté de la mem¬ 
brane gencive qui les recouvre èt y adhère forte¬ 
ment. D’après ce que je viens de dire, on doit voir 
combien est importante la Connaissance parfaite des 
dents; j puisque c’est elle qui nous aide à distinguer 
les principales époques de la vie. 

BU MÉCANISME DES ORGANES MASTICAT.EU.RSi 

H J’entends par lé mécanisme des organes masti- 

eateurs les moüVemens des mâchoires, et la divi¬ 
sion dès corps placés entre lés arcades dentaires; 
exécutée par la contraction des muscles. 

ConsijçlércçtiQnsgénémiçs,suri&bouche* 

L’agrément delâr physionomie 1 résulte dé l’har¬ 
monie des traits du visage, et de la concordance 
dès organes qui appartiennent à la tête* Au nombre 
dé ceux-ci se trouve la bouche, qui a trait à 



- ( n 3 ) 

mon sujet ^ et sur laquelle je vais donner quelques 
détails. 

La bouché est une cavité située au milieu dé la 
face j qui commence antérieurement par mie ouver¬ 
ture transversale , placée entre le nez et le menton 5 
elle est composée d’os, de muscles 5 de vaisseaux, 
dé nerfs, de glandes et dé membranes. De la com¬ 
binaison de toutes Ces parties anatomiques résulte 
la division de la bouche en deux portions dis¬ 
tinctes $ savoir la mâchoire supérieure et la m⬠
choire inférieure où sont implantées les dents, et 
de plus une ouverture antérieure formée par lés 
lèvres f lesquelles se continuent avec lès joués qui 
en sont les parties latérales ; et enfin une ouver¬ 
ture postérieure que l’on appelle gutturale ou isthme 
du gosier. 

Lorsqu’on ouvre la bouche , les mâchoires s’éloi¬ 
gnent l’une de l’autre, cè qüi donne lieu à une 
ouverture plus ou moins grande, selon qu’elles Sont 
diversement conformées , c’est-à-dire selon que 
les branches de la mâchoire inférieure sê rappro¬ 
chent plus ou moins de l’angle droit* Les angles que 
décrivent ces branches avec son corps sont droits 
ou obtus. L’angle obtus est plus ou moins marqué 
à differentes époques de la vie* A la naissance , les 
coudylés de la mâchoire sont presque de niveau 
avec son corps, et décrivent un angle de cent 

8 



( n4 ) - 

quatre-vingt degrés environ ou la moitié de la cir¬ 
conférence du cercle. A mesure que le sujet s’éloigne 
de l’époque ou il a vu le jour, les condyles se rap¬ 
prochent de l’angle droit , qui est de quatre-vingt- 
dix degrés ou le quart de la circonférence du cercle. 
Plus les angles de la mâchoire sont obtus, moins 
l’ouverture delà bouche est grande3 d’où il résulte 
qu’elle ne peut avoir autant d’étendue chez les en- 
fans lorsqu’ils écartent les mâchoires. 

Le centre de mouvement du maxillaire inférieur 
sur les supérieurs est situé dans les articulations tem- 
poro-maxillaires. Ce mouvement s’exécute de la 
manière suivante. Les condyles tournant de haut 
en bas et d’arrière en avant sur l’apophyse trans¬ 
verse zygomatique, comme sur un axe , le corps 
de la mâchoire décrit un arc de cercle qui déter¬ 
mine l’ouverture de la bouche. Cette ouverture a 
quinze à seize lignes d’étendue à sa partie anté¬ 
rieure , tandis qu’à sa partie postérieure, où se trou¬ 
vent les grosses molaires, elle n’a que six à sept 
lignes. L’écartement postérieur est moins grand que 
l’antérieur, parce que le corps de la mâchoire est 
dans cet endroit très près du centre du mouvement. 
Lorsque la mâchoire inférieure est abaissée, elle 
est ramenée à sa situation naturelle par un mouve¬ 
ment opposé à celui de son abaissement, qu’on ap¬ 
pelle élévation. 


-Des mouvemens des mâchoires. 

D’après le mode d’articulation des mâchoires, les 
mouvemens dont elles sont susceptibles s’exécutent 
toujours en sens inverse , c’est-à-dire que l’une 
s’abaisse tandis que l’autre s’élève. 

La mâchoire supérieure, vu son peu de mobilité- 
peut être comparée, relativement à l’inférieure, à une 
enclume sur laquelle cette dernière vient frapper, 
pour opérer la division des alimens. 

Les temporaux, qui appartiennent au crâne, sont 
les points de réunion des mâchoires : l’articulation 
qui en résulte, et qu’on appelle temporo-maxillaire, 
est formée par la réception des condyles maxillaires 
dans les fosses glénoïdes, ainsi que par leur contact 
avec les apophyses articulaires transverses de l’arcade 
zygomatique; Ce qui constitue deux articulations qui 
exécutent leurs mouvemens simultanément. Les 
fosses glénoïdes et les condyles sont encroûtés de 
cartilages, et séparés par un ligament interarticu¬ 
laire fibro-cartilagineux qui recouvre aussi l’apo¬ 
physe transverse zygomatique. La souplesse et l’élas¬ 
ticité de ce fibro-cartilage peuvent le faire compa¬ 
rer à une espèce de coussinet, qui, en rendant les 
mouvemens des mâchoires doux et faciles, s’oppose 
à une pression trop directe, et prévient l’inflamma¬ 
tion et l’usure des parties articulaires que produirait. 



( n 6 ) 

s 3 il en était autrement, le frottement continuel des 
eondyles sur les temporaux. L’articulation temporo- 
maxillaire est lubrifiée par une humeur synoviale 
qui en facilite la mobilité. 

Chaque articulation des mâchoires est affermie 
par une capsule synoviale et deux ligamens laté¬ 
raux^ dont l’un est externe et l’autre interne : on 
en admet encore deux autres appelés stylo-maxil¬ 
laire et inter-maxillaire ; mais ces espèces de 
ligamens servent moins à fixer l’articulation des 
mâchoires qu’à multiplier des surfaces sur lesquelles 
s’implantent des fibres musculaires. A ces ligamens 
il faut joindre les muscles élévateurs du maxillaire 
inférieur, comme étant les parties qui tiennent les 
mâchoires le plus fortement réunies. 

Les articulations temporo-maxillaires sont deux 
arthrodies, c’est-à-dire qui permettent des mou- 
vemens en tout sens ; ces arthrodies ne peuvent 
se mouvoir l’une sans l’autre. Les mouvemens diar- 
throdiaux exécutés par les mâchoires sont l’abais¬ 
sement, l’élévation, les mouvemens horizontaux 
en avant et en arrière, et les mouvemens latéraux 
ou diducteurs par lesquels l’os maxillaire inférieur 
est porté à droite et à gauche. Avant de parler des 
mouvemens des mâchoires, il est nécessaire de 
donner quelques notions sur la théorie du mouve¬ 
ment. 



( m ) 

Les articulations mobiles servent à nous trans¬ 
porter d’un lieu dans un autre , à nous approcher 
ou à nous éloigner des corps environnans selon 
notre volonté, à saisir les objets qui frappent nos 
sens, ou à nous en dessaisir. On rencontre toujours 
dans l’exécution des mouvemens une force appelée 
puissance, qui lutte sans cesse, contre une autre 
force appelée résistance : de là découle la théorie du 
levier ( voyez l’article, levier ), qu’on met chaque 
jour en usage pour vaincre des résistances qui sont 
au-dessus des forces humaines. Ce même levier se 
remarque dans la construction du squelette des 
animaux. 

Chez l’homme, le levier qu’on rencontre le plus 
généralement est celui du troisième genre, où la 
puissance se trouve entre le point d’appui et la ré¬ 
sistance; ce levier, quoique le plus défavorable 
pour la force, est celui que la nature a choisi de 
préférence aux autres, parce qu’il s’adapte mieux à la 
forme et à l’étendue des parties qui constituent le 
corps humain. Comme l’os maxillaire inférieur est 
composé de deux leviers coudés du troisième genre, 
dont la réunion sé fait à la symphyse du menton, 
nous avons trois parties bien distinctes à considérer 
pendant la mastication. La première est le corps de 
la mâchoire inférieure formé de la réunion des deux 
leviers , où se trouve la résistance ; la seconde est 



C i '8 ) 

le contact des condyles avec les temporaux, où 
existe le point d’appui qui est mobile 5 enfin la 
troisième est l’action des muscles, qui s’exécute 
entre le point d’appui et la résistance 5 ils consti¬ 
tuent la puissance. 

Pour se former une juste idée des mouvemens 
de la mâchoire inférieure , il faut avant tout la con¬ 
sidérer dans son état de rapprochement avec la 
supérieure 3 elle se trouve alors maintenue par les 
muscles élévateurs, qui sont plus que dans une 
demi-contraction3 ses condyles sont cachés dans 
les fosses glénoïdes, et placés derrière l’apophyse 
transverse de l’arcade zygomatique. 

^Abaissement. Avant d’étudier les difierens mou¬ 
vemens d’une partie mobile quelconque de l’écono¬ 
mie , il faut se rappeler que les muscles se raccour¬ 
cissent pendant leur contraction, et s’alongent 
pendant leur relâchement 3 qu’ils ont tous des anta¬ 
gonistes ou opposans , de sorte qu’aussitôt que les 
uns entrent en contraction, les autres tombent dans 
le relâchement, et vice versa. 

Lorsque la mâchoire inférieure s’abaisse, les 
muscles élévateurs se relâchent peu à peu, et elle 
tend à s’éloigner de la mâchoire supérieure par 
son propre poids. L’abaissement complet de cet 
organe osseux est surtout opéré par la contrac¬ 
tion des muscles peauciers , omoplat-hyoïdiens, 



( ) 

digastriques , les mylo et génio-hyoïdiens , etc-., 

La mâchoire inférieure, en s’abaissant, se porte en 
bas et en arrière, et décrit un arc de cercle y pendant 
ce mouvement les condyles se portent en avant et en 
bas, en glissant au-dessous de l’apophyse transverse 
zygomatique qu’elle tend à abandonner; lorsque 
les condyles qüitlent l’apophyse transverse , la m⬠
choire est abaissée outre mesure, et produit le dépla¬ 
cement ou la luxation temporo-maxillaire. Quand la 
mâchoire est très abaissée, les apophyses coronoïdes 
forment une saillie sensible au-dessous des pom¬ 
mettes , dans les fosses zygomatiques; ses angles 
inférieurs sont directement portés en arrière. 

Ce qui est digne de remarque, c’est que les 
muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure sont 
attachés pour la plupart à l’os nyoïde, et forment 
deux séries bien distinctes; l’une, supérieure, dont 
les muscles se rendent du maxillaire à l’hyoïde; 
et l’autre , inférieure, dont les muscles situés à la 
partie antérieure du cou se dirigent du sternum et 
autres parties osseuses à la partie inférieure de 
l’hyoïde; de manière que, quand le maxillaire est 
abaissé, l’hyoïde l’est en même temps par les muscles 
qui s’attachent à sa partie inférieure. 

Élévation. Lorsque la mâchoire inférieure 
s’élève, elle se rapproche de la supérieure en décri¬ 
vant un arc de cercle opposé à celui qui a eu lieu 



( 120 ) 

pendant son abaissement -, de sorte que ses condyles 
rentrent dans les fosses glénoïdes , en glissant 
d’avant en arrière sur l’apophyse articulaire trans- 
verse de l’arcade zygomatique. Les muscles qui sont 
chargés d’exécuter l’élévation de la mâchoire infé¬ 
rieure sont les masseleys, les ptérigoïdiens internes 
et les temporaux. Çes muscles sont congénères , 
c’est-à-dire qu’ils se contractent tous à la fois. 

La force contractile des muscles élévateurs de la 
mâchoire inférieure est beaucoup plus grande que 
celle de se,s abaisseurs (çet os ayant de la tendance 
à s’abaisser par son propre poids), parce qu’ils sont 
par leur nature chargés de presser fortement, les 
mâchoires l’nne contre l’autre, pour opérer la divi¬ 
sion des corps qui offrent une extrême résistance: 
aussi n’avons^nous pas d’exemples d’action muscu¬ 
laire aussi prononcée dans les autres parties de 
réconomie. Cette, augmentation de force dépend 
encore de h action simultanée de deux, leviers réunis. 

Mouvement en avant- La mâchoire inférieure 
ne peut se porter en avant sans s’abaisser un peu : 
pendant ce mouvement, qui est déterminé parla 
contraction des ptérigoïdiens et mylo-hyoïdiens, 
les condyles abandonnent en partie les cavités glé¬ 
noïdes, et sg dirigent d’arrière eri avant, en tour¬ 
nant autour de l’apophyse transverse zygomatique. 

Mouvement en arrière. La mâchoire inférieure 



( >21 •) 

ne se meut eu arrière qu’après avoir été portée en 
avant } mouvement opéré par la contraction des 
temporaux et des digastriques. Cette mâchoire ne 
peut être ramenée en arrière san s s’élever un peu. 

Mouvemens latéraux;. Ces mouvemens latéraux 
ne peuvent s’exécuter sans que la mâchoire soit un 
peu abaissée. Les muscles qui les opèrent sont prin¬ 
cipalement les ptérigoïdiens externes. Pendant la 
contraction de ces muscles, la mâchoire est portée 
à droite ou à gauche , et^ contuie l’observe fort ju¬ 
dicieusement M. le professeur Jh>yer,; lorsque le 
menton regarde à gauche, le condyle du même côté 
s’enfonce dans la cavité glénoïde •; tandis; que le 
droit glisse d’arrière en avant, de dehors en dedans, 
et au dessous de F apophyse transverse zygomatique, 
la niâçhoire tournant sur le condyle gauche comme 
sur un axe. Une action inverse a lieu lorsque le 
menton est dirigé à droite. 

Mouvemens de la mâchoire supérieure , Les 
mouyenaeos de la mâchoire supérieure se bornent à 
l’élévation et à 1 abaissement. Les maxillaires supé¬ 
rieurs étant immédiatement unis aux os du crâne , 
ils ne peuvent, se mouvoir qu’avec toute la tête 5 
leurs mouvemens sont à peine sensibles. L'élévation 
de la mâchoire supérieure n’a lieu en conséquence 
qu’au moyen de la contraction des muscles qui 
portent la tête en arrière , ainsi que des muscles di- 



( 122 ) 

gastriques et stylo-hyoïdiens dont l’action est très 
bornée. La mâchoire supérieure est abaissée par 
tous les muscles qui élèvent l’inférieure. 

Les dents, en se rencontrant de diverses ma¬ 
nières , exécutent la division et le broiement des 
substances alimentaires ; cette opération est due aux 
mouvemens variés des mâchoires. 

Mouvemens de la tête su?' la colonne vertébrale. 

La mâchoire supérieure, par son union immé¬ 
diate avec les os du crâne, ne pouvant faire aucun 
mouvement sans que la tête n’y participe, j’ai cru 
nécessaire, pour plus d’éclaircissement, de donner 
quelques détails sur ceux que cette dernière exécute 
sur la colonne vertébrale. 

La tête s’articule avec les masses latérales de la 
première vertèbre du cou ou l’atlas au moyen des 
condyles de l’occipital. Cette articulation, affermie 
par une capsulé et deux ligamens, dont l’un est an¬ 
térieur et l’autre postérieur, est une double ar- 
throdie. 

Lés mouvemens exécutés par l’articulation occi- 
pito-atloïdienne sont la flexion, l’extension , et l’in¬ 
clinaison à droite et à gauche ; mais ces mouvemens 
sont si bornés , qu’ils ne deviennent apparens que 
lorsque les vertèbres cervicales contribuent à les 
déterminer. 


( 'M ) 

Mastication. 

On appelle mastication une opération par la¬ 
quelle les alimens, étant sans cesse divisés par les 
dents, et humectés par les humeurs de la bouche, 
principalement la salive, se trouvent réduits en une 
espèce de pâte appelée hol alimentaire, pour être 
ensuite portés dans l’estomac au moyen de la dé¬ 
glutition. Cet acte est la première préparation di¬ 
gestive qu’éprouvent les substances nutritives avant 
leur animalisation, et s’exécute de la manière sui¬ 
vante. 

Les dents et les mâchoires ne sont pas les seuls 
organes chargés d’èxécùter Cette fonction5 les lèvres, 
les joues et la langue , enfin toutes les parties qui 
composent la bouche, contribuent à la mastication. 

Lorsque les alimens sont placés entre les arcades 
dentaires, ils sont divisés par le serrement des dents 
inférieures contre les supérieures , serrement déter¬ 
miné par la contraction des muscles élévateurs du 
maxill aire inférieur. 

Quand la bouche est fermée, les arcades dentaires 
se rencontrent à l'instar de lames de ciseaux pour 
les incisives, et d’étaux pour les molaires 5 ces der¬ 
nières s’appuient les unes sur les autres , mais se 
croisent cependant de manière que les pointes ex¬ 
ternes des molaires supérieures passent devant celles 


( ) 

des molaires inférieures, tandis que les incisives 
glissent seulement lés unes sur les autres. 

D’après la forme des dents qui arment les m⬠
choires, la division des alimens s’opère de diverses 
maniérés. Ils Sont coupés parles incisives; déchirés, 
lacérés par les canines ; enfin broyés par les mo¬ 
laires. 

Pendan t la mastication, la mâchoire supérieure , 
n’exécutant que des mouvemens très bornés, rela¬ 
tivement à. ceux: de l’inférieure, peut être considé¬ 
rée comme un point fixe sur lequel frappe continuel¬ 
lement le maxillaire inférieur comme sur une en¬ 
clume. Les secousses, que la mâchoire supérieure 
reçoit alors de l’inferieure sont assez violentes , et 
pouixaient déranger les dispositions harmoniques 
ou la juxi a-position des os de la face, si la nature 
(comme l’observe M. le professeur Richerand ) n’a¬ 
vait prévu cet accident en réunissant les os de la 
tête d’une telle manière, que dédoublé effort de la 
mâchoire inférieure, qui presse de bas en haut et 
vers les cotés l’assemblage des os de la mâchoire 
supérieure, se transmet directement au crâne en se 
perdant insensiblement.. Yoici comme il s’exprime 
dans sa Physiologie, à l’article Mastication : 

« Six colonnes verticales, les apophyses mon- 
« tantes des os maxillaires supérieurs, la portion 
« orbitaire des os de la pommette , et les parties 



C 125 ) 

« verticales des os palatins , supportent et commu- 
« niquent l’elFort qui se presse dans le premier sens, 
« tandis que les arcades zygomatiques serrent forte- 
« ment les os de la face les uns contre les autres, 
« et résistent puissamment à ce que ces os se désu- 
« nissent en dehors ou sur les côtés. » 

La disposition de la mâchoire inférieure formant 
un levier coudé double du troisième genre, dont la 
puissance, représentée par les muscles élévateurs, 
se trouve aux parties postérieures de son corps, 
endroit où le levier commencé à se courber, il en 
résulte que plus les dents s’approchent de la partie 
moyenne du corps du maxillaire inférieur, plus 
elles s’éloignent du point d’appui et de la puissance , 
et moins elles ont de force de division. Aussi > comme 
le dit fort bien M. Richerand, lorsque nous vou¬ 
lons briser un corps très dur, nous le plaçons, comme 
par instinct, entre les dernières grosses molaires, 
et, en raccourcissant de beaucoup le bras du levier 
par lequel agit la résistance, nous corrigeons le le¬ 
vier du troisième genre, qui, bien que le plus em¬ 
ployé dans l’économie animale, est cependant de 
tous le plus désavantageux. Les alimens sont Cou¬ 
pés, déchirés et broyés à plusieurs reprises pendant 
la mastication ; la section et le déchirement s’exé¬ 
cutent par la contraction des muscles élévateurs, et 
le broiement par celle des élévateurs et des diduc- 



C «6 ) 

leurs (les ptérigoïdiens externes), qui font glisser 
de dedans en dehors et de dehors en dedans les ar¬ 
cades dentaires les unes sur les autres. 

Quoique les dents opèrent seules là section et la 
trituration des alimens, cet acte préparatoire à la 
digestion est singulièrement aidé par la contraction 
des muscles des lèvres et des buccinateurs, qui rap¬ 
portent sans cesse de dehors en dedans, entre les 
arcades dentaires , les substances alimentaires plus 
ou moins broyées: il en est de même de la langue, 
qui; en se contractant , refoule les alimens entre les 
dents de d edans en dehors, et ramasse avec sa pointe, 
entre les mâchoires , les joues et les lèvres, les par¬ 
celles nutritives qui n’y peuvent être ramenées par 
ces dernières. 

Les alimens, pendant la trituration, sont humec¬ 
tés par les humeurs de la bouche, qui les réduisent 
en pâte ; telles sont l’humeur transpiratoire arté¬ 
rielle de la membrane buccale, celle provenant des 
cryptes muqueux, enfin celle excrétée par les glandes 
buccales et salivaires. Ces dernières fournissent le 
plus de liquide, ce qui a fait donner à ce temps de 
la digestion le nom d’insalivation. 

Lorsque la mastication est achevée, la pâte for¬ 
mée par les alimens constitue ce que l’on appelle 
bol alimentaire, qui est ramassé au centre de la 
bouche, sur la base de la langue, et porté ensuite 


( I2 7. ) 

dans l’estomac par le troisième acte de la digestion 
nommé déglutition. 

La mastication s’opère très bien tant que le nom¬ 
bre des dents est complet j mais quand elles vien¬ 
nent à s’user ou à manquer en partie ou en totalité, 
cette fonction ne s’effectue plus que difficilement : 
aussi cbez les vieillards qui ont perdu leurs dents, 
la mastication est-elle très pénible, attendu quelle 
ne se fait plus qu’au moyen du rapprochement im¬ 
médiat des mâchoires, dont les bords libres et min¬ 
ces sont recouverts par les gencives qui s’endur¬ 
cissent progressivement ’ } il en résulte qu’à cette 
époque de la vie, qui approche de la décrépi¬ 
tude, on ne peut que mâcher imparfaitement les 
substances alimentaires , ce qui rend les diges¬ 
tions plus pénibles et moins profitantes pour la 
nutrition. 



CHAPITRE III. 

HYGIÈNE DENTAIRE. 


L’hygiène est une branche de la médecine qui a. 
pour objet la conservation de la santé et la prolon¬ 
gation de la vie en écartant les maladies. Le but 
de l’hygiène dentaire est de conserver la salubrité 
de la bouche et des dents. 




( ) 

Comme on divise l’hygiène en trois parties , 
savoir le sujet , la matière et les règles, pour 
nous le sujet sera les dents et leurs dépendances; 
la matière, les circunrfusâ, lès applicatâ, les in- 
gesta et les gesta 5 enfin lés règles , ce qu’il faut 
faire ou éviter pour la conservation des dents. 

Du sujet de l’hygiène ; de la bouche et , 
des dents . 

La supériorité de l’homme sur lés animaux se 
manifeste par la délicatesse de ses sens et le jeu de 
sa physionomie, qui nous dévoilent les impressions 
variées dont il est susceptible. Les passions , le 
chagrin, la joie et la douleur s’impriment sur 
son visage, qui devient, en se contractant, le ta¬ 
bleau mouvant de sës agitations intérieures. 

Dans cet état, il ne peut se soustraire à l’obser¬ 
vation: tout ce qu’il ressent au fond de l ame de¬ 
vient apparent; il est alors aisé de prévoir ses désirs 
et sa volonté. Ces diverses émotions sont caracté¬ 
risées par la contraction simultanée des organes qui 
composent la face. De tous les organes qui déter¬ 
minent le type de la figure humaine, tels que les 
yeux , le nez;, la bouche , les dents , etc., je ne 
parlerai que des dernières, comme ayant exclusi¬ 
vement rapport à mon sujet. 

Les philosophes qui ont traité des passions ont 


( * 39 ) 

regardé les yeux comme le miroir le plus expressif 
de Famé 3 mais, à mon avis, si les yeux font res¬ 
sortir le jeu et le piquant de la physionomie, la 
bouche ne contribue pas moins à en augmenter le 
charme-et l’harmonie, lorsqu’elle entre en action. 
En un mot, il n’est rien de peu important dans la 
conformation de l’homme3 la nature, si sage dans 
ses opérations, a tout prévu pour la mettre dans 
un parfait accord, et chaque organe pèche par 
le défaut d’un autre. Quel attrait peut avoir un 
regard favorable, lorsque le sourire n’est point 
gracieux ? 

Si un regard sémillant et langoureux flatte nos 
sens, un sourire aimable ne les charme pas moins. 
N’est-il pas aussi agréable de cueillir un doux bai¬ 
ser sur les lèvres d’une femme qu’on aime, que d’en 
recevoir un tendre regard ? Sons le rapport de l’im¬ 
portance , si les yeux, expriment vivement, la bou¬ 
che, en articulant des sons, constitue la parole, qui, 
par une diction pure et claire , nous anime et nous 
transporte. 

Lorsque les dents sont saines et bien rangées, 
elles ajoutent encore à la beauté 3 leur perte est 
toujours sensible, tant parce qu’elle diminue d’une 
manière remarquable l’agrément de la physionomie, 
que par rapport à la gène plus ou moins grande que 
l’on éprouve, soit pour parler, soit pour broyer 

9 



( i5o ) 

les alimens. La coquetterie, défaut si naturel aux 
femmes, et que nous devons cependant excuser, 
fait attacher par ce sexe aimable le plus haut prix 
aux organes de la dentition : aussi on ne saurait 
trop lui recommander d’en avoir un soin particu¬ 
lier, de peur que la corruption des humeurs de la 
bouche ne donne lieu à l’exhalaison d’une odeur 
infecte et repoussante. Examinons présentement 
quels sont les inconvéniens qui résultent du peu de 
soin que‘l’on prend de la bouche et des dents. 

Lorsque les dents sont cariées, couvertes de tar¬ 
tre et de limon, que les gencives sont sanieuses, etc., 
le dégoût s’imprime sur les lèvres, et l’haleine de¬ 
venue fétide force de s’éloigner ceux qui nous ap¬ 
prochent; les dents finissent par se carier entière¬ 
ment, et peuvent entraîner avec elles la destruction 
partielle des mâchoires , dans les cavités alvéolaires 
desquelles il se forme des collections purulentes. 
La beauté se perd , la mastication devient pénible, 
les digestions ne s’exécutent plus qu’imparfaitement, 
et la vie est languissante. 

Matière et règles de Vhygiène. 

La matière de l’hygiène étant immédiatement 
•suivie de ses règles, on me permettra de donner; 
T application des dernières en même temps que jé 
traiterai de là première ; c’est le moyen d’éviter des 



{..1*1 ) 

complications de divisions, qui deviendraient fas¬ 
tidieuses dans un ouvrage élémentaire. Je parlerai 
dans ce chapitre* i°des circumfusa, 2° des applicata_, 

5 ° des ingesta, 4 ° des gesta. 

Des circumfusa. 

On entend par circumfusa une division de l’hy¬ 
giène générale, dans laquelle bn traite de tous les 
corps qui nous environnent , et au milieu desquels 
nous sommes pour ainsi dire plongés. Au nombre 
de ces corps se trouvent l’air, le ciel, la terre, etc., 
enfin tous les élémens combinés et réunis qui cons¬ 
tituent l’univers. 

L’air est un fluide élastique formé de vingt et une 
parties d’oxigène, de soixante-dix-neuf d’azote, 
d’un atome d’acide carbonique, et d’üne très petite 
quantité de vapeur d’eau. Ces gaz , funestes à l’hu¬ 
manité lorsqu’ils sont répandus isolément dans 
l’atmosphère, deviennent, étant réunis,la base de 
la vitalité en servant à la sanguificâtion, au moyen 
de l’acte respiratoire. 

L’air pur, c’est-à-dire, formé d’oxigène et d’azote 
d’après des proportions données par la nature, ne 
nuit à la santé que lorsqu’il est vicié par des gaz , 
ou des miasmes délétères, en se dégageant des corps 
avec lesquels ils étaient combinés} il est alors né¬ 
cessaire de connaître dans quelles circonstances les 

9 ‘ 



( r3 2 ) 

dents peuvent être impressionnées par le contact de 
ce gaz, lorsqu’ils sont en suspension dans l’air vital. 

Les fluides élastiques et autres corps qui se mêlent 
à l’air et en altèrent la pureté, sont le gaz acide 
carbonique, le gaz hydrogène carboné, phos- 
pboré et sulfuré, les émanations arsenicales, satur¬ 
nines ou de plomb , etc.3 enfin les miasmes, qui sont 
des corpuscules qui se détachent des matières végé¬ 
tales et animales en putréfaction. Le danger de ces 
gaz, quand ils se répandent dans l’atmosphère, est 
trop connu pour que je donne ici le conseil de s’en 
garantir 3 un instinct naturel nous porte à les éviter, 
lorsque leur dégagement est assez lent pour nous 
laisser le temps de la réflexion ; autrement on serait 
asphyxié. Les émanations arsenicales, mercurielles, 
saturnines ou de plomb, sont très nuisibles aux 
dents : aussi remarque-t-on que chez la plupart des 
ouvriers qui, par leurs travaux., se trouvent jour¬ 
nellement exposés à l’action immédiate de ces éma¬ 
nations, les dents se noircissent, vacillent parfois 
dans leurs alvéoles, se déchaussent et sont sujettes 
à se carier. 

D’après Guyton de Morveau , on purifie l’air par 
le dégagement du chlore : on met dans un vase de 
verre ou de grès soixante-dix grammes d’oxide de 
manganèse et deux cent cinquante de sel marin , 
où hydrochlorate de soude, bien pulvérisés et mêlés 3 



( i53 ) 

on verse cent vingt-cinq grammes d’acide sulfu¬ 
rique étendu de cent vingt-cinq grammes d’eau, 
et on chauffe, les portes et les fenêtres étant fer¬ 
mées. Vingt-quatre heures après, le chlore dégagé 
purifie l’air entièrement. On dégage encore le chlore 
en versant cinq parties d’acide hydrochlorique suf¬ 
fisamment étendue d’eau sur une partie d’oxide de 
manganèse ; puis on chauffe. 

La température de l’air étant susceptible de va¬ 
riation , ce fluide élastique peut nuire aux organes 
de la dentition en déterminant des douleurs odon- 
talgiques, surtout chez les personnes, sujettes aux 
maux de dents. Cet accident a ordinairement lieu 
lorsque, quittant un endroit très chaud, on s’expose 
à un air vif et frais. Aussi quand on est obligé de 
sortir par un froid rigoureux, on place un mouchoir 
devant sa figure, afin que l’air n’arrive point direc¬ 
tement dans la bouche, et puisse se réchauffer en 
traversant les fosses nasales. 

Lorsqu’au froid se joint l’humidité, l’air devient 
la source d un grand nombre de maladies, parmi 
lesquelles se trouve le scorbut 5 affection qui porte 
particulièrement ses ravages sur les dents et les 
gencives, et que, pour cette raison, le chirurgien 
dentiste doit surtout étudier. 

Les lieux et les eaux peuvent aussi contribuer 
à la destruction des dents, comme on en remarque 



( i34 ) 

des exemples dans certaines contrées de la France 
et autres nations, dont la plupart des habitans ont les 
dents gâtées : cette maladie endémique tient prin¬ 
cipalement à la mauvaise qualité des eaux dont on 
fait usage. Pour se soustraire à cette pernicieuse 
influence,~ il faudrait changer de climat; mais il 
arrive souvent que cette affection s’identifie telle¬ 
ment avec les habitans de ces contrées, que, malgré 
le changement de lieux, les dents finissent tôt ou 
tard par se gâter : cette maladie devient même par¬ 
fois héréditaire. 

Je ne m’étendrai pas davantage sur cette partie 
de l’hygiène, mon intention n’étant que de faire 
entrevoir aux élèves que toutes les sciences médi¬ 
cales sont si bien liées entre elles, qu’elles peuvent 
rendre d’importans services à la chirurgie dentaire, 
branche pour ainsi dire isolée de l’art de guérir. 

Des applicata . 

Sous le nom d’âpplicata se trouve compris tout 
ce qui a rapport à la propreté de la bouche et des 
dents. Cet article concerne la toilette. 

L’entretien de la bouche et des dents a pour 
but de prévenir la carie et l’amas du phosphate de 
chaux , vulgairement appelé tartre; de conser¬ 
ver lèur blancheur, et d’empêcher l’haleine d’être 
fétide. 



( i35 ) 

Les moyens que l’on emploie le plus générale¬ 
ment pour cet objet sont des frictions àvec'des 
brosses et des substances réduites en poudre, telles 
que le corail , la crème de tartre, le charbon , le 
quinquina et des gargarismes d’eau pure ou aiguisée 
avec des acides végétaux non concentrés : il faut 
surtout proscrire les préparations minérales , parce 
qu’elles tendent à ramollir et à détruire les dents, et 
ternissent à la longue leur blancheur. Je conseillerai 
aussi les teintures spiritueuses aromatiques, qui, 
étendues d ? eau , raffermissent le tissu des gencives, 
et rendent la bouche fraîche : les cure-dents font 
aussi partie des applicata. 

On doit éviter dé faire un Usage journalier des 
poudres èt des acides, parce que ces substances 
finissent par altérer le tissu des dents. Il est bon de 
ne s’en servir que lorsque la blancheur de ces 
organes est diminuée par la malproprété. Les acides 
purs et concentrés sont à rejeter, ainsi que les 
poudres qui ont trop d’âpreté et de mordant5 le 
corail lui-même, à cause de sa dureté, userait 
l’émail des dents, s’il n’était finement pulvérisé, et 
surtout si on l’employait fréquemment. 

Pour entretenir la propreté des organes de la mas¬ 
tication , il faut tous les matins se gargariser et se 
laver la bouche avec de l’eau fraîche, ou légèrement 
aiguisée avec un acide végétal, afin d’enlever le 



( »56 ) 

limon qui pourrait se déposer sur la surface des 
dents, et particulièrement entre leur collet et les 
gencives. Souvent il arrive qu’en mangeant, des 
parcelles alimentaires s’interposent entre les dents * 
et comme leur séjour pourrait rendre l’hâleine fétide, 
on aura soin de les ôter avec tin cure-dent flexible 
et élastique, c’est-à-dire un corps moins dur que 
le tissu dentaire, tel que la corne, la plume , 
l’écaille, l’ivoire, etc. Après le repas, il faut se_ 
rincer la bouche. 

Quand le limon s’épaissit de manière à favoriser 
le dépôt des sels calcaires, les brosses deviennent 
alors nécessaires ; mais les crins qui les composent 
me doivent point être trop rudes, de peur de dé¬ 
chausser les dents et d’occasionner de l’irritation. 

Si les. gencives sont blafardes et relâchées dans 
leur tissu, on peut se servir de brosses rudes, afin 
de les stimuler et de les rendre plus vermeilles. 
Lorsqu’elles sont trop gorgées de sang, l’emploi de 
ces brosses en amène le dégorgement; on peut 
y joindre l’usage des poudres lorsque le tartre conn 
mence à les recouvrir. 

Souvent les sels calcaires sont en si grande abon¬ 
dance, que les moyens indiqués ci-dessus devien¬ 
nent infructueux ; alors le meilleur conseil que 
j’aie à donner est de recourir à un dentiste habile 
qui les enlève sans ébranler les dents. 



( î% ) 

Des ingesta. 

On appelle ingesta toute espèce d’aliment qui, 
introduit dans le canal intestinal, sert à notre con¬ 
servation en s’assimilant à notre propre substance, 
après avoir été animalisé par l’acte de la digestion. 
Je parle des ingesta dans cet ouvrage , parce que 
tout ce qui est porté dans les voies digestives a 
été mis auparavant en contact avec la bouche et 
les dents. 

Les aliméns sont solides ou liquides, simples ou 
composés, selon qu’on lès emploie tels qu’ils sont 
fournis par la nature, ou qu’ils ont subi quelques 
préparations. 

Les aliméns solides sont tirés du règne animal 
et du règne végétal. 

La chair des animaux dont Thommé fait habi¬ 
tuellement usage est choisie parmi les quadru¬ 
pèdes , les oiseaux ét les paissons, tels que le bœuf, 
le poulet, le saumon, etc. Les racines, les tiges, 
les feuilles, les fruits et les céréales sont les par¬ 
ties des végétaux dont il se nourrit journellement, 
comme les racines potagères , les cardons, les 
choux, les abricots, les amandes, les noix , le 
froment, etc. 

Les aliméns liquides sont l’eau, substance natu¬ 
relle, et les boissons fermentées, telles que le vin , 



( i58 ) 

le vinaigre étendu d’eau , la bière , le cidre , le 
poiré, l’hydromel, et les liqueurs alkooliques, 
l’eau-de-vie j le rum, etc. 

La plupart des alimens, avant de servir à notre 
nourriture, subissent diverses préparations qui en 
facilitent la digestion, et nous mettent en état de 
lutter contre les causes débilitantes extérieures. 
C’est ainsi que, dans les pays méridionaux, où la 
chaleur est excessive et accablante , les naturels 
aiment de préférence les mets très épicés et les bois¬ 
sons spiritueuses très fortes : il en est de même des 
contrées septentrionales, dont les habitans ont sans 
cesse à combattre l’impression engourdissante d’un 
froid rigoureux. De l’abus des assaisonne mens, au 
nombre desquels sont le set , le poivre , le pi¬ 
ment , etc., il peut résulter des maladies de bou^- 
che, surtout dans les climats tempérés, et chez les 
personnes sujettes aux inflammations. 

La préparation des alimens doit être appropriée' 
à l’état présent du malade. C’est pourquoi, lorsque 
les dents seront douloureuses et vacillantes, on 
aura soin de défendre l’usage de ceux qui sont dif¬ 
ficiles à broyer, et dé recommander les potages au 
pain, à la semoule, au vermicelle, à la fécule, 
cuits et délayés dans l’eau. Parmi les alimens tirés 
du règne animal, on choisira la chair dés animaux 
d’une mastication facile j elle devra être tendre, 



( «9 ) 

bien cuite, et même réduite en hachis, si cela est 
nécessaire. Quant au pain , qui forme la base de 
notre nourriture, on n’en mangera que lamie dans 
sonetat naturel, ou plus ou moins humectée. Il fau¬ 
dra surtout faire attention au degré de température 
des alimens, de peur que la sensibilité des nerfs den¬ 
taires , se trouvant trop exaltée par l’impression du 
chaud ou du froid, ne déterminé une odontalgie 
plus ou moins aiguë. Ce régime convient également 
aux vieillards pour qui la privation des dents rend 
la mastication très difficile. 

Ce qu’il nous importe de bien connaître, c’est 
l’action des liquides sur les dents. 

L’eau, boisson universellement en usage, est 
formée de deux gaz, l’oxigène et l’hydrogène j le 
premier dans la proportion de 88 parties, 29 , et 
le second dans celle de 11 parties , 71, pour 
1000. Pour quelle soit salubre, il faut que, dé¬ 
gagée de sels calcaires et de toute espèce dimmon- 
dicés, elle contienne dé l’air et de l’acide carbo¬ 
nique: par ce motif, on emploiera de préférence, 
pour breuvage et pour la propreté de la bouche , 
l’eau de rivière ou de fleuve j qui coule sur un lit 
de sable ou de matière insoluble. 

Quand l’eau contient des sulfates , des carbo¬ 
nates, des nitrates de chaux , de potasse et de 
soude, ou des débris de matières végétales et ani- 



( i4° > 

males en putréfaction, elle peut nuire aux dents 
en déposant sur elles une espèce de couche calcaire, 
comme on en voit des exemples dans certains pays, 
dont la plupart des hahitans ont les dents gâtées 
par l’usage des eaux de puits, de marais, de ci¬ 
terne, etc. Lorsque l’on est obligé de boire de ces 
eaux, il faut les purifier par la distillation qui les 
dégage de tout corps hétérogène, puis les agiter à 
l’air libre. Prescrire l’eau bien pure pour la pro¬ 
preté de la bouche est le meilleur conseil que l’on 
puisse donner. 

Les vins sont le produit du suc du raisin fer¬ 
menté. Ils contiennent de l’eau, de l’alkool, un 
ou plusieurs acides, du tartrite acidulé de potasse 
( ou surtartrate acidulé de potasse ) 5 une matière 
extractive colorante et de l’arome. Plus les vins 
sont vieux, plus ils conviennent à la santé et 
à la propreté de la bouche , parce qu’ils ont perdu 
leur goût acerbe ou leur verdeur, et qu’ils se sont 
dépouillés de l’acide tartarique, ainsi que de leur 
matière colorante , qui pourrait s’attacher à la 
surface des dents. 

Les autres boissons fermentées , telles que la 
bière, le cidre, le poiré , l’hydromel, etc.lors¬ 
qu’elles sont prises avec excès, nuisent à la pro¬ 
preté de la bouche par la quantité plus où moins 
grande de limon quelles peuvent déposer entre les 



( ) 

dents et les gencives, quand elles ne sont pas bien 
clarifiées. 

Les boissons alkooliques que l’on obtient par 
le moyen de la distillation des liqueurs fer¬ 
mentées et des substances mucoso-sucrées, prises 
avec excès, sont susceptibles d’irriter et même 
d’excorier la membrane muqueuse qui tapisse la 
bouche. 

Les acides végétaux, tels que le citron, le vi¬ 
naigre, etc., ayant la propriété de ramollir le tissu 
des dents, doivent être employés avec réserve. Quant 
aux fruits acidulés et acerbes, comme les groseilles, 
le verjus, l’épine vinette, etc., il faut en éviter 
l’excès, parce qu’ils agacent les dents, et peuvent 
à la longue les ramollir. 

Des gesta. 

On entend par gesta les exercices variés des par¬ 
ties mobiles du corps humain, plus ou moins favo¬ 
rables à l’entretien de la santé. Je n’en parlerai ici 
que sous le rapport des efforts qui peuvent résulter 
de la division de corps durs placés entre les dents, 
et sous celui des différens degrés d’écartement des 
mâchoires, occasionné par l’introduction de corps 
volumineux dans la bouche. 

J’ai déjà dit que les mouvemens de la mâchoire 
inférieure sur la supérieure sont l’élévation, l’a- 



( 14*2 ) 

baissement, les mouvemens en avant, en arrière, et 
latéraux. 

Lorsque les mâchoires sont rapprochées subite¬ 
ment, les dents s’appuient les unes sur les autres, 
la mâchoire inférieure se portant en arrière, d’où 
il résulte, par le frottement des dents, une sensation 
désagréable que l’on appelle grincement. Le trismus, 
ou serrement spasmodique des mâchoires dans le 
tétanos, est ordinairement accompagné d’un craque¬ 
ment de dents, suite de leur pression, qui fait 
éprouver un sentiment pénible à ceux qui envi¬ 
ronnent le malade. Certaines personnes s’amusent 
parfois à déterminer un craquement semblable \ 
mais il est toujours nuisible,parce que la couronne 
des dents peut se briser partiellement, et qu’il 
donne lieu à une usure proportionnée à la violence 
du frottement. 

La force prodigieuse des mâchoires , lorsque les 
muscles élévateurs de l’inférieure se contractent, 
nous procure le moyen de briser avec les dents des 
corps d’une grande résistance 5 et nous les plaçons 
instinctivement entre les grosses molaires , parce 
que, ces dents étant situées près du point d’appui , 
leur force est augmentée par le raccourcissement 
du bras du levier du troisième genre. Les molaires 
sont en outre , par leur conformation et leur vo¬ 
lume , plus capables de supporter les efforts de près- 



( 143 ) 

sion que les autres dents. Si l’on plaçait un corps 
solide entre les incisives, leur éloignement du point 
d’appui et leur peu d’épaisseur concourraient à les 
fracturer; c’est pourquoi il faut éviter de chercher 
à vaincre avec elles la moindre résistance. 

Certains jongleurs, pour prouver la force de 
leurs mâchoires, portent entre leurs dents des far¬ 
deaux considérables ; mais ce genre d'exercice est 
d’autant plus dangereux, qu’il peut occasionner des 
accidens graves, tels que la fracture et la luxation 
des dents, qui sont entraînées en avant par l’énorme 
pesanteur des poids, ainsi que la pression des nerfs 
dentaires par le refoulement de ces organes dans 
leurs alvéoles. 

Lorsque l’on veut introduire des corps trop volu¬ 
mineux dans la bouche, la mâchoire inférieure peut 
se luxer par son trop grand abaissement. Je ferai 
remarquer, en passant, que plus les corps sont vo¬ 
lumineux, moins ils sont susceptibles d’être divisés, 
parce qu’ils mettent obstacle au rapprochement 
des mâchoires, et conséquemment à la force motrice 
des muscles , en arrêtant leur contraction. 



( >4i ) 


DEUXIÈME PARTIE. 


La seconde partie de cet ouvrage comprend les 
maladies des organes de la mastication, et le trai¬ 
tement qui leur est approprié. Les unes entrent dans 
le domaine de la pathologie l’autre appartient à la 
thérapeutique. 


CHAPITRE L 

PATHOLOGIE. 

La pathologie est une branche de îa médecine qui 
traite de la nature des maladies : on la divise en 
générale et en spéciale ou particulière. 

La première, pathologie générale, nous apprend 
à connaître . i° le nom et la classification des ma¬ 
ladies ( nosologie), 2 0 les causes qui les produisent 
( étiologie), 3 ° les symptômes qui les caractérisent 
(symptomatologie), 4° les signes (séméiologie). 

La seconde , pathologie spéciale ou particulière, 
nous fait distinguer si les maladies sont internes 
(pathologie interne ou médecine) , ou bien si elles 
sont externes ( pathologie externe ou chirurgie). 




( 145 ) 

Les maladies qui attaquent les organes de la masti¬ 
cation appartiennent spécialement à la pathologie 
externe ou chirurgie. 

Comme l’inflammation accompagne très souvent 
les maladies des dents, il est nécessaire que celui 
qui veut s’adonner à l’exercice de la chirurgie den¬ 
taire l’étudie avec soin, ainsi que certaines affec¬ 
tions locales de la bouche dépendantes d’un vice 
général qui parfois complique et même détermine 
les symptômes morbifiques des organes mastica¬ 
teurs. C’est pourquoi je commencerai par tracer 
le tableau de l’inflammation, et parler succincte¬ 
ment de quelques maladies de la bouche, avant de 
décrire celles qui sont du ressort de la chirurgie 
dentaire. 

De Vinflammation. 

L’inflammation peut se définir par une exalta¬ 
tion des propriétés vitales dans un tissu quelconque 
de l'économie, provenant d’une cause excitante qui 
détermine l’irritation des parties et l’afflux des hu¬ 
meurs circulatoires dans les vaisseaux capillaires. 
Elle est caractérisée par la douleur, la rougeur, la 
tumeur et la chaleur de l’organe. 

Tous les tissus animaux, à l’exception des poils 
de l’épiderme, et des ongles, sont susceptibles d’in¬ 
flammation j mais comme cette maladie est signalée 
par l’accélération des fluides circulatoires dans les 

io 


( .) 

parties qsime» soïa-E le siège , ces tissus de noire éco¬ 
nomie s’enflamment d’autant plus facilement, qu'ils 
reçoivent plus de vaisseaux capillaires et de nerfs, 
qui sont les principaux ageïis de la vitalité : telle est 
la raison pour laquelle la peau, les membranes 
muqueuses et séreuses, les tissus cellulaires et pa¬ 
renchymateux, qui en reçoivent Un grand nombre, 
sont très sujets à s’enflammer; tandis que les os, les 
cartilages, les ligametïs, les tendons et lès aponé¬ 
vroses , que l’on nomme tissus Maries, parce que la 
présence des vaisseaux et des nerfs ne s’y manifeste 
pas:j en sont très peu susceptibles. 

.T’excepterai cependant ici les dents, à cause des 
nerfs qui se ramifient dans la membrane dont leurs 
cavités sont tapissées, et les douent d’une certaine 
sensibilité; ce qui fait qu’elles Surpassent en vitalité 
les tissus, osseux^ et fibreux et quelles* sont par cela 
même plus aptes à s’enflammer : aussi n’est-il rien 
de plus commun que les douleurs odontalgiques et 
la éarie des dents. 

Qm à donné dilférens noms à l’inflammation , 
scion les tissus et les organes qu elle affecte : on 
appelle érysipèle l’inflammation de la peau; phleg¬ 
mon, celle du tissu cellulaire ; catarrhe,. celle des 
membranes muqueuses,, etc. : l’odontalgie est l’in¬ 
flammation des deia&s.. 

Causes prédisposantes. Les causes prédispo- 



( '^7 ) 

santés de l’inflammation sont la jeunesse et l’âge 
adulte, la première éruption,. le retour ou la cessa¬ 
tion des règles ,1e tempérament sanguin , la pléthore , 
la saison du printemps, lés exercices- violons,. et 
l’exposition prolongée aux variations de l’atmo¬ 
sphère. 

Cotises déterminantes. On appelle causes déter¬ 
minantes toutes celles qui peuvent produire de l’irrir- 
tation, telles que les coups, les chu tes,. le contact 
des substances âfcres et irritantes, etc. 

Symptômes de Kù^amimÈt'mm Lés symptômes 
caractéristiques de l’inflammation sont la* douleur, 
la tumeur, la rougeur et la chafenr. Tous ces phé¬ 
nomènes sont la suite de l’irritation deé p#tiesmar 
iades. ’ : v 

La douleur est un sentiment ou nue impression 
désagréable , qui diffère selon les tissus, 0 et qui 
commence toujours avec l’irritation inflammatoire 
dans les organes doués d’une grande s en si b ilhté 3 : elle 
ne' se manifesté au contraire qu’après- les autres phér 
nomènes phlegmasiques, dans ceux; qui sont; peu 
sensibles. Les sensations qu’elle fait éprouver- sont 
très variables elle est distensive , quand il existe 
un sentiment'de tension, comme si l’pn éeartâit les 
fibres de la partie affectée; gravâtive , quand ori 
ressent de la pesanteur dans l’endroit ou est le mal 5 
dilacérante , quand il semble que l’on vous déchire ; 



( i48 ) 

pulsative, quand l’inflammation est accompagnée 
de battemens plus ou moins marqués 5 pongitive, 
quand la partie est comme percée par un instrument 
aigu 5 enfin pertérébrante, quand la douleur paraît 
être produite par une tarière, etc. 

La tumeur est un gonflement déterminé par 
l’afflux des humeurs séreuses et sanguines dans les 
parties enflammées. Ce symptôme est la suite de 
l’irritation, phénomène qu’Hippocrate, le père de 
la médecine, a très bien reconnu, lorsqu’il dit dans 
ses Aphorismes, ubifluæus, ibi stimulus. En effet, 
il ne peut exister d’irritation sans qu’il y ait aug¬ 
mentation de vitalité, et par conséquent afflux de 
sang et de sérosité. 

La rougeur provient de l’accumulation du sang 
dans les vaisseaux capillaires les plus déliés, qui 
n’admettent, dans l’état sain, aucune molécule 
cruorique. Ces vaisseaux, quand il existe une vive 
inflammation, se gorgent de sang et se distendent à 
un tel point, que l’on peut apercevoir, à travers les 
tégumens amincis , la couleur foncée de ce fluide 
circulatoire. Souvent les capillaires se rompent et 
donnent lieu à des ecchymoses • et l’on voit même 
parfois le sang mêlé avec la sérosité s’échapper par 
les vaisseaux exhalans. 

La chaleur est la suite d’une plus grande acti¬ 
vité de la circulation dans les organes malades : ce 



( *49 ) 

phénomène ne peut exister sans qu’il y ait augmen¬ 
tation de caloricité. Souvent le sentiment de la 
chaleur est si pénible, que la sensation que l’on 
éprouve ressemble à celle que causerait une brû¬ 
lure : cette sensation est produite plutôt par l’exal¬ 
tation de la sensibilité que par l’élévation du calo¬ 
rique , qui n’est jamais que de quelques degrés. 

Lorsque l’inflammation devient intense, elle est 
accompagnée d’un trouble général des fonctions que 
Ton appelle fièvre, et les organes qui en sont le siège 
se trouvent gênés dans leur action , ou bien ne les i 
exercent plus. 

Marche de Vinflammation. La marche de l’in¬ 
flammation est active, lorsqu’elle parcourt ses pério¬ 
des avec rapidité 3 passive, lox-squ’elle marche avec 
lenteur; aiguë, lorsque la tuméfaction est interrom¬ 
pue par un obstacle invincible, et qu’elle peut se 
terminer par gangrène. 

Terminaison de Vinflammation. L’inflamma¬ 
tion peut se terminer par résolution, délitescence , 
suppuration, induration , et gangrène. 

Ta résolution a lieu lorsque les symptômes in¬ 
flammatoires décroissent progressivement, et que 
les parties affectées reviennent à leur état naturel. 

La délitescence est la disparition subite du 
gonflement inflammatoire , sans apparence de réso® 
ution ni de suppuration. 



( i5o ) 

La suppuration est déterminée par la désorga¬ 
nisation du tissu cellulairej qui se convertit en un 
liquide.blanchâtre que l’on appelle pus. La collec¬ 
tion plus ou moins abondante de ee fluide cons¬ 
titue les abcès. La formation du pus est annoncée 
par des frissons vagues, accompagnés d’une dimi¬ 
nution d.ans les propriétés vitales , qui avaient été 
exaltées par la cause inflammatoire. On reconnaît 
sa présence à la mollesse et à la fluctuation que l’on 
sent dans le lieu qu’occupait la maladie. La carie 
est la suppuration des dents. ; 

L induration se reconnaît à l’endurcissement des 
parties et à l’indolence de la marche inflamma¬ 
toire : on pense que la présence d’une matière albu¬ 
mineuse concreacible, arretée dîmslès vaisseaux ca¬ 
pillaires et les aréoles du tissu cellulaire, .occasionne 
cette terminaison inflammatoire. 

La gangrène est l’extinction .des propriétés vi¬ 
tales de la partie enflammée 5 elle est caractérisée 
par la perte de la sensibilité , de la motilité ot de la 
caloricité : bientôt il survient une couleur brune, 
livide ou npire, ou bien de petites ampoules ou clo¬ 
ches pleines d’une eau rousse, livide ou noirâtre \ 
laissant exhaler une odeur toute particulière que J’on 
reconnaît toujours , pourvu qu’on ait cté frappé une 
fois par son odeur. La nécrose est la gangrène op 
la mort des dents. 



( *$£ ) 

Traitement de. Vinfiammatiom Le traitement 

consiste à s’opposer aux progrès de jl’infla-mmation , 
et à remédier aux accidens qui en sont trop souvent 
la suite. 

On arrête les progrès de l’inflammation, lors¬ 
qu’elle est à «on début, par la saignée loeale;ou gé¬ 
nérale , le repos , là diète, lés boissons délayantes 
ou acidulées l’emploi des réperOussîfs. ; 

Lorsqu’elle tend à la suppuration ^ on' met en 
usage les émolliens et les anodins, quand il existe 
une vive douleur. Aussitôt que le pus est forméy on 
lui donne issue avec le bistouri. 

Dans l’induration, comme 1 inflammation prend 
un caractère indolent, il convient d’employer des 
suppuratifs et des excilans, afin de réveiller l’action 
dés vaisseaux lymphatiques qui est ralentie. 

Quand la gangrène est déclarée, les suppuratifs 
et les éxeitans les plus énergiques sont indiqués^ afin 
d’activer par l’inflammation et la suppuration la 
chute des eschares gangréneuses 3 autrement il faut 
l’enlever avec, un instrument tranchant, lorsque le 
cercle aréolaire inflammatoire estbiem marqué. 

DES MALADIES DE LA BOUCHE qUE LE CHIRURGIEN 
DENTISTE DOIT CONNAÎTRE. 

Les maladies qui vont nous occuper sont celles 
qui attaquent la membrane muqueuse de la bouché : 



( i'5a ) 

les principales sont les aphtes, les ulcères scorbu¬ 
tiques , et les ulcères vénériens ou syphilitiques. 

Des aphtes . 

Les aphtes sont des excoriations de la membrane 
muqueuse de la bouche, qui se montrent sous l’as¬ 
pect d’ulcères ; leur Forme est irrégulière et plus ou 
moins étendue, leur couleur blanchâtre5 elles sont 
superficielles, et font éprouver un sentiment de cha¬ 
leur brûlante : parfois elles prédominent la mem¬ 
brane buccale. Leur présence se manifeste le plus 
ordinairement à la face interne dés lèvres, vers les 
angles de leurs commissures, et sur les bords laté¬ 
raux de la langue. 

Les causes qui les produisent tiennent à une dis¬ 
position du sujet à l’inflammation, à l’abus des 
liqueurs fortes et des substances stimulantes, à l’ir¬ 
ritation que détermine la fumée de tabac chez les 
fumeurs,etc.; elles peuvent encore provenir d’une 
cause débilitante. Dans le premier cas, on les com¬ 
bat par les émolliens et les antiphlogistiques; dans 
le second , par les styptiques et les toniques. 

Le traitement le plus généralement employé pour 
guérir les aphtes consiste à les toucher avec la pierre 
infernale ou avec un pinceau de charpie trempé dans 
le miel rosat, ou le collyre de Lanfranc ; à faire 
rincer la bouche avec le sirop de vinaigre ou l’oxi- 


( 153 ) 

mel étendus dans l’eau : on peut prescrire en même 
temps des boissons rafraîchissantes, telles que l’eau 
d’orge miellée, la limonade cuite, etc. ; ou bien des 
boissons adoucissantes, comme les infusions de 
mauve, de violette, etc., édulcorées avec des sirops. 

L’usage immodéré des mercuriaux donne lieu à 
des apbtes qui diffèrent essentiellement des pre¬ 
mières, parce que, quoiqu’elles aient à peu près 
le même aspect, elles sont toujours accompagnées 
du gonflement des glandes salivaires et de saliva¬ 
tion. Ces apbtes sont très superficielles et causées 
par la rupture de l’épiderme qui recouvre la mem¬ 
brane muqueuse de la boucbe, dont toutes les par¬ 
ties sont tuméfiées, ce qui empêche de l’ouvrir et 
fait éprouver, comme celles dont je viens de par¬ 
ler, un sentiment de chaleur brûlante. On parvient 
à les guérir en suspendant l’usage des mercuriaux, 
et en prescrivant des gargarismes émolliens et ra- 
fraîchissans. 

Des ulcères scorbutiques. 

Les ulcères scorbutiques sont de couleur lie de 
vin et baveux, et laissent écouler une sanie purulente 
et sanguinolente; les gencives ont une couleur li¬ 
vide , se gonflent, s’amollissent et saignent par, la 
moindre pression; les dents se déchaussent, vacillent, 
et s’enduisent de tartre et d’un limon jaunâtres; les 



( i 54 ) 

lèvres et la langue prennent une teinte brunâtre , et 
l’haleine est très fétide. A ces symptômes il faut 
ajouter ceux de l'habitude du corps : le teint est 
plombé ; il se manifeste des pétéchies et des ecchy¬ 
moses qui affectent particulièrement les extrémités 
inférieures; les forces du malade diminuent à un 
tel point, qu’il tombe dans une faiblesse et une 
nonchalance extrêmes. Chez les personnes qui ont 
été atteintes du scorbut, les gencives et les dents 
reviennent rarement à leur étal naturel; ces der¬ 
nières finissent presque toujours par se carier ou par 
tomber. 

Dans le traitement du scorbut, on prescrit les 
sues de citron, d*oseille, des crucifères, enfin toutes 
les préparations antiscorbutiques ou toniques, séus 
forme de vins ^ de sirops^, d’apozèmes, etc. B faut 
surtout que le malade respire un air pur, et qu’il 
se maintienne dans la plus grande propreté. 

Des ulcères vénériens ou syphilitiques. 

La syphilis est une maladie importante à con¬ 
naître “pour le chirurgien dentiste, à cause des 
ràvdges çfîrayans quelle exerce Oncore trop fré¬ 
quemment dans les parties dont se compose la 
bouche. . ' 

Cette maladie, -contagieuse par le contact immé¬ 
diat , résulte de 4 a présence d’un virus qui a la 



Ç *55 ) 

faculté ,de s’inoculer , et par suite d’infecter toutes 
les .parties de l’économie, lorsqu’on ne se hâte point 
de la .combattre. Les .symptômes de la syphilis sont 
très nombreux, .et se montrent sous différentes 
formes,, telles que des pustules, des exostoses, des 
ulcères., des caries, etc., etc. Gomme mon sujet ,se 
borne aux lésions de la bouche, je décrirai seule¬ 
ment les ulcères vénériens, et je passerai de suite 
à la description de l’ozène, .un des plus horribles 
symptômes de cette maladie. 

Les ml cènes vénériens primitifs commencent par 
une petite pustule, ou par une tache rougeâtre, 
accompagnée de prurit, qui devient vésiculeuse 
et s’ulcère aussitôt que la vésicule est ouverte. 
Lorsque l’ulcère vénérienest formé, ; il s’étend ; en 
largeur ou en profondeur , et ses bords sont coupés 
droit,; ce signe W fait surtout reconnaître. L/e pus 
qui -en découle est grisâtre, couenneux, adhérent ; 
et répand un odeur sut generis. Quand ces ulcères 
existent sur la peau, ils se propagent à l’infihi, 
mais de telle sorte, qudis se; cicatrisent dans un 
endroit pour reçaraître bientôt dans un autre. Pour 
les syphilis anciennes;, ils se promènent sur la sur¬ 
face du corpsi, ; de manière: a laisser ,dè très larges 
cicatrices qui sont bosselées et disses au toucher. 

L’ozène est la: suite, dulpères.vénériens êonsé- 
êntifs:, jcleStr-a^dire^-qui n’apparaissent à dâ gorge 



( *56 ) 

qu’à une époque très éloignée du temps où l’on s’est 
exposé à contracter le virus vénérien. Cette affec¬ 
tion a été nommée ozène, à cause de l’odeur fétide 
que les malades exhalent par le nez et par labouche. 

Au début de l’ozène, les ulcères qui se montrent 
à l'arrière-bouche occupent le plus ordinairement 
les amygdales, les piliers, la voûte et le voile du 
palais. Us sont plus excavés que les ulcères primi¬ 
tifs, d’une couleur gris sale , souvent brune ou 
jaunâtre, et circonscrits par une aréole rouge plus 
ou moins foncée ; leurs bords sont inégaux, comme 
frangés et coupés perpendiculairement, mais plus 
gonflés que les ulcères primitifs. 

A mesure que les ulcères du voile du palais 
s’étendent et se multiplient, les fosses nasales et la 
voûte palatine participent aux progrès de la maladie. 
Il survient bientôt dès abcès, suite de la carie des 
os, qui amènent la destruction d’une grande partie 
de la mâchoire supérieure. Cet accident se recon¬ 
naît à un pus plus ou moins abondant et mêlé de 
fragmens osseux qu’on attire en dehors lorsqu’on se 
mouche ou que l’on crache ; peu à peu la cloison et 
les os propres du nez se détruisent, ainsi que la 
voûte palatine, qui finit par se réduire à un tel 
point, qu’il ne reste plus que le bord alvéolaire 
dont le rétrécissement progressif amène la chute des 
dents. Dans cet état, la figure devient hideuse et 



( i5 7 ;) 

dégoûtante, à cause de la perte des os propres du 
nez et de l’écoulement habituel d’un pus fétide, les 
cavités buccale et nasale n’en formant plus qu’une 
par suite de la destruction de la voûte palatine et 
de la cloison des fosses nasales 5 la voix devient 
rauque, et l’articulation des sons ne s’effectue qu’im- 
parfaitement. Je conserve la tête d’un vénérien, 
dont l’expression physionomique a dû être hor¬ 
rible. La voûte palatine et la cloison des fosses 
nasales sont entièrement détruites, de sorte que la 
bouche etle nez ne forment qu’une seule cavité d’une 
très grande étendue par la destruction presque 
complète de l’éthmoïde, dont il ne reste plus que 
les parois orbitaires appelées os planum, et la lame 
criblée. La face interne des os maxillaires est si 
rongée, qu*on_aperçoit à peine la trace de leurs 
sinus 3 et leur bord alvéolaire, entièrement dégarni 
de dents, n’offre plus que l’empreinte des alvéoles 
des incisives, dont plusieurs sont rongés et à jour 
vers leur partie supérieure. Pour compléter l’hor¬ 
reur de ce tableau, il faut y ajouter la perte des 
os propres du nez, qui sont rongés jusqu’à leur in¬ 
sertion au coronal, celle d’une portion de l’apophyse 
montante maxillaire du côté droit, et l’entière dis¬ 
parition des canaux lacrymaux et des os unguis. 

La guérison de la syphilis s’obtient par l’usage 
des mercuriaux sagement administrés 3 mais comme 



( *58 ) 

je ne me suis point propose de décrire dans cet 
ouvrage les affections vénériennes, et que mon in¬ 
tention; n’est que de montrer combien le chirurgien 
dentiste doit être réservé dans le traitement des ma¬ 
ladies de la bouche^ afin qu’il ne croie pas pouvoir 
les guérir toutes par le secours de remèdes inno- 
cens , jerenvoie ceuixqui voudraient avoir une con¬ 
naissance plus approfondie de ces affections aux 
ouvrages qui en traitent spécialement 5 je n’en ai 
parlé que parce que le chirurgien dentiste est ordi¬ 
nairement appelé pour remédier aux ravages de cette 
maladie, lorsqu’on est parvenu à en arrêter les 
progrès. 

DE LA CHIRURGIE DENTAIRE. 

La chirurgie dentaire est une branche de l’art 
de guérir qui nous apprend à connaître les maladies 
dés organes de là mastication ^ et les moyens d’y 
porter remède par le secours de la main, armée ou 
non armée d’un instrument. Le mot chirurgie est 
formé de deux mots grecs, X^h main , et ïp<you, opé¬ 
ration, ouvrage. 

des maladies des organes de ea mastication. 

Lés maladies qui sont du ressort de là chirurgie 
dentaire pouvant attaquer les gencives , les dents 
et les mâchoires, je les diviserai en trois parties 5 



( i5 9 ) 

savoir, celles des gencivesy celles dents, et celles 
des mâchoires. 

Des maladies des gencives . 

Les maladies des gencives sont l’inflammation, 
l’ulcération, l’engorgement, la parulie , l’épulie et 
le relâchement. 

Inflammation. L’inflammation des gencives se 
reconnaît ati gonflement, à la rougeur et à la sen¬ 
sibilité : on combat cette affection par l’usage des 
émolliens et des rafraîchissans. Quand l’inflamma¬ 
tion se termine par suppuration , il se forme Une 
petite collection purulente dont on est averti par 
un sentiment de fluctuation que l’on éprouve en la 
touchant, et par la blancheur et l’amincissement de 
la partie qui en est le siège. Les émolliens sont 
alors indiqués jusqu’à la maturité de l’abcès, époque 
où l’on donne issue au pus avec le bistouri ou 
la lancette. Lorsque les gencives sont fortement 
enflammées, il est avantageux d’appliquer quelques 
sangsues. 

Ulcération. L’ulcération des gencives est une 
plaie suppurante qui, loin de se cicatriser, tend 
toujours à s’agrandir ; elle est ordinairement la 
suite de la carie des dents ou des mâchoires , quand 
elle ne dépend pas d’une affection générale , telle 
que le scorbut ou autre maladie. Lorsque le tartre 



( i6o ) 

s'amasse entre les dents et les gencives ,ces dernières 
se gonflent autour du collet et s’ulcèrent 3 cet acci¬ 
dent disparaît dès que le tartre a été enlevé. Dans 
toutes les ulcérations des gencives, il est bon 
d’ordonner au malade les infusions émollientes et 
détersives pour se rincer la bouche. 

Engorgement. L’engorgement, ou la turgescence 
des gencives, est caractérisé par une teinte livide 3 
elles sont gorgées de sang, qu’elles laissent échapper 
par la moindre pression. On remedie à cette mala¬ 
die en donnant issue au sang par des mouchetures 
faites avec la lancette, et en nettoyant les dents, si 
elles sont sales et couvertes de tartre. Les lotions 
rafraîchissantes , telles que l’eau d’orge acidu¬ 
lée , etc., produisent un très bon effet. Dans cer¬ 
taines circonstances, on peut se servir avec avan¬ 
tage de ventouses scarifiées. 

Parulies. Les parulies sont des tumeurs inflam¬ 
matoires des gencives, qui se terminent assez sou¬ 
vent par suppuration. Pour ce genre d’aflfection, on 
recommandera les émolliens et les détersifs, et l’on 
donnera issue au pus, lorsqu’il y en aura de formé. 

Epulies. Les épuliès sont de petits tubercules ou 
excroissances qui viennent aux gencives. Lors¬ 
qu’elles sont molles, indolentes et de bon carac¬ 
tère , on les fait disparaître en les touchant à plu¬ 
sieurs reprises avec la pierre infernale 3 mais quand 



C 161 ) 

elles sont dures, douloureuses, et qu’elles tendent 
à la dégénérescence cancéreuse, il faut lés extirper 
et les cautériser avec le cautère actuel 5 autrement 5 
elles deviendraient très volumineuses, distendraient 
et défigureraient la bouclie, et gêneraient alors la 
mastication et l’usage de la parole : de plus, il sur¬ 
viendrait des accidens très graves par l’ulcératiori. 
de cette tumeur qui déterminerait celle des autres 
parties de la bouche. 

Relâchement. Le relâchement dés gencives a 
lieu lorsqu’elles sont molles, baveuses, blafardes , 
et qu’elles ont perdu leur teinte rosée : on doit alors 
employer les lotions stimulantes , spiritueüses ou 
acides , ; étendues dans un liquide rafraîchissant, 
tel que Peau d’orge, de gruau, etc., etc., et se 
frotter de temps en temps et légèrement les dents 
avec une brosse un peu rude. 

Des maladies des dents. 

Les maladies des dents sont les accidens de la 
dentition, l’odontalgie, la suppuration interne des 
dents, la carie, l’érosion, la nécrose , le ramollis¬ 
sement , l’ébranlement, la fracture, la luxation, la 
formation du limon et du tartre. 

Accidens de la dentition. 

La dentition est une opération naturelle qui, de 
même que l’accouchement, ne peut s’effectuer sans 


( ’j) 

douleur 3 mais il ne s’ensuit pas , de ce que la sortie 
des dents s’opère ordinairement avec facilité , qu’il 
ne puisse survenir d’accidens graves pendant l’érup¬ 
tion : car comme , pendant le travail de l'enfante¬ 
ment, les vides de conformation dubassin ou du fœtus 
rendent l’accouchement laborieux et dangereux, 
de même la disposition vicieuse des organes de la 
dentition doit en rendre le travail pénible et re-, 
doutable. En effet, les parties anatomiques des or¬ 
ganes masticateurs sont disposées de manière qu’elles 
prédisposent singulièrement au développement:de 
maladies sérieuses : cette prédisposition tient, à la 
dureté des parties dans lesquelles les dents,-qui sont, 
plus dures encore, sont renfermées ,: à la présence 
de nerfs volumineux, et à répaisseur de la mem¬ 
brane gencivequi. peut opposer plus ou moins de 
résistance aux dents à l’époque de leur éruption. 

Examinons présentement comment s’opère le tra¬ 
vail de la dentition* D’abord la couronne des dents 
Reforme dans des cavités alvéolaires, et est renfer¬ 
mée dans un sac membraneux qui reçoit dés filets 
nerveux } et, â;mesure que les dents croissent, elles 
tendent à percer les gencives et à se montrer sur 
le bord alvéolaire. Pendant ce travail, si lès m⬠
choires ne cèd'ént pas assez, et que les gencives trop 
épaisses résistent., des dents deviennent des corps 
irrifcans qui déterminent. de la douleur et de fin- 



( iSS ) 

Flammation, aceidens d’autant pins graves, que lés 
nerfs dentaires fournis par la cinquième paire , ou 
nerf trifacial, participent à l'irritation; ce qui donne 
lieu à l’apparition d’un grand nombre de névroses. 
Sur trois cadavres d’enfatts de cinq à sept ans, 
morts pendant le travail de la seconde dentition , 
paire marqué, par là suppuration qui existait dans 
Forcille interne , qu’ils avaient été atteints d’otite, 
maladie qui pouvait seule leur donner la mort. Cette 
inflammation doit être fréquente à cette époque de 
la vie, à cause de la propagation inflammatoire qui 
peut avoir lieu dans l’oreille interne par celle de la 
trompe d’Eustache. Le système nerveux , vu ses 
nombreuses anastomoses , est souvent; affecté si vi¬ 
vement,; que l’enfant meurt dans les convulsions. 

La nature semble , pendant le travail.de la den¬ 
tition,- concentrer toutes les lofees ; du;Su]et sur le$ 
organes dentaires : aussi voit-oii alors se'Hrqdbler 
les autres fonctions de' l’économie p l’appétit se perd, 
les excrétions ne s’exécutent plus comme d’habi¬ 
tude p l’pnfaut devient morosep criard, irascible, et 
perd le sommeil p souvent il est triste, abattu , et 
tombe dans un profond assoupissément. Gës symp¬ 
tômes dépendent pour la plupart d’une action sym¬ 
pathique nerveuse, qui étend son influence sür les 
propriétés vitales. 

Lorsque les aceidens résultant de la pousse des 



( '«'•< ) 

dents sont légers et seulement passagers, on n’en 
peut augurer aucun mal; la seule chose qu’on ait 
à faire est de laisser agir la nature : mais s’ils devien¬ 
nent violens , alors on a recours à la médecine des 
symptômes pour remedier à ceux qui sont le plus 
à craindre; ne perdant point de vue qu’il faut que 
l’éruption ait lieu, et qu’on doit toujours la favo¬ 
riser autant qu’il est possible, sans néanmoins ces¬ 
ser de combattre les maladies qui viennent la com¬ 
pliquer. Pour y parvenir, il est nécessaire de bien 
observer l’état de l’enfant, et de saisir les symp¬ 
tômes les plus fâcheux. 

Les causes qui mettent obstacle au travail den¬ 
taire, sont, comme je l’ai déjà dit, la situation 
vicieuse des dents renfermées dans l’intérieur des 
mâchoires, l’épaisseur de la membrane gencive, et 
là persistance des dents de lait dans leurs alvéoles, 
lors de l’éruption des dents de la seconde dentition. 
A ces Causes il faut joindre la débilité ou la trop 
grande irritabilité du sujet. 

Chez les enfans bien constitués et bien portans , 
la sortie des dents ne détermine qu’une légère irri¬ 
tation des membranes nasale et buccale; incom¬ 
modité que l’on reconnaît aux gestes de l’enfant 
qui cherche à mordre tout ce qui est à sa portée, et 
se frotte souvent le bout du nez. A mesure que 
l’enfant s’éloigne de l’époque de la naissance, l’é- 


( i«6 ) 

ruption des dents s’opère moins difficilement, parce 
que, ayant plus de force et de connaissance, il est en 
quelque sorte distrait de la douleur par les objets 
environnans qui attirent et captivent sans cesse son 
attention. 

Chez ceux au contraire dont la dentition se fait 
avec difficulté, il apparaît des symptômes plus ou 
moins alarmans, qui varient selon leur tempéra¬ 
ment. Ainsi les enfans lymphatiques, pour lesquels 
le défaut de réaction des forces vitales est à craindre, 
deviennent plaintifs et languissans j la prostration 
des forces ne tarde pas à se manifester, et ils finissent 
par mourir. Lorsqu’ils sont nerveux ( et ils lé sont 
pour la plupart à cette époque de la vie), la sensi¬ 
bilité est si grande , que, pour peu que les douleurs 
dentaires soient vives et permanentes, ils deviennent 
très irritables, et perdent l’appétit et le sommeil ; 
l’estomac est soulevé par le vomissement, la fièvre 
se déclare ; et s’il arrive que l’irritation se propage 
au système nerveux, il survient diverses inflamma¬ 
tions névralgiques, et enfin des convulsions qui 
terminent leur existence. 

Le mode curatif approprié aux accidens qui 
accompagnent l’éruption des dents consiste à sai¬ 
gner, à purger, à dériver, enfin à débiliter ou à 
fortifier. Aux enfans faibles et débiles on donnera 
de légers toniques sous forme de vins et de sirops; 



( *66 ) 

ces dernières préparations sont préférables : pour 
ceux au contraire qui sont forts , on emploiera les 
laxatifs et les émolliens. Si le travail dentaire 
est pénible et qu’il ne survienne pas de diarrhée, 
évacuation alvine qui a ordinairement lieu pendant 
la dentition, même chez les animaux, on purgera 
avec de légers minoratîfs, pour dériver, en stimu¬ 
lant le système nerveux de la vie organique. 

Si l’enfant est atteint de congestion cérébrale, 
accident qu’on reconnaît à un état de somnolence , 
d’assoupissement et d’abattement continuels, on 
posera quelques sangsues derrière les oreilles , on 
recommandera les pédiluves, et des vésicatoires à la 
partie postérieure de la tête, surtout si l’enfant a eu 
des éruptions du cuir chevelu ou delà face qui se sont 
supprimées. Dans le cas de con vulsions, on aura re¬ 
cours aux antispasmodiques, aux aromatiques, aux 
caïmans et aux narcotiques , principalement sous 
forme de bains. Quand il se déclare des maladies 
étrangères à la dentition, il faut les combattre de 
la même manière que lorsqu’elles apparaissent à 
d’autres époques de la vie. 

Le genre de nourriture que l’on donne aux enfans 
contribue à faciliter le travail de la dentition, en 
les conservant dans un état de vigueur et de santé. 

Le lait, qui est leur principal aliment, doit être 
très pur, et surtout de facile digestion } c’est pour- 



C l6 7 ) 

quoi Ton choisira , d’après la forcé digestive de leur 
estomac, soit le lait de vache, soit celui d’ânesse 
ou de chèvre. 

Pour alimens solides on recommandera les bis- 
cotes, ou des croûtes de pain séchées au four et 
trempées dans du bouillon de bœuf ou dé poulet : 
on pourra en même temps conseiller l’usage des 
gelées animales , surtout celui des gelées végétales, 
telles, par exemple , que la gelée de pomme , etc. J’ai 
obtenu de grands avantages des crèmes de riz. et de 
fécule, pour le rétablissement de plusieurs enfans 
qui avaient dépéri en nourrice. 

L’eau d’orge coupée avec du lait, ou lemulsion 
d’amande douce , est préférable à toute autre 
boisson. On peut de temps en temps donner de 
l’eau rougie, et même du vin pur, mais avec réserve. 
Si Fénfani va difficilement à la garde-robe, on pres¬ 
crira le miel dans les breuvages, et on entretiendra 
la liberté du ventre avec dés lavêmens faits avec 
la décoction de son où de graine de lin. On doit 
en outré joindre les soins de propreté , et donner, 
s’il se peut, à,l’enfant, lorsque les parons sont dans 
1 impossibilité de le garder auprès d’eux , une se¬ 
conde mère qui le soigne et le traite avec douceur, 
sans le brusquer ni le contrarier. On choisira pour 
son habitation un endroit élevé, aéré, et bien 
exposé au soleil; il faudra, surtout le promener pen- 


( i68 ) 

dant les beaux jours, afin qu’il respire un air pur 
et vivifiant. 

Lorsque l’enfant souffre par trop des gencives, 
on conseille l’usage des hochets ; mais on en évitera 
surtout l’abus, parce que l’enfant l’ayant sans cesse 
dans la bouche, il se sécrète une trop grande quan¬ 
tité de salive qu’il avale, ce qui surcharge son 
estomac et rend les digestions pénibles. Lorsque les 
gencives s’opposent trop fortement à la sortie des 
dents, on emporte avec le bistouri toute la portion 
de gencive qui en recouvre le sommet. 

Quant aux dents de la seconde dentition, il faut 
extraire celles de lait lorsqu’elles mettent obstacle 
à leur sortie, afin d’éviter que les premières n’affectent 
une direction vicieuse, ou qu’elles ne restent ense¬ 
velies dans leurs alvéoles 5 par le secours de cette 
opération, on évitera les doubles rangées de dents. 

y 4 .ccidens occasionnés par la sortie des dents 
de sagesse. 

L’éruption dès dents de sagesse, ou dernières 
grosses molaires, peut donner lieu à des accidens 
fâcheux, qui sont surtout déterminés par leur situa¬ 
tion aux extrémités des arcades dentaires, comme 
l’explique M. le docteur Delabarre dans son Odon¬ 
tologie , ou Observations sur les dents humaines. 
Voici comment il s’exprime. « En général, la sortie 



( i6g-) 

« de ces dents est incommode ou douleureuse , 

« parce qu’elles se trouvent tellement près du centre 
« du mouvement du levier, qu’elles forcent l’angle 
cc de la mâchoire inférieure à se rapprocher encore 
« davantage de quatre-vingt-dix degrés ; sans pela, 

« pour peu qu’elles alongeassent, elles empêche- 
« raient la bouche de se fermer suivant l’ordre na- 
« turel, qui veut que toutes les dents se touchent. 
« Elles forment donc dans le fond de la bouche une 
« espèce de coin qui oblige la mâchoire inférieure à 
« prendre une nouvelle forme 5 et si on réfléchit 
« qu’à dix-huit ans cet os a une grande consis- 
« tance, que les gencives sont d’un tissu plus serré, 
« que d’ailleurs ces dents ( celles de la mâchoire 
« inférieure) sont pressées entre l’apophyse mon- 
« tante, ou coronoïde de cette mâchoire, et la dent 
« molaire qui vient à douze ans, on se rendra raison 
« des causes de la douleur et des accidens que leur 
« sortie détermine quelquefois, tels que les fluxions, 
« les engorgemens des parotides et des tonsilles, les 
« douleurs le long du bord mousse de la mâchoire 
« inférieure, les abcès, les migraines, et quelquefois 
« la surdité du côté du siège du mal ». Dans cer¬ 
tains cas, on est obligé d’extraire la dent grosse 
molaire voisine pour remédier à ces accidens ;, 
comme le même auteur rapporte l’avoir fait plu¬ 
sieurs fois avec succès. C’est au médecin à juger ce 



( * 7 ° ) 

qu’il doit faire, d’après une saine observation des 
symptômes existans. 

De rodontalgie. 

Ifodontalgie ou douleur de dent est Une dou¬ 
leur aiguë, violente et insupportable, déterminée 
par l’irritation, le tiraillement ou le déchirement 
des organes sensitifs. Le siège de la douleur existe 
généralement dans le corps des dents auxquelles les 
malades la l’apportent presque toujours. Les causes 
les plus fréquentes de Podontalgie sont la carie des 
dents, leur extraction, leur brisement ou fracture, 
leur luxation , et la formation d’abcès dans les ca¬ 
vités alvéolaires 5 enfin toutes les causes irritantes 
susceptibles d’atteindre les nerfs qui se distribuent 
aux organes de la mastication. 

Avant de parler de la douleur des dents, il faut 
se rappeler que ces'organes sont doués d’une très 
grande sensibilité , qui est surtout démontrée par une 
sensation plus ou moins vive que fait éprouver le 
chaud ou le froid, aussitôt qu’ils en sont impression¬ 
nés. Le frottement violent d’un corps dur entre les 
dents produit un sentiment très désagréable, connu 
sous le nom de grincement. Cè sentiment n’est pas 
seulement le résultat de l’agacement dés nerfs den¬ 
taires, mais bien de tous les nerfs en général ; aussi 
ce phénomène s’observe-t-il particulièrement chez 



( *7* ) 

les personnes d’une grande susceptibilité nerveuse. 
La douleur odontalgique peut être ressentie dans 
une ou plusieurs dents à la fois : elle est souvent si 
vive, que le malade ne sait à quelles dents la rap¬ 
porter , quoiqu’il n’y en ait réellement qu’une affec¬ 
tée. Cette aberration de sensibilité tient à la dis¬ 
position anatomique des nerfs dentaires, comme je 
vais le démontrer. 

Les nerfs dentaires supérieur et inférieur sont 
deux branches du nerf trifacial, qui, à leur ori¬ 
gine , ne forment qu’un seul cordon nerveux avec 
l’ophthalmique, connu sous le nom de cinquième 
paire cérébrale. Ces nerfs parcourent les mâchoires, 
et fournissent des filets nerveux qui pénètrent dans 
les cavités dentaires et se ramifient dans la mem¬ 
brane qui les tapisse ; ensuite, par leur termi¬ 
naison , ils s’anastomosent du côté opposé avec 
leurs semblables. On peut donc facilement com¬ 
prendre, d’après les rapports sympathiques qui 
résultent de l’arrangement de ces nerfs, comment 
la douleur peut, non seulement se faire sentir dans 
les dents circonvoisines, mais encore dans celles 
du côté opposé, et même de la mâchoire corres¬ 
pondante. 

L’irritation des nerfs dentaires peut se propager 
aux diverses parties de la face, et déterminer d’autres 
inflammations, telles que celle connue sous le nom 



( * 7 2 ) 

vulgaire de fluxion. Cette inflammation est caracté¬ 
risée par la rougeur, la tension et l’enflure du visage; 
le malade éprouve de la chaleur, des élancemens, et 
une fièvre légère : parfois il se forme des abcès dans 
l’épaisseur des joues, qui peuvent donner lieu à des 
fistules salivaires, comme j’en ai vu récemment un 
exemple chez un homme de cinquante ans environ, 
qui s’était brisé , en tombant, toutes les molaires 
du côté droit. Cette maladie était la suite de la 
carie des racines restées dans les alvéoles, et qu’on 
avait négligé d’extraire. La présence de ces racines, 
appelées chicots , dans les cavités alvéolaires pro¬ 
duit aussi quelquefois l’inflammation du périoste 
maxillaire, la formation d’abcès, et la carie des 
mâchoires. 

L’odontalgie est le plus fréquemment la suite de 
la carie des dents; et les douleurs que le malade 
éprouve sont proportionnées à la destruction du 
tissu dentaire, qui met à découvert les filets ner¬ 
veux , de manière à être impressionnés directement 
par les corps extérieurs, et sur-tout par les alimens 
qui s’introduisent dans le corps de la dent. Après 
l’extraction des dents, il est assez fréquent de voir 
survenir, outre l’odontalgie, l’inflammation de l’o¬ 
reille , de l’oeil, du pharynx, etc.; complication 
résultant des rapports sympathiques des nerfs den¬ 
taires avec les autres parties de la face. Ce phéno- 


( ) 

mène provient des nombreuses anastomoses de tous 
les nerfs de la tête. 

L’inflammation de l’oreille a souvent lieu pen¬ 
dant l’éruption des dents de sagesse, ainsi qu’après 
leur extraction ; elle est déterminée par le voisin 
nage réciproque de ces organes. Lorsqu’on a extirpé 
une des dents canines supérieures, dont les racines 
sont très longues , il survient quelquefois de la dou¬ 
leur, et même de l’inflammation aux organes de la 
vision; ce qui a fait croire au vulgaire trop crédule 
que l’on risque d’arracher l’œil en extirpant ces 
dents, auxquelles, pour cette raison, il donne 
le nom d’œillères : mais il est dé toute impossibi¬ 
lité de tirailler le globe de l’œil , attendu que 
ces accidens inflammatoires ne sont que la suite de 
l’irritation des nerfs incisifs, branches des nerfs 
sous-orbitaires, qui sont très voisins de cet or¬ 
gane sensitif. 

J’ai soigné un jeune homme d une angine guttu¬ 
rale aiguë qui avait été déterminée par l’irritation 
des nerfs dentaires et la déchirure des gencives, 
provenant de l’ébranlement d’une dent molaire 
qu’un chirurgien dentiste n’avait pu lui arracher, 
quoiqu’il s’y fût repris plusieurs fois. 

Traitement. Lorsque l’odontalgie a pour cause 
la carie des dents , il faut leT extraire ; mais on ne 
doit le faire que lorsqu’il n’y a plus de symptômes 



( ï?4 ) 

inflammatoires : aussi se gardera-t-on bien d’opérer 
quand il existera une fluxion. 

Les moyens indiqués pour calmer la douleur des 
dents, lorsqu’elles sont cariées et que le malade ré¬ 
pugne à être opéré, sont de cautériser le nerf avec 
le cautère actuel, du beurre d’antimoine (chlorure 
d’antimoine), ou des acides minéraux concentrés , 
tels que les acides nitrique, sulfurique r muriatique 
(hydrocblorique), etc., qui produisent à la longue 
la nécrose de la dent et en déterminent la chute. 

On se sert encore des teintures alkoobques. et 
des huiles essentielles de girofle, de cannelle , de 
menthe, etc. , dont on imbibe un peu de coton que 
l’on introduit dans la dent par l’ouverture formée 
par la carie; mais ces moyens sont moins efficaces 
que la cautérisation. Quelques praticiens agissent 
en stupéfiant le nerf dentaire par remploi dès opia¬ 
cés, tels que le laudanum liquide, etc., dont on 
verse une goutte dans la eayilé dentaire. On peut en 
outre faire usage des lotions émollientes et cal¬ 
mantes , etdans le cas de complication inflam¬ 
matoire , prescrire les différe.ns moyens indiqués 
ppua? combattre l’inflammation. 

De la suppuration interne dès dénis/ 

La membrane qui tapisse 1 intérieur des dents , 
surtout les molaires , s’enflamme parfois et laisse 


( 175 ) 

exsuder une certaine quantité de pus qui remplit la 
cavité de la couronne. On est averti de'cet accident 
par les vives douleurs que le malade éprouve sans 
qu’on puisse savoir de quelles dents elles pro¬ 
viennent, lorsqu’il n’existe point de carie 5 mais 
quand on examine attentivement, on découvre, 
vers le sommet de la couronne, une teinte brunâtre, 
plus ou moins foncée, qui est déterminée par la 
transparence de riiumeur sânieuse au travers de 
l’émail. Le seul remède est d’extraire la dent ma¬ 
lade, dans laquelle on trouve , quand on la brise 
avec un marteau, une sanie purulente qui répand 
mie mauvaise odeur. 

De la carie. 

La carie est une perte de la substance, des dents 
produite par la suppuration ou l’ulcération de leur 
tissu* Les causes, de eette. affection, sont difficiles à 
reconnaître; cependant on a remarqué que dans 
certains pays elle est endémique,. et tient à la na¬ 
ture, des. eaux dont les liabitans font usage, ai,nsi 
qu’à un vice atmosphériquede l’air, provenant sur¬ 
tout des exhalaisons, marécageuses. Parmi ces causes 
on peut ranger l’exposition.habituelle à l'émanation 
de substances irritantes et putrides ,- l’usage trop fré¬ 
quent des acides et des mauvais alimens, e t la cons¬ 
titution débile du sujet. 


( î? 6 ) 

L’ ulcération produite par la carie affecte une 
formé plus ou moins régulière ; elle attaque presque 
toujours la couronne, et plus rarement les racines 
des organes dentaires. Les parties des dents le plus 
généralement affectées sont les côtés des couronnes 
qui se correspondent, surtout ceux des incisives; 
ce qui provient sans doute de ce que les alimens sé¬ 
journent ordinairement dans ces endroits. 

Lorsqu’on est appelé à examiner la bouche d’une 
personne atteinte de carie, il faut d’abord observer 
si elle est superficielle ou. profonde; cependant, 
comme les progrès de cette maladie ne se font que 
par degrés, je crois nécessaire, pour la bien décrire, 
de la prendre à son origine. 

La carie commence à l’extérieur de la couronne, 
par un petit point noirâtre qui n’attaque qüe la 
partie superficielle de là substance émaillée. Peu à 
peu elle étend ses ravages en largeur et en profon¬ 
deur, la portion dentaire en est envahie et forme 
une cavité légèrement creuse ; bientôt la substance 
éburnée est attaquée, perforée, et la carie pénètre 
enfin jusque dans l’intérieur de la dent dont elle 
détruit entièrement la couronne, si l’on ne s’oppose 
à ses progrès par l’extraction Ou par tout autre 
moyen. Quand elle est parvenue à la cavité dentaire, 
le malade est tourmenté par des douleurs odontal- 
giques violentes; et il s’écoule par l’ouverture qu’elle 


( !77 ) 

formé un pus fétide et noirâtre qui rend l’haleine 
infecte. Ce n’est que dans le cas de fracture que la 
carie envahit de suite la cavité dentaire. 

Quand la carie attaque les racines des dents, sa 
marche est la même que pour la couronne } mais 
elle est plus rapide, parce que la substance ébur- 
née s’ulcère plus facilement que l’émail : elle fait 
aussi éprouver de plus vives douleurs. Cette ulcé¬ 
ration est ordinairement déterminée par le trop 
long séjour des substances alimentaires et du tartre 
entre la gencive et le collet des dents, qui sont 
alors déchaussées. 

Certains chirurgiens ont avancé que la cârie était 
contagieuse par le contact immédiat: il est vrai que 
les dents qui touchent à celles qui sont attaquées de 
carie en sont très souvent atteintes} mais ce phéno¬ 
mène est-il la suite de la contagion , ou de la dis¬ 
position des dents à se carier lorsque cette maladie 
est déclarée ; ou bien provient-il plutôt de causes 
déterminantes devenues alors plus actives ? je laisse 
aux praticiens à prononcer. 

Traitement . Toute dent cariée jusqu’à sa cavité 
doit être arrachée, tant à cause des douleurs qu’elle 
fait éprouver que pour la difficulté qu’on aurait à 
en faire l’extraction plus tard} car, à mesure que la 
carie s’étend, la dent devient plus friable et finit 
par se découronner : d’où, il résulte moins de prise 



( 1 # ) 

pour les instrumens, plus de difficulté pour l’opé¬ 
rateur , et; de souffrance pour le malade. 

Si la carie commence, c'est-à-dire, si elle n’oc¬ 
cupe qu’une très petite étendue de la substance 
émaillée, on s’oppose à ses progrès en emportant la 
portion noirâtre. 

Il arrive assez souvent que la carie marche avec 
lenteur, lors même quelle est parvenue dans l inté- 
rieur de la dent; en ce cas, on en retarde les pro¬ 
grès, en la nettoyant et en la plombant ; ce qui em¬ 
pêche qu’il n’y séjourne du pus et des mucosités, 
ainsi que l’introduction de corps étrangers dans la 
cavité dentaire. 

. De Vérosion* 

L’érosion est une ulcération du tissu dentaire , 
qui différé de la carie én ce qu’elle n est point noi¬ 
râtre comme elle, qu’elle marche plus lentement et 
s’étend' plutôt en largeur qu’eu profondeur ; elle 
petit attaquer toutes les parties de la couronne. 
Cette ulcération se montre assez fréquemment 
sur la face antérieure des incisives, près de leur 
sommet, sur lesquelles elles forment dé petites 
excavations, qui paraissent comme piquetées. Sou¬ 
vent T érosion commence vers la partie inférieure 
de la. couronne, près de son collet, qu’elle ronge 
superficiellement en se contournant ; d’autres fois 
c’est.; le sommet de la couronne qu elle affecte et 



( i;i 79 ) 

ulcère entièrement en ne formant qu’une légère 
excavation. 

Gette espèce de carie, lorsqu’elle attaqué le tissu 
dentaire, comme je l’ai déjà dit polir les incisives, 
semble être stationnaire : au contraire, quand elle 
s’étend en largeur sans former de rugosités, sa 
marche est plus rapide. 

Les causes de cette affection sont 1res difficiles 
à déterminer : elles peuvent Cependant être lés 
mêmes que celles qui produisent là carie. 

Lorsque l’érosion cause dé la douleur, il faut ex¬ 
traire la dent qui en est lé siège, oui bien essayer 
den arrêter les progrès par l'application dix caütère 
actueli •• 

• De la nécrose, 

La nécrosé est là gangrène ou la mort des os ; 
éllé àtlaqrte plus promptement la substance com¬ 
pacte que lé tissu spongièüx. Ce qü’iï y a de remar¬ 
quable, c ? est qüé lés dents, qui sont les corps os¬ 
seux les plus durs que Ton rencontre dans l’éco¬ 
nomie , ù’en sont que très rarémént atteintes, quoi¬ 
qu'une graridé partie de leur étendue\ là couronné j 
soit libre darts l’intériëür dê lâ boucKe, et exposée 
à Faction immédiate dés corps exfèriéurs] Ce phé¬ 
nomène tient sans doute à la vitalité dont elles 
jouissent, et qui leur est dévolue par la présence 
des nerfs dans leur cavité : d’où il résulte que léur 



( i8o ) 

nutrition est plus active , et que leur force de résis¬ 
tance aux lésions morbifiques est plus grande que 
dans les autres os. Aussi, d’après leur mode de vi¬ 
talité, elles sont plutôt susceptibles de se carier que 
de se nécroser. 

La cause la plus fréquente de la nécrose des os 
est la destruction du périoste et de la membrane mé¬ 
dullaire , qui empêche les vaisseaux nourriciers de 
pénétrer la substance osseuse ; quant aux dents, c’est 
celle du nerf dentaire et des vaisseaux qui arrête 
leur vitalité : aussi la nécrose de ces organes ne s’ob¬ 
serve-t-elle ordinairement qu’à la suite de la cauté¬ 
risation dans le cas de carie. La luxation peut en¬ 
core y donner lieu, lorsque les nerfs et les vaisseaux 
ont été rompus à leur entrée dans les racines ; ce qui 
arrive surtout quand l’ouverture par laquelle ils 
pénètrent est très petite. Dans la vieillesse, où les 
orifices des racines s’oblitèrent, les dents se né¬ 
crosent et sont chassées de leurs alvéoles, comme 
des corps étrangers. 

On connaît la nécrose à l’insensibilité et à la fria¬ 
bilité des dents, qui finissent par vaciller et tomber 
en totalité ou en partie : lorsqu’elles gênent par 
trop, on peut les extraire ; mais il faut le faire avec 
précaution, de peur de les briser. 



( i8i ) 

Du ramollissement des dents. 

Le ramollissement des dents provient de la dé¬ 
composition ou de l’absorption du pbospbate et du 
carbonate calcaire 5 il tient à une cause locale ou 
générale. Lorsqu’il est produit par l’action d’une 
substance mise en contact avec les dents , telle que 
les acides, ce phénomène est purement chimique : 
quand , au contraire, il dépend d’une affection gé¬ 
nérale, il est morbifique. 

Le ramollissement vient-il de l’usage immodéré 
des acides, soit pour les nettoyer, soit employés 
comme assaisonnement, il faut recommander de ne 
plus s’en servir. S’il est occasionné par un vice gé¬ 
néral, tel que le scrophule et le scorbut, qui ten¬ 
dent à décomposer tous les tissus en éteignant leur 
vitalité, on doit combattre ces maladies par les re¬ 
mèdes appropriés. Il est à remarquer que la salive 
acquiert, dans certaines circonstances, la propriété 
de ramollir le tissu dentaire. 

Si lé ramollissement tient à la débilité du sujet, 
il faut prescrire les excitans, les toniques et les lo¬ 
tions fortifiantes, afin de réveiller la vitalité. 

De Vébranlement des dents. 

Deux causes peuvent produire l’ébranlement des 
dents. L’une est mécanique, et le résultat de la lé¬ 
sion des corps extérieurs, tel que des chutes , des 



( � ) 

coups, etc. : pli peut y joindre l'ébranlement des dénis 
de lait par la pousse des dents secondaires. L’autre 
est morbifique et tient à différentes maladies : celles 
qui y donnent ordinairement lieu sont le scorbut, 
le scropbule, la syphilis, l’usage prolongé des mer- 
curiaux , une constitution faible et débile, la vieil¬ 
lesse. Il faut dé plus ajouter à ces causes le déchaus¬ 
sement des dents, l’ulcération des gencives, et la 
formation d’abcès dans les cavité? alvéolaires. 

Cette lésion peut être encore la suite du déve¬ 
loppement de tumeurs fongueuses, vésieufeuses et 
cancéreuses dans le fond des alvéoles, immédiate¬ 
ment placées au dessous des racines. des dents qu’elles 
chassent devant elles. On ne peut reconnaître ces 
tumeurs, lorsqu’elles n ont qu’un petit volume., 
qu’après l’extraction des dents. 

On remédie à l’ébranlement en recommandant le 
repos des mâchoires, et en ne faisant prendre au ma¬ 
lade que des alimens liquides et de peu de consis¬ 
tance. Quand il dépend d’une affection, générale, on 
combat la maladie existante : dans le cas de fongus , 
et lorsque le malade est souffrant, on fait l’extrac¬ 
tion des dents, et l’excision des tumeurs. 

De lafracture des dents. 

La fracture des dents es t une solution : de conti¬ 
nuité toujours accidentelle, et produite par des 



(i85) 

coups ou par des efforts violons exercés sur des 
corps solides placés entre les arcades dentaires. Elle 
peut s'effectuer en deux sens , soit longitudinale 1 * 
ment, soit transversalement/ 

La couronne des dents est seule susceptible de se 
fracturer par le choc des corps extérieurs, à moins 
que la mâchoire ne le soit en même temps. La 
fracture; des racines n’a ordinairement lieu que lors 
de l’exlraction des dents, surtout quand elles sont 
barrées, c’est-à-dire que leurs racines sont contour¬ 
nées en forme de crochet. 

Les dents peuvent être fracturées en partie ou en 
totalité. Des deux substances qui composent la cou¬ 
ronne (l'émail et la substance éburnée) , il arrive 
souvent que la fracture ne s’effectue que sur la pre¬ 
mière , qui se sépare de la portion osseuse: parfois 
elle s’étend jusqu’à la cavité dentaire ; alors les deux 
substances sont atteintes. Quand la fracture est com¬ 
plète, la dent est dé couronnée, et il ne reste plus 
que la racine. 

Dans le cas de carie ou de nécrose , les dents sont 
d’autant plus faciles à se fracturer, qu elles sont alors 
plus friables. 

Lorsqu’elles sont fracturées partiellement, il faut 
limer les aspérités et les parties tranchantes qui ré¬ 
sultent de la solution de continuité 5 autrement elles 
pourraient éraiîler les joues , et déchirer ou ulcérer 



( .84 ) 

la langue : si la dent est découronnée et fait éprou-? 
ver de la douleur, il faut faire l’extraction de la 
racine. 

De la luxation des dents . 

On appelle luxation des dents leur déplacement 
déterminé par un effort quelconque, qui change leur 
situation naturelle. 

Rappeler les dents luxées à leur première situa¬ 
tion et les y maintenir, est la seule indication que 
j’aie à donner. 

JD e la direction vicieuse des dents sur les bords 
alvéolaires. 

En parlant des acciçiens qui accompagnent la 
dentition, j’ai dit que la résistance que peuvent op-r 
poser les dents de lait à la sortie des dents se¬ 
condaires leur fait prendre quelquefois une direc¬ 
tion contraire à l’ordre naturel , et par conséquent 
trouble l’harmonie du visage. Comme il existe des 
moyens de remédier, dans certains cas, à cet acci¬ 
dent, il est nécessaire d’en parler de nouveau. 

Lorsque les dents de lait restent sur le bord al¬ 
véolaire , les dents secondaires, ne pouvant suivre la 
route qui leur est tracée par la nature, se portent 
en avant ou en dedans ou de côté, de manière à 
former une double rangée ; ou bien, si les dents de 
lait viennent à tomber après avoir résisté , les dents 



( i85 ) 

secondaires, d’après leur mauvais arrangement, 
sont disparates à la vue et gênantes pour la mas¬ 
tication. 

On peut prévenir cet arrangement vicieux des 
dents en faisant l’extraction de celles de lait, quand 
elles tardent à tomber j mais il ne faut s’y décider 
qu’après un examen attentif, parce qu’assez sou¬ 
vent, dans cette éruption contre nature , en se b⬠
tant trop, on risquerait d’arracher certaines dents 
de lait qui pourraient favoriser la sortie naturelle 
des dents secondaires. On ne doit pas non plus les 
extraire avant qu’elles ne vacillent dans letirs al¬ 
véoles. Je citerai ici la méthode du docteur Dela¬ 
barre , praticien consommé dans celte branche de 
l’art de guérir. 

i° oc Oter les incisives de lait à mesure qu’elles 
« branlent, une a une, et seulement quand celles 
c< de remplacement s’annoncent sensiblement. 

2° cc Ne point enlever les canines de lait dans 
oc l’intention de placer les incisives de deuxième 
ce pousse, attendu que ces quatre incisives, mal ran¬ 
ce gées en apparence, élargiront bientôt la portion 
oc de cercle de la mâchoire qu’elles occupent , et 
« que tel enfant qui annonçait des dents mal rangées 
« à huit ans, les aura très bien à douze. 

3 ° oc Enlever les petites molaires de lait, seule- 
« ment lorsque celles de seconde pousse les font 



( i86 ) 

« vaciller, ce qui arrive ordinairement vers l’âge de 

ce dix à douze ans, et conserver ces molaires le plus 
« tard qu’on peut, même quand l’enfant en souffre, 

« ce qui est très ordinaire dès l’âge de quatre à cinq 
« ans, et ne point perdre de vue que, ces dents 
« n’étant remplacées qu’à dix ans ou environ , on 
cc s’expose à offenser le germe des dents adultes, 
ce lequel est placé entre leurs racines et dont elles 
u protègent le développement. J’engage, au lieu dè 
« les Ôter, d’employer quelques moyens caïmans, 
« pour apaiser la douleur : on fait ensuite plomber 
« la dent, afin d’attendre l’époque naturelle de sa 
« chute. » 

Il peut arriver, sans qu’il y ait vice de confor¬ 
mation des mâchoires, que des dents du maxillaire 
inférieur se croisent avec celles des supérieurs, de 
manière à passer devant , comme On l’observe chez 
les chiens carlins. On parvient quelquefois à remé¬ 
dier à ce vice au moyen d’un instrument que M. Ca¬ 
talan fils, qui en est l’inventeur, a nommé plan 
incliné > mais malheureusement on n’y réussit que 
très rarement et encore très difficilement. 

Parfois les dents sont très serrées les unes contre 
les autres, et donnent lieu à la pression, au gonfle¬ 
ment et au saignement des gencives 5 le malade 
éprouve de la douleur, de la chaleur, et un senti¬ 
ment de éoristriction fort incommode. On y obvie 



( ‘S, ) 

en arrachant une ou plusieurs dents , ou en limant 
les espaces interdentaires. 

De la malpropreté des dents. — Du limon et 
du tartre. 

Dans l’état de malpropreté, les dents' se re¬ 
couvrent d’un enduit plus ou moins épais, plus ou 
moins consistant et dur, qui semble .faire corps avec 
leur tissu. Le limon et le tartre sont les matières 
qui s’y attachent le plus ordinairement. Lés dents 
peuvent aussi être enduites par des corpuscules 
ambians, provenant de la pulvérisation de subs¬ 
tances devenues plus légères que l’air, telles que la 
poussière, la farine, etc. , etc. 

De limon est une substance grisâtre, molle et 
pulpeuse, qui se loge particulièrement, de même 
que le tartre, dans les espaces interdentaires et au 
bord des gencives. Cette matière, vrai signe de 
malpropreté , provient généralement des ali mens 
qui se mêlent avec un iuide glutineux. contenu dans 
la salive. Il suffit, pour l’enlever, de se rincer la 
boucbe après le repas, et de se nettoyer de temps en 
temps les dents avec une brosse. 

De tartre est unesubstance calcaire d’une teinte 
jaunâtre plus ou moins foncée , nommée phos¬ 
phate de chaux, qui s’attache à la surface des 
dents au moyen d’une matière glutineuse à laquelle 



( i88 ) 

elle est unie, et qui est un mucilage animal, con¬ 
tenu , de même que le tartre, dans la salive. 

L’enduit des dents par le tartre ne s’observe que 
rarement chez les enfans, attendu qu’à cet âge les 
os, étant encore cartilagineux, s’approprient tous les 
sels calcaires qui circulent dans l’économie avec 
les fluides animaux , à moins qu’une maladie, telle 
que le scorbut, ne tende à les ramollir. Ce n’est 
qu’a partir de vingt à vingt-cinq ans environ, que 
le tartre commence à attaquer sensiblement les 
organes de la mastication $ car alors l’ossification 
est achevée, et il peut exister un excès de phosphate 
calcaire dans les fluides circulatoires. Dans la vieil¬ 
lesse surtout, oùles sels terreux abondent, ou voit 
les dents se recouvrir de tartre, parce qu’à cette 
époque de la vie la salive contient beaucoup de sels 
à base calcaire. L’usage des eaux salines peut aussi 
contribuer à la formation du tartre. 

Lorsque le tartre n’existe qu’en petite quantité 
et qu’il n’adhère que légèrement aux dents, on peut 
le faire disparaître en employant des poudres, 
des opiates et des acides végétaux étendus, et en 
frottant avec une brosse. Mais quand il s’amasse 
par couches épaisses et qu’il tient fortement, on en 
fait l’ablation avec les instrumens nécessaires à cette 
opération : autrement il en résulterait des accidens 
plus ou moins graves pour les dents et les gencives, 



( ) 

tels que le déchaussement des dents lorsque le 
tartre s’interpose entre leur collet et les gencives, 
l’ulcération de ces dernières, l’envahissement des 
dents par une couche de tartre si épaisse , qu’elle 
ferait paraître les arcades dentaires comme formées 
d’une seule pièce, etc. Dans ces différens états, la 
bouche exhale toujours une odeur fétide. 

Des maladies des mâchoires. 

Les maladies des mâchoires sont les abcès, les 
fongus, l’ostéosarcome, la carie, la nécrose et la 
luxation. Je ne parle dans cet ouvrage des maladies 
qui attaquent les os maxillaires, que parce qu elles 
peuvent entraîner la perte des dents, et seulement 
afin que le chirurgien dentiste puisse les recpn? 
naître : aussi ne lesdécrirai-je chacune que succinc¬ 
tement. 

Des abcès. 

On donne le nom d'abcès à toute tumeur cir¬ 
conscrite, formée par une collection purulente. 

Les abcès qu’on rencontre aux mâchoires peuvent 
se manifester entre leur bord alvéolaire et les gen¬ 
cives , dans leurs alvéoles et dans leurs sinus maxil¬ 
laires. Ceux qui se forment entre le bord alvéolaire 
et les gencives donnent naissance à de petites tu¬ 
meurs oblongues , qui sont toujours la suite d’une 
légère inflammation, et n’ofirent rien de dangereux : 



( ï-9<> ) 

on doit cependant y porter attention, parce qu’il 
arrive assez son vent qu’elles dégénèrent en fistules 
d’où s’écoule, pendant un certain temps, une petite 
quantité de pus ; ensuite le trou fistuleux se ferme ; 
il se fait Une nouvelle collection purulente, puis 
le trou se rouvre , etc. : On remédie à cette incom¬ 
modité , comme je l’ai très souvent pratiqué avec 
succès, en agrandissant l’ouverture avec le bistouri. 
Si cette affection dépend de la carie des dents, ou 
de ràcines qui seraient restées après une fracture, 
on fait l’extraction de ces parties osseuses. 

Onreconnaît la présence du pus dans les alvéoles 
à la douleur que le malade éprouve, surtout lorsque 
l’on presse sur la dent, et à un sentiment de 
fluctuation quand la dent vacille : si elle reste im¬ 
mobile, il est facile dé se tromper sur le diagnostic 
de ces collections purulentes 3 mais s’il se formé 
un petit bourlet autour du collet de la dent, et s’il 
s’amasse du pus entre le collet et la gencive, on ne 
peut alors être en doute sur le diagnostic, et On 
facilite la sortie du fluidè purulent. Quand lé ma¬ 
lade souffre par trop, et que l’écoulement du pus 
ne peut se faire convenablement ,• on a recours à 
l’extraction de la dent. 

Les abcès des sinus maxillaires sont des collec¬ 
tions de pus dans ces cavités, déterminées par l'in¬ 
flammation de la membrane qui les tapisse : on leur 



( *91 ) 

donne issue en arrachant la deuxième petite molaire 
et la première grosse, dont les racines pénètrent très 
souvent dans ces sinus. Lorsqu’elles n’y commu¬ 
niquent pas, ou bien que l’ouverture est trop étroite, 
on achève l’opération avec un instrument perforatif, 
au moyen duquel on parvient dans la cavité maxil¬ 
laire. . 

Des fongus. 

Les fongus sont des espèces de végétations de' la 
membrane qui tapisse le fond des cavités alvéolaires, 
et qui, à mesure qu’ils se développent, font éprou¬ 
ver de la douleur, et tendent à chasser les dents sous 
lesquelles ils së trouvent. On obtient leur guérison 
en faisant l’extraction de là dent, et en extirpant et 
cautérisant le fongus. 

Un cas pathologique assez remarquable, qui m’a 
été communiqué par plusieurs praticiens, est la 
formation d’une petite ampoule vésiculeuse, rem¬ 
plie d’un fluide séreux, située au-dessous des ra¬ 
cines. Elle fait beaucoup souffrir, et vient avec la 
dent lorsqu’on en fait l’extraction. 

Des polypes. 

Les polypes sont des tumeurs d’une consistance 
variable, formées de tïssü cellulaire, de tissu fibreux, 
de vaisseaux sanguins ,et de matière gélatineuse plus 
OU moins cottcré'té'e et en proportions diverses, qui 



( } 9 ? ) 

se développent dans les fosses nasales et dans les 
^inus maxillaires. 

Les polypes que l’on rencontre dans les fosses 
nasales sont ordinairement des tumeurs molles et 
innocentes que l’on extirpe avec des pinces * mais 
lorsqu’ils sont d’une nature consistante, qu’ils oc¬ 
cupent les sinus maxillaires et deviennent volumi¬ 
neux , ils distendent ces cavités à un tel point, que 
les maxillaires se déforment et défigurent la personne 
qui en est atteinte. La mastication devient alors 
pénible, les dents correspondantes aux tumeurs 
changent de situation et finissent par tomber. Cette 
maladie est du ressort de la grande chirurgie. 

De Vostéosarcome. 

On donne le nom d’ostéosarcome à une dégéné¬ 
rescence cancéreuse du tissu osseux, dont les causes 
sont ordinairement inconnues. 

L’ostéosarcome des mâchoires est caractérisé par 
la transformation de leur tissu osseux en une matière 
molle, lardacée et carcinomateuse. Cette désorga¬ 
nisation des os, qui est très dangereuse, puisqu’elle 
peut donner la mort, est de la plus grande impor¬ 
tance à reconnaître pour le chirurgien dentiste, afin 
qu’il n’essaie point de faire des opérations dans la 
bouche ni d’y placer des râteliers lorsque cette 
cruelle affection existe, parce qu’il ne ferait qu’aug- 



( * 9 *;) 

menter le mal et donner à l’ostéosarcome plus de 
tendance à s’ulcérer. Il doit, aussitôt qu’il est averti 
de sa présence,envoyer le malade auprès d’un chi¬ 
rurgien expérimenté, d’après ce précepte d’Hip- 
pocrate sur cette affection: Nolime tangere. 

D e la carie des mâchoires. 

La carie est la suppuration du tissu osseüx, qui 
en amène l’érosion et la perte avec écoulement d’un 
liquide sanieux dont la couleur et l’odeur offrent 
beaucoup de variétés ; elle attaque principalement 
la substance spongieuse, et peut être déterminée par 
le brisement de l’os alvéolaire, à la suite de l’ex¬ 
traction des dents: 

D e la nécrose des mâchoires. 

La nécrose, la mort où la gangrène partielle des 
mâchoires, est souvent le résultat des affections scro- 
phuleuses , et surtout des maladies vénériennes an¬ 
ciennes. Dans cette affection, une portion des maxil¬ 
laires, se sépare au moyen d’une suppuration sa- 
nieuse et infecte, et prend alors le nom de séquestre. 

De la luæation de la mâchoire inférieure. 

La luxation de la mâchoire inférieure a lieu toutes 
les fois qu’elle est portée en bas et en arrière , de 
manière que ses condyles abandonnent les cavités 
glénoïdes, et glissent au-dessous de l’apophyse trans- 

i3 



( * 9 * ) 

verse du temporal , en se portant en avant et en 
haut dans la fosse zygomatique, où ils font une 
saillie remarquable, le corps de la mâchoire étant 
fixé en bas et en arrière par les muscles abaisseurs. 
Dans cet état, les capsules sont fortement disten¬ 
dues, et parfois déchirées 3 la bouche est ouverte 
outre mesure, et la mâchoire ne peut plus être rap¬ 
prochée de la supérieure. 

Cet accident est ordinairement la suite des forts 
abaissemens de la mâchoire produits par le bâille¬ 
ment ou l’introduction d’un corps volumineux 
dans la bouche. Ce déplacement articulaire serait 
très fréquent chez les enfans, qui ne connaissent 
point le juste rapport entre la grandeur de leur 
bouche et le volume des corps qu’ils veulent y in¬ 
troduire, si la nature n’y eût sagement pourvu : aussi 
observe-t-on que les branches de la mâchoire infé¬ 
rieure à cet âge sont moins relevées sur son corps et 
qu’elles en ont presque la direction 3 d’où il résulte 
que le centre des mouvemens est toujours dans les 
cavités glénoïdes , que les condyles n’abandonnent 
jamais, quel que soit le degré d’abaissement de la 
mâchoire. 

On réduit la luxation de la mâchoire inférieure 
en frappant fortement avec la paume de la main sur 
la partie moyenne et inférieure de son corps, en 
dirigeant l’effort de bas en haut et d’arrière en avant. 



( *95 ) 

On est prévenu de sa réduction par un certain bruit 
que produisent les condyles en rentrant dans les 
cavités glénoïdes, la mâchoire inférieure étant su¬ 
bitement attirée vers la supérieure par la contrac¬ 
tion des muscles élévateurs , c’est-à-dire les masse- 
ters, les ptérigoïdiens et les temporaux. Quand les 
mouvemens d’abaissement et d’élévation s’exécutent, 
on reconnaît alors que les parties sont bien remises 
dans leur situation naturelle. 

Pour éviter que cet accident se renouvelle, on 
conseille au malade de garder le repos des mâchoires 
pendant un certain temps , et de se nourrir d’alimens 
peu consistans. Afin d’empêcher que le bâillement 
n’ait lieu, on applique un bandagee en forme de 
mentonnière, que l’on fixe sur le sommet de la tête. 



CHAPITRE II. 


T HÉ R APEÜ TI QDE. 

La thérapeutique est une branche de la médecine 
qui a pour objet le traitement des maladies. Elle 
comprend les opérations et les médicamens. 

SECTION i. 

DES OPERATIONS CHIRURGICALES. 

On appelle opération l’action méthodique de la 
main, seule ou armée d’instrumens, pour prévenir, 

i5. 



C ’9 6 ) ' 

pallier ou guérir les maladies. Le chirurgien doit 
être ambidextre, c’est-à-dire qu’il doit se servir, 
au besoin, de la main gauche aussi aisément que de 
la main droite. 

Les opérations que l’on pratique sur les dents 
sont l’extraction, la luxation , la transplantation y 
l’emploi de la sonde, la cautérisation, le plombage, 
l’usage de la lime, la séparation, l’amputation, 
la perforation, le nettoiement, et la pose arti¬ 
ficielle des dents. 

De Vextraction des dents. 

L’extraction est une opération par laquelle on 
sépare les dents des mâchoires, au moyen d’un effort 
qui surpasse la résistance que ces organes osseux 
opposent sur les bords alvéolaires. Comme la plu¬ 
part des instrumens que l’on emploie sont des le¬ 
viers , il est nécessaire, avant de décrire l’extraction, 
de donner une idée de la théorie du levier. 

On appelle levier une tige inflexible appuyée 
contre un point fixe nommé point d’appui, et rece¬ 
vant dans un second point l’action d’une puissance 
pour vaincre une résistance placée en un troisième 
point; d’où vient quel’on observe quatre parties dis¬ 
tinctes dans toute espèce de levier : i° la résistance, 
qui est le fardeau ou le corps sur lequel on veut 
agir; 2° la puissance, ou la force que l’on emploie 



( *97 ) 

pour vaincre la résistance; 3° les bras du levier, 
qui sont les portions de la tige comprises entre la 
résistance et le point d’appui, et le point d’appui et 
la puissance; 4° le point d’appui, qui est le point 
solide.et fixe sur lequel les bras du levier, égaux ou 
inégaux, se meuvent. L’arrangement différent de ces 
quatre parties constitue trois genres de levier : 

i° Celui du premier genre, où le point d’appui 
est placé entre la résistance et la puissance; 

2 0 Celui du second genre, où la résistance se 
trouve entre le point d’appui et la puissance ; 

3° Celui du troisième genre, où la puissance existe 
entre la résistance et le point d’appui. 

Le but que l’on se propose généralement en em¬ 
ployant un levier est de surmonter une résrstance 
très grande avec une puissance très petite; D’après 
les trois genres de levier connus, comme la situa¬ 
tion du point d’appui rend la puissance supérieure 
à la résistance, toutes choses étant égales d’ail¬ 
leurs, et Vice versa , et que, selon la situation de 
la puissance et de la résistance, relativement au 
point d’appui, la puissance peut devenir moindre 
que la résistance , ces trois sortes de levier peuvent 
être disposées plus ou moins convenablement pour 
que la puissance l’emporté sur la résistance. C’est 
pourquoi il n’est pas indifférent de choisir le genre 
de levier le plus favorable, ét de varier son point 



(198 ) 

d’appui sur la lige, afin d’être certain que la ré¬ 
sistance sera ^vaincue. Citons pour exemple la ba¬ 
lance, levier du premier genre le plus simple et 
le plus régulier (ses deux bras étant égaux) , dans 
laquelle la puissance et la résistance doivent être 
égales pour que l’équilibre puisse avoir lieu. Aussi 
remarque-t-on que, lorsque la résistance et la puis¬ 
sance sont égales, si l’on rapproche le point d’appui 
de la résistance, la puissance l’emportera sur elle, 
le bras du levier compris entre le point d’appui et 
la puissance étant devenu plus long que le bras de 
la résistance : d’où résulte la preuve que plus le 
bras du levier est long du côté de la puissance, plus 
elle devient grande. Le levier du premier genre 
est, après celui du second, genre , le plus favorable 
pour vaincre de grandes résistances. 

Le levier du second genre, où la puissance se 
trouve à une extrémité, le point d’appui à l’autre, 
et la résistance intermédiaire, est le plus favorable, 
lorsque la résistance l’emporte sur la puissance. Les 
avirons et les rames qui servent à faire avancer les 
bateaux et les navires, donnent l’exemple de ce 
levier. La puissance est à la poignée, le point d’appui 
à l’autre extrémité de l’aviron qui plonge dans l’eau, 
et la résistance, produite par le navire, entre le 
point d’appui et la puissance, à l’endroit où l’aviron 
se trouve fixé. 



( *99 ) 

Le levier du troisième genre est le plus défavo¬ 
rable , la puissance étant placée entre le point d’ap¬ 
pui et la résistance, ce qui l’empêche de pouvoir 
être employé avantageusement lorsque la résistance 
est plus grande que la puissance : tels sont la plu¬ 
part des leviers animaux formés par les os , comme 
la mâchoire inférieure , qui est un levier coudé 
double du troisième genre. Le corps de cet os, où 
sont placés les alimens pour être broyés, reçoit la 
résistance, l’articulation des condyles forme les 
points d’appui, et les muscles, qui sont placés entre 
le corps et les condy les de cet organe osseux, cons¬ 
tituent la puissance. 

La clef de Garengeot, le pélican , le levier , le 
pied de biche , sont des leviers du premier genre. 
Quant aux pinces et au tirtoir, etc., ce ne sont que 
des instrumens intermédiaires entre la puissance et 
la résistance, et moins favorables que les premiers, 
parce que l’opérateur, manquant souvent de point 
d’appui, est obligé, pour extraire les dents, de faire 
un effort considérable. 

Lia clef est un levier compliqué , composé d’un 
crochet mobile dirigé transversalement sur une sur¬ 
face plane et à peu près quadrilatère, appelée pan¬ 
neton, lequel est placé à l’extrémité d’une tige d’a¬ 
cier, terminée à l’autre extrémité par un manche 
qui lui est perpendiculaire, et que l’on saisit dans 



( 200 ) 

la main quand on veut opérer. Le crochet serre la 
dent qui est la résistance ; le panneton forme le 
point d’appui , et à l’extrémité de la tige, où se 
trouve le manche , s adapte la puissance. 

Quand on se sert de la clef pour extraire une 
dent, il est important de bien faire attention à sa 
construction, parce que l’effort qui doit vaincre la 
résistance qu’oppose la dent peut être nul ou se 
Transmettre de manière à la briser. C’est pourquoi 
cet instrument, qui est le plus généralement em¬ 
ployé, ne doit pas seulement être construit pour 
être placé commodément dans la bouche, il faut 
encore que le crochet soit établi de telle sorte que 
l’on enlève la dent sans la fracturer, et que, pour 
éviter cet inconvénient, on puisse la soulever et la 
renverser lorsque l’on donne un tour de clef. 
D’après ce que dit avec raison M. le docteur Dela¬ 
barre, les crochets , au lieu d’être construits en arc 
de cercle, comme on le fait encore trop souvent, 
doivent être forgés d’une seule pièce composée de 
deux parties , dont l’une s’adapte au panneton, et 
soit presque droite, et l’autre corresponde à la dent, 
et forme avec la première partie une espèce de coude 
descendant à angle droit, en décrivant un arc ren¬ 
trant très léger. Cette forme donne en outre la faci¬ 
lité de placer son point d’appui comme on le juge 
convenable. 



( 201 ) 

Le même praticien montre ensuite le désavantage 
des crochets courbes, et s'exprime ainsi : « L’ex- 
« trémité fourchue d’un crochet, et qui décrit un 
« trop petit arc de cercle, a l’inconvénient d’aban- 
cc donner le point où il est nécessaire qu’il reste fixe 
« pendant le mouvement de rotation du levier. Ge 
« n’est plus alors le bout du crochet qui soulève la 
cc dent à son collet ; mais le milieu de ce même cro- 
cc chet prend la dent sur le corps de la couronne, 
« et celle-ci se brise souvent au niveau de la gen- 
« cive. » 

Le panneton doit avoir une largeur et une épais¬ 
seur suffisantes pour former un point d’appui direct, 
sans blesser la membrane muqueuse qui tapisse les 
mâchoires. Il convient que la tige décrive dans son 
milieu une grande courbe, pour que les arcades 
dentaires ne gênent point l'application de la clef; 
il faut aussi que cette tige soit longue, parce qü’a- 
lors sa longueur augmente la force du levier, et per¬ 
met à l’oeil de suivre l’opération. 

La clef peut servir à enlever toutes les dents et 
même les chicots j mais elle est préférable à tout 
autre instrument pour l’extraction des molaires, 
surtout de celles qui ont plusieurs raciriés. Pour 
ôter une dent, on place sur son collet, et très près 
de la racine, après l’avoir déchaussée, si le cas 
l’exige, l’extrémité du crochet que je viens de dé- 



( 202 ) 

crire 3 puis on prend un point d’appui sur la m⬠
choire avec le panneton, que l’on a eu soin de 
garnir d’un linge pour ne pas confondre les parties 
molles ; alors, quand on s’aperçoit, en tournant 
légèrement l’instrument, que la dent est bien prise, 
on donne un tour de clef de manière à en faire 
l’extraction en deux temps consécutifs et prompts, 
le premier pour la soulever , et le second pour la 
renverser. Le crochet peut être placé en dedans ou 
en dehors des arcades dëntaires, selon qu’on le juge 
convenable à l’opération. Dans le cas où les dents 
seraient soudées avec les mâchoires , il faut, avant 
de se servir de la clef ou de tout autre instrument, 
détruire cette soudure au moyen d’un élévatoire. 

: Le pélican est un instrument qui agit à l’instar 
de la clefj sa construction est telle, que l’on peut 
placer son point d’appui où l’on veut: il est com¬ 
posé d’une tigé d’acier qui se'termine à ses extré¬ 
mités par deux portions de cercle cannelées servant 
de points d’appui, et tenant lieu de pannetons 3 au 
milieu de la tige se trouve adaptée une autre tige 
d’acier, terminée par un crochet qui dépasse le 
panneton de chaque extrémité 3 cette seconde tige 
est mobile sur le reste de l’instrument , et sert à 
saisir la dent. Le pélican est loin d’offrir pour les 
opérations les mêmes avantages que la clef: aussi 
ne s’en sert-on maintenant que très rarement. 



( 2o5 ) 

Le levier est une tige d’acier inflexible de la 
longueur de cinq pouces environ, dont une des 
extrémités s’applique à la résistance, l’autre à la 
puissance, et dont le point d’appui se trouve fort 
près de la résistance. On se sert de cet instrument 
pour enlever les racines ou chicots, et renverser les 
dents de sagesse, qui n’ont ordinairement qu’un 
groupe de racines réunies en forme de pivot court 
souvent ces racines ne sont point entièrement dé¬ 
veloppées. Une des extrémités du levier doit être 
placée entre les deux dernières molaires, de manière 
à trouver un point d’appui : ensuite, par un mouve¬ 
ment de bascule, on pousse la dent de sagesse en de¬ 
hors , en arrière, et on la soulève de façon à lui faire 
quitter son alvéole en la renversant. Le crochet en 2 , 
qui facilite l’application de la clef, peut remplacer le 
levier dans certaines circonstances. Pour extraire 
les chicots , on place l’extrémité du levier entre 
les parois alvéolaires et les racines, et on soulève 
ces dernières par un mouvement de bascule. 

, Le pied de. biche est une tige métallique bifur- 
quée à l’une de ses extrémités ; à l’autre est adapté 
un manche, et près de la première extrémité est un 
petit crochet adhérent, également bifurqué. On se 
sert de cet instrument pour extraire les racines, en 
plaçant son extrémité bifurquée entre elles et les 
alvéoles, et en prenant un point d’appui sur la ma- 



( 204 ) 

choire, près du crochet que j’ai dit exister sur la 
tige. Lorsque plusieurs racines tiennent ensemble, 
il faut'placer entre elles l’uxtrémiié du pied de biche. 

Il est à remarquer que tous ces instrumens ont 
leur point d’appui fort près de la résistance, ce qui 
augmente la puissance du levier, comme je l’ai 
fait observer plus haut, le bras du levier corres¬ 
pondant à la dernière étant fort long. 

Les pinces sont des inslmmens propres à l’extrac¬ 
tion des dents. Elles sont droites ou courbes : les 
premières servent à enlever les incisives et les 
canines, les secondes à arràchèr les molaires. Mais 
la clef est bien supérieure au davier ou pince 
courbe pour extraire les molaires, parce qu’avec 
le davier on doit craindre de lés 4lécouronner en les 
serrant avec le bec recourbé de cet instrument, et 
de faire éprouver de vives douleurs au malade pen¬ 
dant l’opération, qüi est fort longue, attendu que 
l’effort qu’exige la résistance est plus grand qu’avec 
la clef. 

Les pinces droites sont préférables à la clef pour 
extraire les incisives et les canines qui n’ont qu’une 
racine en forme de pivot; ces racines, surtout celles 
des canines, sont parfois si longues, qu’on s’ex¬ 
poserait à fractürèr la dent et l’os alvéolaire en 
se servant de la clef. Quand on fait l’extraction 
d’une dé ces dents, on commence parla déchausser, 



( 2o5 ) 

ensuite on saisit sa couronne en plein avec les mor- 
dans de la pince droite, puis on lebranle en tour¬ 
nant de droite à gauche et d’arrière en avant 3 enfin, 
par une secousse suivie d’une traction perpendicu¬ 
laire, on la sépare de la mâchoire. Avec les pinces 
courbes ou daviers on saisit de même les molaires 
près de leur collet; puis , après les avoir ébranlées, 
on les emporte par un effort de traction convenable* 
On conserve ordinairement les racines des inci¬ 
sives et des canines , que l’on perfore pour y placer 
des dents artificielles à pivot 3 il arrive quelque¬ 
fois qu’on est obligé de les extraire à cause de la 
gêne ou de la douleur qu’elles font éprouver. Comme 
ces racines ne laissent le plus souvent aucune prise, 
et qu elles sont même parfois recouvertes par la 
gencive, pour les enlever on préfère aux pinces 
droites ordinaires des pinces avec des mordans très 
pointus, que l’on enfonce entre les parois de la 
racine et l’alvéole, après avoir ébranlé la première 
avec un élévatoire ; et aussitôt qu’on s’aperçoit que 
la racine est bien saisie , on l’extrait comme je l’ai 
indiqué en parlant des pinces droites. Lorsque lés 
racines sont usées par le séjour des pivots des dents 
artificielles, elles s’amincissent à un tel point j 
qu’on ne peut les saisir sans les briser : dans ce cas, 
on a recours au tirtoir. 

Le tirtoir est un instrument de forme conique, 



( 2o6 ) 

et taillé en vis tranchante à partir du sommet jus¬ 
qu’à la base. On le visse dans la cavité de la racine, 
qui cède alors facilement à un effort de traction : 
il faut observer que ces racines vacillent ordinai¬ 
rement , et sont difficiles à enlever, à cause de leur 
friabilité et du peu de prise qu’elles laissent aux 
instrumens. 

Des accidens de Vextraction des dents. 

Les accidens qui peuvent résulter de l’extraction 
des dents sont leur fracture et celle d’une portion 
des alvéoles, la déchirure des gencives et l’hé¬ 
morrhagie, 

Da fracture des dents a lieu lorsqu’elles sont 
devenues friables, ou que l’on n’a pas eu soin de 
placer convenablement le point d’appui et le cro¬ 
chet de la clef. Pour éviter la fracture ou le décou¬ 
ronnement, on place le crochet de la clef sur le 
collet de la dent, très près de l’alvéole, et le point 
d’appui sur la mâchoire du côté opposé: autrement, 
si le point d’appui et le crochet agissaient en même 
temps sur la couronne, l’effort que l’on ferait la 
séparerait de la racine ; ce qui deviendrait un grand 
inconvénient pour le chirurgien, qui serait alors 
obligé d’extraire la racine, opération difficile et 
douloureuse pour le malade. 11 faut de plus obser¬ 
ver que l’on doit faire l’extraction des dents avant 



( 207 ) 

que la carie n’ait trop étendu ses ravages, parce 
quelle les amincirait à un tel point, qu’elles se 
briseraient par la moindre pression. 

La fracture de Vos alvéolaire a lieu quand on 
place le crochet sur une portion de la mâchoire. 
Il faut, pour obvier à cet accident, placer le 
crochet entre l’alvéole et le collet de la dent. Cette 
fracture est quelquefois inévitable, lorsque les 
racines sont contournées en façon de crochet: dans 
ce cas, on a lieu de craindre la suppuration de l’os 
maxillaire. Cette mauvaise disposition des racines 
peut aussi déterminer la fracture ou le découronne¬ 
ment des dents. 

La déchirure des gencives n’est point dange¬ 
reuse 5 une petite hémorrhagie et une légère in¬ 
flammation en sont ordinairement la suite : on 
l’évite en séparant la gencive du collet de la dent 
avec un instrument convenable. Lorsqu’on extrait 
les dernières grosses molaires de la mâchoire infé¬ 
rieure, il faut prendre garde de placer trop bas le 
crochet, parce qu’on pourrait déchirer avec la 
membrane muqueuse un rameau du nerf maxillaire 
qui descend dans un sillon situé sur la mâchoire 
au-dessous de ces dents, ce qui donnerait lieu à 
des accidens fort graves. 

L 3 hémorrhagie est une perte de sang causée par 
la rupture des vaisseaux sanguins. Il y a deux 



( 208 ) 

espèces d’hémorrhagies qui peuvent résulter de 
l’extraction des dents: l’une produite par la divi¬ 
sion des capillaires sanguins; et l’autre déterminée 
par la rupture d’artérioles assez considérables rela¬ 
tivement à la capacité des alvéoles. 

La première a toujours lieu, mais n’est point à 
craindre ; on la reconnaît au sang qui s’écoule par 
réseau de la partie qui en est le siège : elle cesse 
ordinairement d’elle-même; et lorsqu’elle dure 
trop long-temps, on l’arrête en injectant un liquide 
acidulé ou astringent, ou bien en insinuant dans 
l’alvéole un peu de colophane réduite en poudre. 

Il n’en est pas de même de la seconde. Le sang 
coule avec plus d’abondance; il est de couleur 
rouge et vermeil, et sort par jets saccadés et iso¬ 
chrones au battement des artères ; et pour peu 
que l’hémorrhagie se prolonge, le malade faiblit : 
c’est alors qu’il faut se tenir sur ses gardes et se 
hâter de l’arrêter. Pour y parvenir, on introduit 
avec force dans l’alvéole, soit un bourdonnet de 
charpie , soit un morceau d’agaric de chêne ou 
d’amadou, soit de la cire : on peut encore se servir 
avantageusement d’un morceau d’éponge préparée, 
qui a la propriété de se gonfler dans l’humidité. Si 
l’hémorrhagie persistait après la chute de ces subs¬ 
tances , on appliquerait un bouton de feu. Dans le 
cas de syncope, on réveille les sensations en faisant 



( -309 ) 

respirer du vinaigre, de l’eau de Cologne ou de 
l’alkali volatil; mais il faut employer avec réserve 
ce dernier stimulant, parce qu’on pourrait prolon¬ 
ger létat de syncope, et déterminer l’inflammation 
des fosses nasales, du larynx et des bronches. 
Quand il existe de la faiblesse, on rappelle les 
forces par des cordiaux, tels que le vin, etc. 

De la luxation des dents.. 

On entend •par ; luxer une dent la déplacer de 
sa situation naturelle par un effort de traction qui 
n’est pas suffisant pour la faire sortir entièrement 
de son alvéole, mais : seulement pour rompre les 
vaisseaux et ; les nerfs qui s’introduisent dans ses 
racines. Lorsque la dent est déplacée ; on la force à 
reprendre sa position première en pressant con¬ 
venablement sur sa couronne! 

Cette opération était autrefois en vogue, p.our 
arrêter les progrès d’une carie légère , et s’opposer 
aux doùleurs que fait éprouver une .dept lorsqu’elle 
est saine : mais comme il peut arriver, que la 
rupture des vaisseaux et des nerfs ne-solt.pas.,com¬ 
plète, et qu’il survienne de rinflamruati,on ;? -ac¬ 
compagnée d’une gêne, insupportable, qui force¬ 
rait de recourir plus tard à l'extractionil vaut 
mieux l’ôter de suite , et la remplacer par upc 
dent artificielle ; on évite ainsi toute espèce d’in- 

H 



( 210 ) 

commodité à la personne qui vous accorde sa con¬ 
fiance. 

De la transplantation des dents . 

La transplantation des dents , qui n’est plus usi¬ 
tée de nos jours , consistait à remplacer une dent 
malade nouvellement extraite , par une dent saine 
récemment arrachée à un autre individu. Comme 
les accidens qui peuvent en résulter sont les mêmes 
que ceux de la luxation, et qu’il y a une espèce de 
barbarie à pratiquer cette opération , je n’en parle 
ici que pour faire connaître quelle a été mise en 
pratique. Quant a la luxation, on peut quelquefois 
la tenter; c’est au chirurgien dentiste expérimenté 
à reconnaître dans quelles circonstances il peut y 
avoir recours. 

De la sonde. 

Sonder est une opération par laquelle on s’assure 
de la profondeur d’une carie; elle se pratique avec 
une tige métallique, déliée et mousse à son extré¬ 
mité , appelée sonde, que l’on introduit par l’ou¬ 
verture que l’ulcération des dents a formée. On se 
sert encore de cet instrument pour nettoyer l’inté¬ 
rieur des dents, et pour détruire le nerf dentaire 
lorsqu’il fait éprouver de la douleur : la sonde, dans 
cette dernière circonstance, doit être aiguë à son 
extrémité. 



( aii ) 

De la cautérisation. 

On appelle cautérisation une opération au moyen 
de laquelle on détruit une partie quelconque de l’é¬ 
conomie par l’application du feu ou d’une substance 
caustique 5 en un mot, c’est brûler la partie sur la¬ 
quelle on opère. 

Les corps ou les substances dont on se sert pour 
cautériser sont appelés cautères, et se divisent en 
cautère actuel et en cautère potentiel. 

Le cautère actuel, ou le feu, agit subitement sur 
la partie où il est appliqué, et la transforme en es- 
charre : on se sert ordinairement, à cet effet, de tiges 
métalliques auxquelles on donne différentes formes, 
et que l’on fait chauffer à un degré plus ou moins 
élevé. 

Le cautère potentiel agit au contraire lentement j 
mais ses effets sont plus certains, parce qu’il pénètre 
plus profondément dans la partie avec laquelle 
on le met en contact : on se sert pour ce genre de 
cautère, du beurre d’antimoine (chlorure d’anti¬ 
moine) j de la pierre à cautère ou potasse caustique 
(oxide de potassium ), de la pierre infernale (nitrate 
d’argent) , et des acides minéraux* 

Pour ce qui concerne les maladies des dents, on 
a recours à la cautérisation, afin de détruire la por¬ 
tion nerveuse qui s’y distribue, lorsqu’elle fait éprou- 

14. 



( 212 ) 

ver de vives douleurset de s’opposer en même 
temps aux progrès de la carie. 

Lorsqu’on veut employer le cautère actuel, on 
fait rougir un instrument en acier que l’on plonge 
rapidement dans la cavité dentaire, de peur qu’il ne 
se refroidisse. Si ce genre de cautérisation ne suffit 
point, ou s’il effraie trop le malade, on introduit 
dans l’ouverture formée par la carie un mélange de 
pierre infernale et d’acétate de.plomb en propor¬ 
tions égales, ou bien un petit morceau de pierre à 
cautère par dessus lequel on place un peu de coton 
que l’on retire aussitôt que l’effet qu’on desire est 
produit. Les acides minéraux, tels que l’acide ni¬ 
trique, sulfurique, peuvent encore être employés 
avantageusement : on verse, à cet effet, et à plusieurs 
reprises, une goutte de ces acides dans la cavité 
dentaire. 

Dans le cas d’érosion, on arrête cette maladie 
dans sa marche en desséchant plutôt qu’en cauté¬ 
risant la partie maladey pour cela, on approche seu¬ 
lement un fer rouge de : la partie érodée, sans l’ap¬ 
pliquer immédiatement, à moins que le fer ne soit 
que chaud : l’on recommence cette manœuvre au¬ 
tant de fois qu’il est nécessaire. 

Du plombage. 

Plomber une dent, c’est en remplir la cavité avec 



( 2:l3 ) 

une substance métallique que Ton introduit de 
force, au moyen d’un instrument que Ton appelle 
plomboir, par l’orifice formé par la carie. On ne doit 
pratiquer cette opération que lorsque la carie n est 
point sanieuse, et surtout lorsqu’elle n’ést point sus¬ 
ceptible de déterminer des fluxions ; il faut encore 
que la cavité soit telle, que les substances qu’on 
introduit puissent y être retenues. 

Les métaux que bon met en usage sont des feuilles 
d’or, de platine, d'étain, un mélange de matières 
fusibles par le contact de là moindre chaleur , et 
qui se refroidit très promptement. Pour con¬ 
server l’agrément du visage, lorsque les incisives 
sont Cariées, on se sert d’une composition qui 
fait corps avec le tissu dentaire et qui résiste‘ à 
l’action de la salive 5 mais on ne peut que faible¬ 
ment compter sur la solidité et la durée de celte 
composition. 

Je citerai ici un procédé qui appartient à M. De^ 
labarre, par lequel on peut éviter l’irritation du 
nerf dentaire. Il ^exprimé 5 ainsi :-oc Si la cavité de 
« la dent est grande , je fais une petite plaque en 
« or , concave > ainsi qu’un œil de couteau. .Teplacé 1 
« cette; petite plaque sur le nerf delà dent, e t j’ ,; orifiè 
« par dessus , ou j’y mets de la composition. Lés 
« dents remplies ainsi ne sont pas douloureuses, lu 
« nerf est à l’abri dê~ la preSsiofn. J’ai beaucoup dé 



( «*) 

« cliens qui en conservent depuis long-temps par 
cc ce moyen très simple. » 

De l’usage de la lime et de la séparation 
des den ts. 

On se sert avec avantage de la lime pour mettre 
les dents de niveau, enlever les aspérités et les par¬ 
ties anguleuses et tranchantes qui résultent,de leur 
fracture partielle, ainsi que pour séparer les dents 
lorsqu’elles sont trop serrées. 

M. le docteur Delabarre, lorsqu’il s’agit d’em¬ 
porter une carie commençante, ou d’agrandir les 
espaces interdentaires, trouve de grands inconvé- 
niens à se servir de la lime, et conseille la méthode 
suivante. Je laisse aux praticiens à juger de ce pro¬ 
cédé opératoire. 

« Jusqu’ici tous les auteurs qui ont traité de la 
« dentition indiquent que la lime est l’instrument 
cc d’élection pour la séparation des dents* Certai¬ 
ne nement il est des circonstances qui en exigent 
« l’emploi ; par exemple, s’il s’agit de séparer légè¬ 
re rement. Mais si la dent qu’on lime est cariée pro- 
<c fondément, la lime fait des brèches épouvantables, 
« en ce qu’elle enlève le bon et le mauvais, et que 
« telle obliquité qu’on donne à la main pendant 
« l’opération, telle mince que soit la lime, on 
« ronge trop sur la partie antérieure de la. dent, et 



( 2*5 ) 

« souvent même, on n’enlève pas toute sa carie : 
« alors la maladie ne se trouve pas guérie, et le 
« but de l’opération est manqué. Voici pourquoi 
« je me suis habitué à employer les hurins aiguisés 
« et courbés en diverses manières, et bien trem- 
« pés. Je coupe la dent jusqu’où je présume qu’il 
« est nécessaire,; je ménage tant que je peux la 
« table émaillée antérieure; j’enlève toute la carie en 
« arrière, et l’opération est certaine par ce nouveau 
« procédé. La lime irrite d’une manière tellement 
« désagréable, que bien des personnes font aban- 
«. donner l’opération à moitié faite t le burin abrège 
« le temps de la douleur, il n’agace point, et le 
« patient en supporte l’emploi sans en être incom- 
« modé. » 

De Vamputation des dents . 

L’amputation des dents est la section complète 
de leur couronne, qu’on effectue avec un instru¬ 
ment tel que la scie, la lime, etc. Cette opération peut 
avoir lieu par fracture, surtout pour les incisives : 
dans cette circonstance, on n’a plus qu’à limer ce qui 
reste du corps,de ces dents jusqu’à leur racine, de 
manière que les gencive? puissent recouvrir le talon 
des dents artificielles à pivot. On a recours à l’am¬ 
putation pour conserver les racines des dents inci¬ 
sives et canines, sur lesquelles on place les dents 



( 216 ) 

artificielles à pivot. Gomme la lime, d’après ce que 
j’ai dit,~ produit parfois un agacement si insuppor¬ 
table qu’on est obligé de suspendre l’opération , on 
cautérise le nerf, ensuite on perfore et on ajuste la 
dent artificielle : mais si le malade souffre trop de 
l’action dé la liriie, alors ôn extrait la racine ) et on 
placé une dent artificielle, que l’on maintient au 
moyen dé ligatures. 

De la perforation clés racines. 

La perforation consiste à creuser suffisamment 
lés racines qui doivent recevoir les pivots des dents 
artificielles. On se sert pour cela très souvent du 
foret ; mais cet instrument a le grand inconvénient 
de ne pouvoir pas être toujours placé convenable¬ 
ment dans l’endroit nécessaire, de ne pas creuser 
toujours également, et d’exposer à blesser la per¬ 
sonne tjue l’on opères’il venait à sccbapper de 
l’archet. Il ê§t -vrai qU’avëc le foret on agit plus 
pfëïnpfëùiënt; eepé ndhnt il vaut mieux'ptendre du ! 
temps èt opérer âvéc plus de ‘sûreté. 1 ■ 

L’instfümeiit le plus cbmmode eét lccarrissoir, 
qùi est une tige d’acfër dont l’ëx^trémitë j' tëfminéë 1 
en pointé'^ présente six éûtés trân cbàfis, e dë manière 
qü’il COUpe dans tous léVséns, soif qü’dii lé : tourne 
~ de droite à gaitebè Où de gauebé àVlroîte.'Pûur pérfô- 
rér ulàëdentÿil faut placer Fèxtrémitë dW foret ou ; 



( 2i 7 ) 

l’écarrissoir dans l’orifice du canal de la racine, et 
creuser assez à fond pour que le pivot de la dent 
artificielle puisse être ' fixé convenablement. On 
augmente la solidité de cette dent en levant des 
ponts (petites entailles) sur son pivot, que l’on entre 
ensuite avec force. 

Quand il y a douleur ou inflammation, on sus¬ 
pend l’opération et l’on fait gargariser avec dés 
infusions émollientes : dès que les aceidens inflam¬ 
matoires ont cessé, on cautérise, afin, d’éviter qu’ils 
ne reparaissent, et l’on perfore de nouveau. La 
cautérisation facilite encore la perforation. 

Du nettoiement des dents. 

Nettoyer les dents, c’est enlever le tartre et le 
limon qui se déposent à leur surface. Les instrumens 
qui servent à cette: opération sont tons des rugines de 
différentes: formes, appropriées: à la commodité de 
l’opérateur, telles que celle d’un coin, d’un triangle, 
d’une lance, d’une hache , etc, ; il ne faut pas oublier 
lé burin, qui sert à creuser dans le tartre lorsque les 
cducbes sont dures; et fort épaisses; Je fais obsërvér 
ici qu’on doit remédier aux affections des dents à 
mesure quon les découvre en les nettoyant. ; 

Je ne décrirai pas la manière dè se. servir de ces 
instrumens y le raisonnement seul suffit pour les em h 
ployer à propos : il faut cependant -èviter, autant 



( 2I 8 ) 

qu’il est possible, d’ébranler les dents, ainsi que 
d’attaquer leur tissu. 

Quand on veut s’assurer de la présence du tartre 
qui couvre la face des .dents tournée vers la cavité 
buccale, on se sert d’un petit miroir disposé pour 
cet usage, que l’on introduit dans la bouche, et qui 
répète tous les objets intérieurs aux yeux de l’opé¬ 
rateur. Après avoir enlevé le tartre, on fait rincer 
la bouche avec un liquide légèrement acidulé, et 
brosser les dents. 

De la pose artificielle des dents .. 

La pose artificielle des dents appartient à une des 
divisions de la grande chirurgie, qui est la pro¬ 
thèse, laquelle consiste à ajouter au corps les par¬ 
ties qui lui manquent, et à corriger certains vices 
d’organisation naturels ou accidentels. 

L’établissement des râteliers et la composition 
des dents qui servent à remplacer les dents natu¬ 
relles n’entrent pas dans le but que je me propose , 
parce que leur confection appartient à la mécanique, 
à la chimie manufacturière, et à un travail manuel 5 
je m’attache seulement à ce qui a rapport à la salu¬ 
brité de la bouche. 

Les dents que l’on emploie pour remplacer celles 
qui manquent sont naturelles ou artificielles, ani¬ 
males ou minérales. 



( 2I 9 ) 

Les dents naturelles sont prises sur des cadavres 
humains, qu’on apprête et qu’ensuite on ajuste 
dans la bouche; les dents artificielles animales 
sont sculptées dans des morceaux d’ivoire , d’hip¬ 
popotame ou de cheval marin ; et les dents 
minérales sont le produit de compositions chi¬ 
miques. 

Selon que les personnes préféreront l’utile à 
l’agréable, on se servira des dents minérales ou 
des dents naturelles. 

Les dents naturelles contribuent plus à l’agré¬ 
ment de la bouche que les autres, puisque la nature 
les a façonnées : mais, comme elles ont l’inconvé¬ 
nient , dp même que l’ivoire, de se noircir promp¬ 
tement, de donner une mauvaise haleine, de se 
briser, et de durer peu de temps, on donne la pré¬ 
férence aux dents minérales, parce qu’elles ne sont 
point susceptibles de se corrompre, qu’elles se 
nettoient facilement et ne donnent jamais d’odeur 
Le seul inconvénient qu’on y trouve est de ne pas 
imiter aussi bien la nature, à cause de leur teinte et 
de leur brillant métallique. 

Lorsque l’on pose un râtelier, on doit surtout 
faire attention qu’il s’ajuste bien dans la bouche, 
et n’en blesse pas les parties ; autrement il déter¬ 
minerait de l’inflammation, des ulcérations, et 
même des abcès. 11 faut en outre qu’il marche bien, 



( 220 ) 

que les dents s’engrènent selon l’ordre naturel, et 
qu’il ne puisse point se déplacer. 

Pour exceller dans la confection des dentiers, 
rélève doit s’adonner à l’étude de là mécanique , 
et apprendre à se servir Habilement des outils de 
bijoutier. 

SECTION II. 

DES MÉDÏCÀMENS. 

Gn donne le nom de médicament à toute subs¬ 
tance qui à la vertu de modifier l’état actuel des 
propriétés vitales de l’organisme, de prévenir les 
maladies, de pallier leurs effets et de faciliter leur 
guérison. Les médic amens sont choisis parmi les 
trois règnes de la nature, savoir , le minéral, le 
végétal et l’animal : on les divise en internes et en 
externes, selon qu’on les fait prendre à l’intérieur 
ou qu’on les applique à Téxtérieur. Ils sont simples 
ou composés, seuls ou mêlés avec d’autres médica¬ 
mens ; enfin on les divise en officinaux et magis¬ 
traux 5 les premiers se trouvent tout composés dans 
les pharmacies, et les seconds se préparent dé suite , 
d’après l’ordonnance du médecin. 

On distingue dans un médicament la dose , la 
concentration, la température et l’état ou la formé. 

Dose'. On entend par dose la quantité suffisante 
d’un médicament pour en obtenir l’effet que l’on 



( 221 ) 

desire quand on l’administre : cette quantité se 
règle d’après les poids et les mesures de capacité ; 
il existe en outre, pour exprimer les doses, des 
signes d’abréviation que l’on trouvera dans le ta¬ 
bleau suivant. 

Mesures pondêriques. 

tes anciennes. Leur valent. Leurs signes. Les nouvelles. 

Lalivre.i»....... 16 onces... ïb. .. f-kilog. 

L’once.. 8 gros.... §...32 gram. 

Le gros . 3 scrupules. 5 * • • 4 gram. 

Le scrupule..... grains. .. • i gr. —. 

Le grain.................. . gr. .. 5 cëntîgr. 

Mesures de capacité. 

La pinte........ 32 onces d’eau dis¬ 
tillée. ..i litre. 

La chopine. .... 16 onces ......... f litre. 

Le démi-setièr.. 8 onces..... a décilitres. 

Le poisson .... 4 onces......... i décilitre. 

Le demi-poisson. 2 onces.. .. 7 décilitre. 

Autres mesures, 

1 goutte ( gütta ) 

équivaut. .... à a grain. ..... . gui. j. 

1 cuillerée ( co- - 

cblearium ). *>•. à 1 once. . ; . .. •. cbcbl. j . 

1 verrée.... .. . à 9 onces a gros.. verrée. j. 


















( 222 ) 


î pincée ( pügillus ).. p. j. 

i poignée ( manipulus ).. m. j. 

l brassée équivaut à 12 poignées... br. j. 

Autres signes d'abréviation. 

Prenez... Qf ou Pr. 

Un demi... fi ou S. 

De chaque (ana). aa. 

Nombre...;.. n. 

Quantité suffisante. *..... *.q. s, 

Faites selon l’art.......F. S. À; 

Transcrivez.. ..T. 

Concentration. La concentration est le degré 


varié de rapprochement entre les molécules des 
substances médicamenteuses, qui rend leur action 
plus ou moins active. 

Température. La température est le degré de 
chaleur ou de froid des substances médicamen¬ 
teuses , que l’on fixe ou que l’on reconnaît à l’aide 
du thermomètre. 

État ou forme. Sous le rapport de la forme, 
ils sont gazeux, liquides , pulvérulens mous, et 
solides : il faut joindre ici la saveur et l’odeur. 

Les médicamens dont on se sert le plus ordinai¬ 
rement dans la chirurgie dentaire sont les émoi- 
liens , les sédatifs, les détersifs, les toniques, les 








( 225 ) 

an tiscorbü tiques, les sialagogùés, les escharotiqueS ? 
et différens composés pharmaceutiques qui servent 
à nettoyer les dents et. à assainir la bouche. 

Des émolliens. 

Les émolliens sont des remèdes dont la pro¬ 
priété est de relâcher et de ramollir les parties trop 
tendues par l’inflammation. 

Substances émollientes. 

Feuilles de mauve. Fleurs de violette, 

de guimauve. de mauve, 

de bouillon- de guimauve. 

blanc. ' de tussilage, 

de pariétaire. de coquelicot, 

de seheçôn. La gomme arabique. 

Là racine dé guimauve. adragan- 

La graine de lin,etc. te, etc. 

On emploie ces différens émolliens en décoction 
ou en infusion. 

Décoction émolliente. 

if Feuilles de mauve.. 

de bouillon blanc....... 

de guimauve. 

Graine de lin.. . . .............. un dé. 

Faites bouillir dans une pinte d’eau. On se sert 







( 224 ) 

de, cette décoction pour faire des lotions dans la 
boucbe ; quand il existe de l'inflammation. 

Infusion émolliente. 

Qf Fleurs de mauve.. 

de violette.\aa. m. j. 

de coquelicot. . .....) 

Eau de rivière.. ïb ij. 

Jetez ces fleurs dans l’eau bouillante, retirez du 
feu ; sucrez avec le sirop de guimauve, si vous vou¬ 
lez que le malade prenne cette infusion à l’inté¬ 


rieur. 

Gargarisme émollient. 

'If Figues grasses. r 

Pommes de rainette....... . . j 

Racine de guimauve......... . 5 iij. 

Lait. ... v. ... .1 litre. 

Faites bouillir et transvasez peur l’usage. 
d.utre. 

Qfi Gomme arabique... 5 iij. 

Fleurs de mauve. . ....... . ^ .. p. j. 

Fleurs de violette. ....... ; : .... 

; de tussilage ........ .j a ' •?* 

Eau. • . — ... .... . ib ij. 


Lorsque l’eau sera bouillantej fâites infuser les 
fleurs, retirez du feu, faites dissoudre la gomme et 














( 225 ) 

couvrez. Cette infusion y qui peut encore servir de 
boisson émolliente j s’édulcore avec un sirop. 

Cataplasme émollient. 

7 p Farine de graine de lin.. . • • 1 _ 

d’orge.j a “’ part. égal. 

Racine de guimauve effilée... . q. s. 

Jetez sur la racine de guimauve quantité suffi¬ 
sante d’eau bouillante, puis délayez les farines. 

Des sédatifs. 

Les sédatifs sont des médicamens qui ont la pro¬ 
priété de calmer la douleur en agissant immédiate¬ 
ment sur le système nerveux. Ils comprennent les 
anodins et leS narcotiques. 

Les anodins exercent leur influence sur le sys¬ 
tème nerveux en modifiant la sensibilité : cette ac¬ 
tion dépend d’un arôme légèrement sédatif qu’ils 
possèdent ; on peut les associer aux émolliens. En 
un mot, on donne le nom d’anodins aux substances 
proprés a calmer la douleur : cette dénomination 
sert généralement a exprimer faction de tout moyen 
thérapeutique employé pour adoucir. 

Anodins simples. Anodins .compotes. 

Les fleurs de violette. Le eératde Goülard. 
dé bouillon blanc. L’onguent populeum. 

i5 




( 2 2Ô ) 

Les fleurs de mélilot. La liqueur anodine d’Hoff- 
de safran. mann. 

Le camphre. L’extrait de saturne. 

Les narcotiques ont une vertu stupéfiante qui 
agit directement sur le système nerveux, et qui en¬ 
gourdit la sensibilité, calme les douleurs et para¬ 
lyse même l’action nerveuse; ils produisent en même 
temps le sommeil. 

Narcotiques simples. Narcotiques composés. 

Les têtes de pavot blanc. Le laudanum. 

La jusquiame. Le baume tranquille. 

La morelle. La thériaque. 

La belladone. La teinture de Rousseau. 

La ciguë. Le diascordium. 

La laitue vireuse. L’acétate de morphine. 

L opium. La morphine et ses sels. 

Formules anodines et narcotiques. 


Décoction anodine. 

Tp Têtes de pavot. n. 3. 

Feuilles de morelle. 1 _ 

de laitue vireuse.... j aa * m ‘ 

Eau de rivière. îb. ij. 

Faites bouillir. 


Cette décoction est bonne pour faire des lotions 
dans la bouche, lorsqu’il existe de vives douleurs 





( 227 ) 

odontalgiques. Il faut que le malade ait bien soin de 
ne point en avaler, de même que de la suivante, 
en se gargarisant, parce qu’il pourrait survenir des 
symptômes d’empoisonnement. 

Fomentation calmante. 


Qfi Racine de guimauve.. . . g ij. 

Feuilles de morelle noire........ ni. j. 

Tête de pavot.. a. i. 

Eau de rivière. ..q. s. 


Infusion émolliente et anodine x pour se garga¬ 


riser la bouche . 

Eau de guimauve... g ij. 

Faites infuser safran.. gr. xx. 

Fleurs de mélilot...m. j. 

Passez, ajoutez lait. g ij. 


lotion anodine , pour faire des fomentations 
sur les dents qui font éprouver de la douleur. 

'If Eau distillée de rose. g ij. 

Gomme arabique.. 5 £. 

Teinture de Rousseau. gut. vj. 

Cataplasme anodin. 

% Farine de graine de lin... . i . 

„ l aa. part. égal, 

d orge... .J r ° 

Délayez dans une suffisante quantité d’une décoc- 

i5. 











( 228 ) 

tion de têtes de pavot ou dé jusquiame; ou bien 
vèrséz sur le catàplasme fait avec de l’eau ordinaire 
uiië forte solution d’extrait gommeux d’opium, ou 
le laudanum liquide, au moment de l’appliquer. 

JÔès détersifs. 

Les détersifs sont des remèdes externes qui enlèvent 
aux plaies la matière purulente dont elles sont re¬ 
couvertes , et produisent, par une vertu tonique et 
un effet lent, le resserrement des chairs. Le chirur¬ 
gien dentiste est souvent obligé de les employer 
pour certaines maladies des gencives. 


Détersifs simples ?. 

Les feuilles de noyer. 

de ronce, 
de lierre, 
de mil. foui 11. 

L’aloës. 

La myrrhe. 

La rose de Provins. 

Le vin rouge. 
L’eau-de-vie. 

Le camphre. 

Les sulfates de cuivre, 
de fer j 
d’ammoniac. 


Détersifs composés. 

Le vin amer. 

de kina. 
miellé, 
chalibé. 
antis corbuti que. 
Le collyre de Lanfranc. 
L’eau phagédénique. 

La teinture de gâïac. 
L’eau vulnéraire. 

Lé baume de Fioraventi. 
Le miel rosat. 

L’extrait de saturne. 




C 22 9 ) 



Décoction détersive. 


% 

Feuilles de noyer.1 



de sauge. j aa * 

m. j. 


Kina concassé.. 

§ j- 


Eau de rivière. 

q. s. 


Décoction tonique astringente. 

% 

Roses de Provins. ... .. 

m. j. 


Poudre de tan.. .. .... 

1 j- 


Kina concassé. 

O 


Eau de rivière... ft> ij. 

Gargarisme détersif. 

Of Orgq. inondée... g j. 

Feuilles d’aigremoine. ....]— . 

de menthe. ...... j ^ ‘ 

Eau de rivière. ib i*j. 

Miel rosat.. c[. s. 

Faites bouillir, passez, et ajoutez miel, une 


cueillerée à bouche* 

Lotion détersive. 

* 2 f Infusion de fleurs de sureau. | ij. 

de mélilot..... g iij. 

Acétate de iplomb...... gr. vj. 

Eau-de-vie camphrée.. 5 ij- 

Mêlez.. 














( 25o ) 

Formule astringente et résolutive. 


if Eau distillée de rose.j_ 

de plantin.... [ aa * ° 

Sulfate de zinc.. gr. xij. 

Sucre..... g B. 


On ne fait que se rincer la bouclie avec ces pré¬ 
parations , sans en avaler. 

Des toniques. 

Les toniques sont des médicamens qui relèvent 
et entretiennent le ton des organes : ce phénomène 
s’appelle tonicité. On range parmi les toniques les 
stimulans qui agissent d’une manière prompte, 
mais peu durable, en réveillant l’action vitale des 
parties animales 5 ce qui les a fait diviser par M. le 
docteur Barbier en excitans et en diffusibles. 

Les toniques sont amers ou astringens, et amers 
et astringens. 

Toniques simples. Toniques composés. 

Amers. Amers. 


La gentiane. 
La ménianthe. 
La centaurée. 
La fumeterre. 
Le simarouba. 
L’absinthe. 


Le vin d’absinthe, 
amer. 

Le sirop de centaurée. 
La teinture de gentiane. 
L’élixir de Dubois. 

de Peyrhil. 






( a'3i ) 


Astringens. 

La grenade. 

La tormentille. 

Lès roses rouges. 

Le cachou. 

Le coing. 

Le rathania, etc. 

Amers astringens. 

Les kinas. 

L’écorce de saule. 

de chêne, 
de marronnier 
d’Inde. 

L’arnica. 


Astringens. 

Les pastilles de cachou. 
Le vin chalibé. 

Les confitures de coing. 
L’oximel. 

La conserve de rose. 
Amers astringens. 

Le vin de kina. 

Le sirop de kina. 


On varie l’emploi de ces médicamens selon l’état 
du sujet, et la période de la maladie. 

Excitons. Diffusibles. 


La cannelle. 

La muscade. 

La mélisse. 

La coriandre. 

Le clou de girofle. 
Le gingembre. 

La menthe. 


Les éthers. 

Les teintures alkoo- 
licpies. 

Les huiles essentielles, 
de girofle, 
de menthe, 
de cannelle. 



( 252 ) 

ALpozème amer. 


7 p Gentiane.. 5 j. 

Espèces amères. .. g fi. 

Faire bouillir dans une chopine d’eau la gentiane, 
et infuser les espèces amères pendant deux heures. 


A prendre par demi-verrée. 

Tisane amère. 

Of Petite centaurée... 5 ij. 

Ménianthe.. f ij. 

Faites infuser dans eau commune, fb j. 

Passez, et ajoutez 

Sirop d’absintbe. 5 ij. 

Tisane astringente. 

‘ip Racine de Colombo. f j. 

Cacbou. 5 B. 

Eau de rivière. ïb ij. 

Faites bouillir. 

A prendre par verrée. 

Des antiscorbutiques. 


Les antiscorbutiques sont des excitans du système 
circulatoire. 


Antiscorbutiques simples. Antiscorbutiques composés. 

Le raifort. Le vin antiscorbut,,,etc. 

Le cresson. Le sirop idem , etc. 











(a33) 

Le cochléaria. L’esprit de cochléaria. 

Le citron. L’acide citrique. 

Le limon. La moutarde. 

Des sialagogues . 

Les sialagogues sont des excitans des glandes sa¬ 
livaires qui déterminent l’écoulement de la salive 
dans la bouche. 

La racine de pyrèthre. Le gingembre. 

Lé tabac. Le sel ammoniaque. 

Des escharotiques. 

On appelle escbarotiques des médicamens qui, ap¬ 
pliqués à l’extérieur, brûlent les chairs et les trans¬ 
forment en eschare 5 on s’en sert pour cautériser le 
nerf dentaire, dans les douleurs odontalgiques dé¬ 
terminées par la carie. 

Le fer; rouge. 

Les alkalis purs 5 la po¬ 
tasse et la soude caus¬ 
tiques. 

Le chlorure d’antimoine, 
appelé beurre d’anti¬ 
moine. 

Les sulfates d’alumine. 

de cuivre, etc. 


L’huile de camphre , ou 
camphre traité par l’a¬ 
cide nitrique. 

Les acides concentrés. 
La potasse. 

Le nitrate d’argent. 

Les sulfates acides de po¬ 
tasse calciné. 

de zinc, etc. 



( ^34 ) 


FORMULES POUR NETTOYER LES DENTS. 

Les préparations pharmaceutiques mises en usage 
pour nettoyer les dents. sont des eaux, des poudres 
et des opiats. 

Avant de parler de ces différentes formules, il 
est nécessaire de dire un mot des principales subs¬ 
tances qui servent à les composer. Ces substances 
sont des acides, des résines et des huiles essentielles. 

Acides. 

Les acides sont végétaux , minéraux, ou ani¬ 
maux. Les premiers sont composés d’oxigène 7 d’hy¬ 
drogène et de carbone. Comme j’ai dit que les 
acides ramollissaient et altéraient le tissu des dents, 
et que les acides minéraux surtout les détruisaient 
très promptement, je conseillerai de n’employer 
que des acides végétaux étendus, et encore avec la 
plus grande réserve. 

Acide acétique ou L’acide pyroligneux. 

vinaigre distillé. oxalique. 

Le suc de citron. tartarique. 

L’acide citrique. benzoïque, etc. 

Résines . 

Les résines sont des produits immédiats des vé¬ 
gétaux , que l’on rencontre dans le commerce sous 



( sS5 ) 

la forme de substances concrètes à l’état ordinaire 
de l’atmospbère ; elles ont peu d’odeur et de saveur : 
quand on les rompt, elles présentent une cassure lisse 
et vitreuse; elles sont plus pesantes que l’eau dis¬ 
tillée, fusibles, inflammables, idio-électriques, inal¬ 
térables dans l’eau, se carbonisant dans les acides 
concentrés, et solubles dans l’alkool, Feau-de-vie 
et le jaune d’œuf : aux résines on peut joindre cer¬ 
tains baumes , 

Le benjoin. Le baume du Pérou sec 

L’aloès. ou liquide. 

L’encens. de Tolu. 

La myrrhe. Le storax ou styrax, etc. 

Huiles essentielles . 

Les huiles essentielles ou volatiles proviennent 
de la distillation des plantes aromatiques ; elles sont 
liquides ou concrètes, plus légères ou plus pesantes 
que l’eau. Leur couleur est variable, ainsi que leur 
odeur , qui est pénétrante ; leur saveur est âcre et 
piquante , et laisse un sentiment rie chaleur dans la 
bouche. Elles se vaporisent au moindre degré de 
chaleur, et sont très inflammables; quelques-unes 
se condensent par le froid. Elles se dissolvent dans 
l’alkool, les huiles fixes ou grasses, et dans mille 
parties d’eau. 



( 236 ) 

L’essence de citron. L’essence de menthe. 

de cannelle. de fleur d’orange 

de bergamote. ou néroli. 

de romarin. de rose, 

de cédrat. de girofle, etc. 

Des eaux pour nettoyer les dents. 

C’est à tort qu'on a donné le nom d’eaux aux 
diverses préparations employées pour nettoyer les 
dents et rafraîchir la bouche, puisqu’elles sont gé¬ 
néralement des teintures spiritueuses qui tiennent 
en dissolution des huiles essentielles et des résines. 
Ces préparations sont pour la plupart émulsives, 
c ? est-à-dire qu’elles ont la propriété de blanchir 
l’eau 5 celles à base d’acide rougissent le sirop de 
violette et la teinture de tourne-sol. Le nom dՎ 
lixir ou de mixture convient mieux à ces prépara¬ 
tions pharmaceutiques. 

DES ÉLIXIRS OU MIXTURES DENTIFRICES. 

Elixir à base d’acide. 

% Acide tartarique pur. . ........ -5 vj. 

Eau distillée. ................ § iv. 

Alkool de cochléaria ( vulgo esprit 

de cochléaria) ........... • . % iij. 

Alkool vulnéraire (vulgo eau vul¬ 
néraire spiri tueuse).. § ij. 







( 23 7 y 

Esprit de vin à 33 °........... 1b B. 

Essence de menthe.. .... gut. xx. 

F. S. A. , 

Elixir à base résineuse. 

Qf Résine de gaïac. g B. 

Racine de pyrèthre. i 

Noix muscade.....( aa * 0 

Girofle. 5 j • 

Concassez toutes ces substances, 
et versez dessus 

Alkool à 28°.... g vj. 

Aromatisez avec 

Essence de romarin..... ] — 

. , jaa. gut. xx. 

de bergamote....... j 

jéLutre. 

Teinture dé benjoin. ... g rv. 

de gaïac. ........... g ij. 

Mêlez. 

Élixir à base d’huiles essentielles. 

àf Teinture de vanille. .. g B. 

de pyrèthre. g iv. 

Alkool de menthe ( esprit de men¬ 
the)... I j. 

Esprit de romarin. g j. 

de rose. 5 ij- 

Mêlez. 


















( 258 ) 

J Elixir appelé eau de Bottoù 

% Esprit de vin à 55 °. ïb ij. 

Girofle concassé.... 

Cannelle de Ceylan. 

Anis vert. 

Cochenille concassée. § B. 

Essence de menthe poivrée. 5 B. 

F. S. A. 

Elixir antiscorbutique pour la bouche. 


If Eau-de-vie de gaïac... .. § iv. 

camphrée... 3 ij. 

Alkoolat de cochléaria ou esprit . § iv. 

Essence de cannelle ou de menthe. 5 j • 

F. S. A. 


Les élixirs s’emploient de la manière suivante : 
on en verse quelques gouttes sur une brosse 
douce ? ou bien on en imbibe légèrement un linge 
fin avec lequel on se nettoye les dents : on met en¬ 
suite plusieurs gouttes du même élixir dans un 
demi-verre d’eau, et l’on s’en rince la bouche. 

DES POUDRES DENTIFRICES. 

Les poudres mises en usage pour la propreté des 
dents sont des substances médicamenteuses divisées 
à l’infini par une action mécanique. 











( aSg ) 

Poudre dentifrice acide. 

2f Alun calciné (sulfated’alumine), f j. 


Iris de Florence en poudre...... g iij. 

Crème de tartre ( sur-tartrate aci¬ 
dulé de potasse ). g ij. 

Cochenille pulvérisée.. 5 fs. 

Essence de girofle.. gut. iy. 

Mêlez. 

Autre , avec le corail. 

Corail rouge porphyrisé....... g ij. 

Cannelle fine....... .. g ij. 

Autre. 

Carbonate de magnésie.... g B. 

Suroxalatedepotasse(seld’oseille). 5 B. 

Corail rouge pulvérisé.. g j. 

Essence de menthe. - .... gut. iv. 


Poudre dentifrice tonique. 

Of Cannelle de Ceylan en poudre fine, g B. 

Kinkina orangé, idem . g j. 

Girofle, idem. .. gr. x. 

Mêlez. 

Autre ? 

Qfi Kinkina rouge...* 5 j- 

Charbon porphyrisé . .. o j • 














( 240 ) 

Aromatisez à volonté. 

Mêlez. 

Pour se nettoyer les dents avec les poudres , on 
humecte une brosse douce que l’on trempe dans la 
poudre, et, après les avoir suffisamment frottées, 
on se rince la bouche avec un verre d’eau dans le¬ 
quel on a versé quelques gouttes d’un des élixirs 
indiqués ci-dessus. 

DES OPTATS. 

Quoique l’usage ait consacré le nom d’opiat à 
des électuaires qui servent à nettoyer les dents, je 
ferai remarquer que cette dénomination ne peut 
convenir qu’aux préparations pharmaceutiques dont 
l’opium est la hase , tels que le diascordîum, la 
thériaque , etc. Les opiâts dentifrices ne sont donc 
que des 7 électuaires, médieamens d’une consistance 
molle, composés de poudres- et d’extraits réunis au 
moyen d’une certaine quantité de sirop, de con¬ 
serve, et surtout de miel. 


Opiat à base d’acide. 

Of Alun calciné (sulfate d’alumine)*. fb. j. 

Iris en poudre. fb. j. 

Crème de tartre. ... ïb. h. 

Os’de sèche porphyrisé........ fb. j. É. 

Cochenille pulvérisée.. j 5 j. B* 






^ a4i ) 


Sirop de miel. ft> viij. 

Essence de menthe. q. s. 


N. B. On peut remplacer le sirop de menthe, 
par le sirop de miel et l’essence. 

udutre avec le corail. 


If Corail rouge porphyrisé.. g j. 

Os de sèche idem. .. g j. 

Bol d’arménie idem. .......... g j. 

Sang-dragon en poudre g B. 

Cochenille idem ... 5 ij. 

Sur-tartrate acidulé de potasse.. g ij. 
Cannelle fine en poudre. ...... g B. 

Girofle idem . 5 B. 


Mêlez toutes ces poudres avec sirop de sucre ou 
sirop de miel, en quantité suffisante pour en faire 
u« opiat. 

Opiat tonique. 


“Of Kina rouge pulvérisé. g iv. 

Cannelle idem. .. g ij. 

Os de sèche idem ..... g ij. 

Cochenille idem .. 5 j. 

Essence de girofle.... q. s^ 

Sirop de miel.... ,y.. •. q* s. 

F. S. A. 


On se sert d’une Brosse plus ou moins rude pour 
nettoj'er les dents avec ces diverses préparations ; 
ensuite on se rince la bouche. 

16 

















( 242 ) 


FORMULES DIVERSES. 

Poudre dentifrice par M. udlibert , premier 
médecin ordinaire du. Roi. 


Qf Magnésie (192 grammes).. ...... f vj. 

Laque rouge (52grammes)...... 3 j. 

Iris de Florence ( 160 grammes), f v. 
Sur-tartrate acidulé de potasse 

( 64 grammes). f ij. 


Mêlez. 

udutre poudre. 

ïfc Pierre ponce... 

Corail. 

Os de sèche.... 

Crème de tartre 
Iris de Florence , 

Mêlez. 

Eau de Madame de la Vrilliére pour les dents. 


Cannelle.. | ij. 

Girofle.. 5 vj. 

Ecorce récente de citron.. 5 xij. 

Roses rouges sèches. g j. 

Cochléaria... g v üj_ 

Alkool...... ifb ijj. 


On concasse la cannelle et le girofle., on divise les 


















( 245 ) 

roses rouges et l’éeorce de citron, on écrase le 
cochléaria, on fait macérer le tout dans Falkool 
pendant vingt-quatre heures, et on distille au bain- 
marie. 

Opiat de M. Gariot. 


Qf Alun de roche... g fi. 

Sang-dragon.. ............. 5 iij. 

Cannelle... 5 j. 

Mastic.. 5 j. 


Réduisez le tout en pondre très fine, et mêlez avec 
quantité suffisante de miel rosat, pour en faire un 
opiat. 

Poudre dentifrice du même ,. 


Qf Terre sigillée préparée......... % vj. 

Crème de tartre.... f ij. 

Girofle. J;r. xxiv. 

jdutre du même. 

Qf Corail roüge. f iv. 

Sang-dragon................. 5 j* 

Carmin fin... gr. xxxvij. 

Ecorce de citron ................ 5 ij. 


Cette poudre a la propriété de donner aux lèvres 
et aux gencives une belle couleur rose qui dure une 
grande partie de la journée. 

16. 













( 2 44 ) 

Elixir odontalgique de Lalande. 


Huile essentielle de girofle. 3 j. 

de thym. 3 B. 

Extrait thébaïque. 5 ij. 

Alkool de rose. 3 ij. 

Vin de Frontignan. g iij. 


Faites digérer pendant huit jours et filtrez. 

On en met quelques gouttes dans la bouche , 
qu’on promène sur le côté douloureux ? et qu’on 
rejette quand la douleur est passée. 

Lotion odontalgique de Plench . 


Racine de pyrèthre. 5 ij. 

Muriate d’ammoniaque ........ 5 j • 

Extrait d’opium.. gr. ij. 

Eau distillée de lavande. g ij. 

Vinaigre distillé.. g ij. 


Faites digérer pendant quelques jours ce mélange 
et filtrez. 

Dans les douleurs de dents, on passe de temps en 
temps une cuillerée de cette lotion dans la bouche, 
ayant soin de ne pas l’avaler. 

Mixture odontalgique de Cadet. 


% Éther sulfurique. 3 j. 

Laudanum liquide. 3 j. 

Baume de Commandeur. 5 j. 
















( 245 ) 

Huile essentielle de girofle...... gut. ij. 

Mêlez. 


On trempe un peu de coton dans cette mixture, 


et on l’applique sur la dent qui 

fait souffrir. 

Pastilles pour la bouche. 

'if, Cachou .. 


Corail.. 


Sucre.. . 


Essence de cannelle.... . 


Mucilage, quantité suffisante pour des pastilles 

de dix grains. 


Autres . 


% Charbon préparé. 

. . 3 i* 


. f i. 

Essence de citron. . 


Mucilage .., 

. q* s * 

F. S. A. 


Liqueur du docteur Swédiaur contre les 

aphtes. 


Qf, Borax en poudre . 


Teinture de myrrhe ... 

. si- 

Eau de rose distillée . .. 


Miel rosat. 

. i ^ 

On imbibe un plumasseau avec cette liqueur, et 
on en touche les aphtes plusieurs fois dans la 


journée. 















( m ) 

Miccture de Boy le contre les aphtes. 


Vf Suc de joubarbe.. g j. 

Miel.... I j. 

Sulfate acide d’alumine. gr. xxiv. 


On en bassine les aphtes plusieurs fois dans la 
journée. 

Composition pour plomber les dents à chaud. 

Of Bismuth. i/8 e 

Plomb.... i/5 e 

Étain .... i/3 e 

Fondez toutes ces substances convenablement ' 
et faites-en de petites boules proportionnées à l’é¬ 
tendue de la carie. Lorsque ce mélange est intro¬ 
duit dans la cavité, dentaire, on en approche une 
tige métallique, que Ton a lait rougir ; le mélange se 
fond aussitôt et se répand alors dans toute l’éten¬ 
due de la carié; il se refroidit ensuite très prompte¬ 
ment. 

Autre. 


“2p Plomb.. 5 vij. 

Mèrcure... 5 j. 


Fondez et mêlez bien ces deux substances; faites 
de petites boulës, et servez-vous-en de la même ma¬ 
nière que de la composition précédente. 


fin. 











TABLE 

DES MATIÈRE S. 


PREMIÈRE PARTIE. 

CHAPITRE I. 

ANATOMIE. p. i 

Enumération de toutes des parties de da tête. ibid. 

Des parties solides...... 2 

Des parties dures.......... ibid. 

Des os de la tête....... . . ibid. 

Os du crâne •...... ........ ........ . ........ ibid. 

Os de la face.. ..... 3 

Des cartilages ...... ibid. 

Des parties molles............... ........ 1';. 4 

Des muscles..... M ....... ibid. 

Muscles de la région supérieure de la tête ....... ibid. 

Muscles de la région antérieure de la tête ....... ibid. 

Muscles de là région latérale de la- tête........ • • 5 

Muscles de la région antérieure du tronc.. ibid. 

Muscles du pharynx. .'. ibid. 

Muscles du voile du palais.... ibid. 

Muscles de la région postérieure du tronc ... 6 

Des vaisseaux......... .. ibid. 

Des artères.. .. ibid. 

Des veines.. . . ......... •••....... 7 

Des vaisseaux et des glandes lymphatiques.. 8 

Des nerfs .... ibid. 
























( 248 ) 

Des organes et des viscères.....p. g 

Des humeurs du corps humain... io 

Description des organes immédiats de la mas¬ 
tication ... ii 

Des mâchoires- ..... ibid. 

Du maxillaire supérieur. ibid. 

Région externe ou faciale... 12 

Portion canine... ibid. 

Portion zygomatique. i 4 

Région interne ou nasale. ibid. 

Portion supérieure ou nasale. i 5 

Portion inférieur^ ou palatine. ibid. 

Région supérieure ou orbitaire .. 16 

Région inférieure dentaire ou alvéolaire. 17 

Bord antérieur.. 18 

Bord postérieur ou palatin. ibid. 

Région maxillaire.;.. ibid. 

Du sinus maxillaire..•. 19 

De la mâchoire inférieure... 22 

Région dentaire. ibid. 

Région articulaire, ou branches de la mâchoire .. 24 

Différence de conformation des mâchoires selon les 

âges. 27 

Du temporal. 5 i 

Portion écailleuse.. 52 

Portion mastoïdienne. 54 

Portion pierreuse. ibid. 

De l’articulation des mâchoires ou temporo-maxil- 
laire. .67 


De l’articulation de la tête avec la colonne vertébrale. 4° 




























( =49 ) 

Des dents... p. 4 1 

Des incisives. 4 2 

Des canines .. 44 

Des petites molaires.../. ibid. 

Des grosses molaires. 4^ 

De l’articulation des dents. 4^ 

Des particularités relatives aux dents. ibid. 

Des muscles qui meuvent les mâchoires.. 52 

L’hyoïde... 55 

Le cartilage thyroïde. ibid. 

Des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure ... 54 

Du masseter. ibid. 

Du ptérigoïdien interne..* 55 

Du temporal. 56 

Des muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure.... 5j 

Du peaucier. ibid. 

De l’omoplat-hyoïdien. 58 

Du sterno-hyoïdien. 5g 

Du sterno-thyroïdien. ibid. 

Du thyro-hyoïdien. 6o 

Du digastrique. 6i 

Du mylo-hyoïdien. 62 

Du génio-hyo'ïdien. 63 

Du stylo-hyoïdien. .. ibid. 

Du ptérigoïdien externe. 64 

Du huccinateur.... 65 

Des vaisseaux qui se distribuent aux mâchoires..... 66 

Des artères/... ibid. 

De la sous-orbitaire. ibid. 

De l’artère alvéolaire supérieure postérieure. 67 































( a 5 o ) 

De l’artère maxillaire inférieure.p. 68 

Des veines .. 69 

Des vaisseaux lymphatiques. ïbid. 

Des nerfs dentaires. 70 

Du nerf dentaire supérieur antérieur ou incisif.. 71 

Du nerf dentaire supérieur postérieur. ibid. 

Du nerf dentaire inférieur. ibid. 

De la bouche. 72 

Des gencives. 75 

Des humeurs qui lubrifient la bouche. 74 

De la transsudalion artérielle. 7^ 

De l’humeur muqueuse. ibid. 

De la salive. ibid. 

CHAPITRE II. 

PHYSIOLOGIE..... 77 

Dentition..... . 7 8 

De la formation et du développement des dents . .... ibid. 
De la forme des couronnes des dents lorsqu’elles sont 1 

renfermées dans les mâchoires........ 82 

De l’ordre selon lequel se fait le développement des 

dents.... . . . . . . . . ... .......... 85 

Disposition des couronnes des dents dans l’intérieur 

des mâchoires. .. ibid. 

Mâchoire inférieure...... ................. 85 

Mâchoire supérieure......... ................ 86 , 

De l’éruption des dents.............................. 89 

De l’âge où les dents font éruption.............. 96 

Du développement des racines dés dëntsw....... • • g 4 

























( a5 * ) 

De la chute naturelle des dents.. p. 97 

Différence entre les dents de la première dentition et 

celles de la seconde. 98 

De la texture et composition chimique des dents... • 99 

De l’articulation des dents. 100 

De l’engrènement des dents..... 101 

De l’usage des dents ..... io 4 

Remarques relatives à la nature des dents.. ibid. 

Observations sur le développement des mâchoires 

pendant le travail de la dentition.. 106 

De l’usure des dents et de l’âge approximatif qu’on 

peut en conjecturer....... 108 

Dû MÉCANISME DES ORGANES MASTICATEURS. 112 

Considérations générales sur la bouche. ibid. 

Des mouvemens des mâchoires. 1 15 

Des mouvemens de la tête sur la colonne vertébrale.. 122 
De la mastication.... 125 


CHAPITRE III. 

HYGIÈNE DE LA BOUCHE.. 

Du sujet de l’hygiène : de la bouche et des dents 

De la matière et des règles de l’hygiène .... 

Des circumfusa... 

Des applicata..... 

Des ingesta.. 

Des gesta... 


127 

128 
i3o 
i5i 
i54 
i5 7 
141 






















( 202 ) 

DEUXIÈME PARTIE. 


CHAPITRE I. 

PATHOLOGIE...P • 44 

De l’inflammation. i^5 

Causes prédisposantes.... 

Causes déterminantes.... 

Symptômes de l’inflammation.... ïbid. 

La douleur. ïbid. 

La tumeur... i 48 

La rougeur.... ïbid. 

La chaleur.. ibid. 

Marche de l’iuflammation.... ....... i 4 g 

Terminaison de l’inflammation... ibid. 

La résolution. ibid. 

La délitescence. ibid. 

La suppuration.. 1 5 o 

L’induration... ibid. 

La gangrène.. ibid. 

Traitement de l’inflammation. l 5 ï 

Des maladies de la bouche que le chirurgien 

DENTISTE DOIT CONNAÎTRE. ïbid. 

Des aphtes .. IÔ2 

Des ulcères scorbutiques. i 53 

Des ulcères vénériens ou syphilitiques. 1 54 

DE LA CHIRURGIE DENTAIRE... i 58 

Des maladies des organes de la mastication, ibid. 

Des maladies des gencives. i 5 g 


























( =55 ) 


L’inflammation .. p. 1 5 g 

L’ulcération. ihid. 

L’engorgement... 160 

Les parulies. ibid. 

Les épulies. ibid. 

Le relâchement. 161 

Des maladies des dents. ibid. 

Accidens de la dentition. \. ibid. 

Accidens occasionnés par la sortie de la dent de sa¬ 
gesse. 168 

De l’odontalgie. 170 

De la suppuration interne des dents. 174 

De la carie.... 175 

De l’érosion.... 178 

De la nécrose.. 17g 

Du ramollissement des dents. 181 

De l’ébranlement des dents. ibid. 

De la fracture des dents.. 182 

De la luxation des dents. i 84 

De la direction vicieuse des dents sur les bords alvéo¬ 
laires. ... ibid. 

De la malpropreté des dents. 187 

Du limon. ibid. 

Du tartre».. ibid. 

Des maladies des mâchoires.. 18g 

Des abcès. ibid. 

Des fongus....... .. igi 

Des polypes. ibid. 

De l’otéosarcome. 192 

De la carie des mâchoires. ig 5 































( 2 54 ) 

De la nécrose des mâchoires..p. ig 5 

De la luxation de la mâchoire inférieure.. ibid. 

CHAPITRE IL 

THÉRAPEUTIQUE. ig 5 

Section i. Des opérations chirurgicales. ibid. 

De l’extraction des dents. 196 

Des leviers*.... •• ibid. 

La clef de Garengeot. 199 

Le pélican... 2.02 

Le levier...... 2o3 

Le pied de biche.... . . . ibid. 

Les pinces.. 204 

Le tirtoir.... ... 2o5 

Accidens de l’extraction des dents ... .. ............ 206 

La fracture des dents.. .... . ............ ibid. 

La fracture de l’os alvéolaire.. 2.07 

La déchirure des gencives ... ibid. 

L’hémorrhagie. ibid. 

De la luxation des dents........... 209 

De la transplantation des dents ... 210 

De la sonde.. . . .. ibid. 

De la cautérisation. ara 

Du plombage. 2x2 

De l’usage de la lime et de la séparation des dents.... 2 x 4 

De l’amputation des dents.... . . .. 2 ,i 5 

De la perforation des racines..... ... .... 216 

Du nettoiement des dents. 2x7 

De la pose artificielle des dents......'..218 





























( 2S5 ) 

Section 2. Des médicamens .p. 220 

Dose. ibid. 

Tableau des mesures pondériques .... .221 

Concentration. 222 

Température. ibid. 

Etat ou forme. ibid. 

Des émolliens. 223 

Des sédatifs... 225 

Les anodins. ibid. 

Les narcotiques. 226 

Des détersifs. 228 

Des toniques. 23 o 

Les excita ns. 25 1 

Les diffusibles. ibid. 

Des antiscorbutiques...... 232 

Des sialagogues........ 235 

Des escbarotiques.... ibid. 

Formules pour nettoyer les dents.. ... 234 

Acides. ibid. 

Résines... ibid. 

Huiles essentielles. 235 

Des eaux pour nettoyer les dents. 256 

Des élixirs ou mixtures dentifrices. ibid. 

Des poudres dentrifices. 258 

Des opiats. a 4 ° 

Formules diverses. 242 


FIN DE LA TABLE.